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article En aguas quietas, court métrage de Astrid Rondero     -    publié le 22/02/2012    mis à jour le 30/06/2016

“In still waters”

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"En aguas quietas", 2010 (16 de Nov).
Dirección y Guión : Astrid Rondero.
País : México

• Sinopsis

Ana huye mientras Mar regresa tras años de ausencia. Ambas se encuentran en medio del camino y reconocen, a lo largo de una noche, aquello que las une. Este encuentro las llevará a través de sus miedos y a descubrir que las aguas quietas corren profundas.

Quelques pistes d’analyse

• Analyse du temps dans le film.

Il y a deux types de temps, celui qui est réel, chronologique ou diégétique. L’histoire commence un soir, se déroule toute une nuit et se termine à l’aube.
L’autre temps est implicite, extradiégétique et renvoie au passé des deux femmes et structure toute l’histoire narrée dans le film : lorsque Mar, meurtrie par le regard portée sur elle, « decías la verdad » part du village. Ana, également, révèle son envie de partir : « quería irme contigo. »

Le temps réel dans le film est fluide, presque sans ellipse. Durant cette nuit symbolique, Ana cède et accepte cette attirance qui la pousse vers Mar. Son départ est double. Elle hésite, souffre, succombe pour finalement, à l’aube, accepter cette attirance et se réveiller presque différente. Il s’agit d’un véritable parcours initiatique ou Ana, jeune fille encore hésitante, se transforme, en une nuit, et devient une femme plus épanouie.

• Analyse des lieux.

En la gasolinera. Le film commence par un plan d’ensemble où l’on voit une jeune fille, Ana, probablement en partance avec sa valise au milieu d’une « gasolinera » délabrée, en ruine. On ne voit que la carcasse des pompes à essence comme si ce délabrement était à l’image du petit monde qu’elle quitte ou qu’elle souhaiterait, peut être, quitter car elle attend, ne fait pas « d’auto-stop », attend-t-elle un autobus ?

- La carretera.

La route est omniprésente du début, jusqu’à la fin faisant de ce court-métrage un mini road- movie. Même durant les scènes dans la cantina, on la sent toute proche. Ana est en partance, mais symboliquement, ce voyage est aussi celui qu’elle entreprend vers Mar, vers elle-même et vers cette forte attirance qu’elle ressent.
Ce voyage initiatique est parfois inquiétant pour Ana. Elle demande à Mar  : "¿ Por qué nos desvíamos ?" Cette autre route étrange ou le travelling de la caméra met en évidence un champ de maïs, une milpa inquiétante qui ressemble à une jungle noire et sèche, peut être le chemin du destin de Ana. Cet autre chemin, plus chaotique, ce raccourci proposé par Mar : « No te preocupes, conozco bien el camino  » inquiète Ana, dans un premier temps, qui se demande où elle va. Mar, finalement, rassure Ana en reprenant la grande route et en lui disant « ves, te dije que era el mejor camino » Cet autre chemin est, bien sûr, celui que lui propose Mar, un chemin vers sa propre existence et vers son propre destin.

- En la cantina.

Les plans séquences dans le bar constituent le cœur du film. Le repérage des indices d’un monde hostile envers les deux femmes peut constituer un axe de travail pour les élèves.

Dès l’entrée dans la cantina, les regards des hommes sont pesants, et concupiscents. Il y règne une atmosphère lourde, à la fois masculine et très marquée par une ruralité mexicaine : la musique de type ranchera, la bière omniprésente et les vêtements des personnages. On ne communique presque pas, seules Ana et Mar échangent. Mar, en ramenant les deux bières, exprime sa distance en écoutant une chanson très conventionnelle dans laquelle un homme parle de son amour pour une femme.

Le travelling de la caméra puis le long zoom avant mettent en évidence sa sensualité et prépare le moment d’intimité partagé avec Ana. L’échange entre les deux femmes est filmé en champ contre champ et les très gros plans sur les bouches rendent compte de ce moment de sensualité. Lors de cet échange, Mar nous fait comprendre à demi-mot, avec pudeur, sans le dire vraiment, qu’elle ne supportait plus ce lieu et ces gens qu’elle a laissés derrière elle.

Ana : “¿Es verdad lo que decían de por qué te fuiste ?
Mar : No eso sólo me ayudó a decidirme, además la gente dice muchas cosas, algunas son ciertas y otras no tanto. ..Lo que importa es lo que creas tú”.

L’alternance de primerísimos planos met en évidence l’intimité et la sensualité de l’échange. Les deux femmes ne semblent plus voir les regards dans le bar dirigés vers elles. Troublée et peut être effrayée par cette attirance, Ana enlève fébrilement l’étiquette de la bouteille de bière comme si elle la déshabillait puis la fait tomber maladroitement sur Mar ne contrôlant plus bien ses gestes.

Pendant que Mar se nettoie aux toilettes, un homme invite Ana pour une danse. Celle-ci , pourtant, regarde Mar qui accepte une bière d’un autre homme mais lui refuse une danse sans même un regard. Mar se dirige vers le juke-box et change de disque. La chanson déplait à l’homme qui dansait avec Ana. Cette nouvelle chanson est vraiment différente de la ranchera mexicaine. C’est une femme qui chante, elle n’a pas l’accent mexicain, elle s’adresse à une autre femme avec sensualité. «  Rostro de mujer atormentada, …y en tus divinos ojos de verde jade, se adivina que estás enamorada. Dime si tu boca pequeñita, diminuto coral, es para mí. Habla de tu pena  ».

La chanson choisie par Mar semble écrite pour Ana, comme si Mar était en train de lui murmurer ces mêmes mots. Les deux femmes dansent enlacées. Ana demande "¿ Puedo besarte ?" Mais Mar lui répond “aquí no” au même instant, la chanteuse fait écho : « enamorada de lo imposible  ». Les deux femmes ne parlent pas, la chanteuse le fait pour elles.
Dans la cantina les regards deviennent franchement désapprobateurs. L’ambiance pesante est mise en évidence au moyen d’un plan d’ensemble. On y voit (pour la deuxième fois) un lion. C’est une énorme tête de lion mâle. Au dessus du bar, sur la porte, un ours tourné vers Ana est filmé en plan général. Ces bêtes ne semblent-elles pas exprimer la menace et le danger ? Elles incarnent, peut être, la brutalité des regards et des jugements, comme si ces fauves étaient la représentation d’une opinion hostile, menaçante et déshumanisée.

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