Les Rendez-vous de l'Histoire: la charte de Paris, 19 au 21 novembre 1990 publié le 16/11/2020

Intervention de Nicolas BADALASSI

Quelle est la portée puis la signification de la charte de Paris ?

Cette dernière est signée dans le cadre de la CSCE et s’inscrit par la même dans un processus ancien, né de la Détente des années 1970. C’est donc l’aboutissement de 18 ans de négociations. Dès 1989, au moment où l’histoire s’accélère, M. Gorbatchev en appelle à une réunion accélérée de la CSCE face à la réunification de l’Allemagne. Il souhaite garder un minimum de contrôle sur l’Allemagne à l’instar des principes de la conférence de Potsdam.
La charte de Paris a été souhaitée par les soviétiques dès les années 1960. En effet, ils cherchent à obtenir des occidentaux un cadre de sécurité pan européen pour geler le rideau de fer et leur permettre de se consacrer à l’est. Les Européens l’acceptent en 1968 suite au printemps de Prague. Ils prennent conscience de l’importance de s’occuper des populations de l’est. Mais, les occidentaux ont une volonté différente de celles des soviétiques.
De fait, ils ne consacrent pas les frontières comme marqueur de séparation des peuples. Ils mettent en avant d’autres logiques comme celle d’utiliser les frontières à des fins pacifistes. A partir de 1975, la CSCE se poursuit et devient le forum des discussions est/ouest sur tous les sujets. En soi, elle reflète les relations est/ouest dans les années 1970-1980, de sorte qu’elle soit privilégiée par M. Gorbatchev. Preuve en est, il souhaite que la CSCE remplace l’OTAN et le pacte de Varsovie ce qui permettrait à l’URSS de reprendre la main sur l’Europe. Entre 1986-1989, il participe à l’ensemble des corbeilles de la CSCE pour préparer la réunification allemande et assurer leur influence.
Il n’empêche que la charte de Paris est d’abord la reconnaissance des principes décidés à Helsinki. Cela montre à quel point l’URSS a évolué et est prête à adhérer aux principes libéraux. D’autant que les intérêts américains et ceux d’Europe de l’ouest prévalent désormais. Ils conduisent à imposer l’OTAN plutôt que la CSCE. En somme, l’arrivée de V. Poutine au pouvoir, affaiblit la CSCE. Cette dernière ne correspond plus à sa vision géopolitique.