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article Le détective Kayankaya orphelin     -    publié le 30/01/2013

Hommage au roi du polar allemand Jakob Arjouni

L’écrivain Jakob Arjouni, emporté subitement à l’âge de 48 ans en ce mois de janvier 2013, a su gagner sa place dans nos manuels scolaires.

Einblick Terminale par exemple consacre tout un chapitre (chapitre 6) à un parcours de lecture et d’écriture qui s’appuie sur la nouvelle futuriste d’Arjouni intitulée "Idioten" (Les Idiots).

Représentant d’une génération d’écrivains décidés à renouveler le genre du polar dans les années 80, ses oeuvres, nombreuses, ont été traduites dans 23 langues.

• Retour sur une vie

Jakob Arjouni est le pseudonyme de Jakob Bothe, né en 1964 à Francfort . Fils du dramaturge Hans Günther Michelsen, élevé dans une famille nombreuse imprégnée des idées libertaires des années soixante-huit, il quitte l’Allemagne pour la France après son baccalauréat. Il est censé suivre des études, mais, installé à Montpellier, il suit un autre cours, celui de la rue, vivant un temps en marge de la société. Il se met à écrire pour, d’une part, « ne pas sombrer dans la stupidité » comme il se plaît à le dire lui-même, puis pour gagner sa vie. Aux romans policiers succèdent les pièces de théâtre .
En 1988, rentré en Allemagne, il s’inscrit dans une école de Théâtre à Berlin, pas pour longtemps, puis reprend des études en auditeur libre, mais il abandonne assez rapidement. Il faut dire que son premier livre "Happy Birthday ,Türke" (Bonne fête le Turc !) paru en 1985 en Allemagne lui vaut un énorme succès et il devient l’un des auteurs policiers le plus lu en Allemagne. Son héros, Kemal Kayankaya, un détective privé allemand, d’origine turque, qui ne parle pas un mot de turc, vit à Francfort et Jakob Arjouni le fait évoluer dans des enquêtes qui se déroulent dans l’Allemagne profonde d’aujourd’hui, coincée entre "le racisme ordinaire et le nationalisme outrancier des "Republikaner" et la corruption omniprésente née du matérialisme d’après-guerre."
Après "Mehr Bier" publié en 1987, son troisième livre "Ein Mann, ein Mord" (Café turc) 1991, est récompensé par le Prix du Polar allemand 1992 et cette même année, "Happy Birthday, Türke !" est adapté au cinéma par Doris Dörrie. La série se termine avec "Kismet" en 2001 (Casse-tête de Turc). D’autres romans sont publiés dont "Magic Hoffmann" en 1996 (Magic Hoffman), un recueil de nouvelles "Ein Freund" en 1998 (Un ami) et "Hausaufgaben" en 2004 (Devoirs d’école). Il est aussi l’auteur de nouvelles et de nombreuses pièces de théâtre sans compter des pièces radiophoniques.

- Lire la chronique posthume que lui a consacré le journal Le Monde le 24 janvier 2013.

- Lire sa biographie en allemand sur le site de krimi couch.

- Ecouter les hommages que lui ont rendu certains médias allemands :
— [ARD] : Zur Erinnerung an Jakob Arjouni (3’32, allemand) ;
— Deutschlandradio Kultur du 17 janvier 2013 : Ulrich Noller würdigt den verstorbenen Autor (6’45, allemand).

• Bibliographie

- les romans policiers de Jakob Arjouni dans la série des aventures de Kemal Kayankaya :

  • Happy Birthday, Türke (1985) ;
  • Mehr Bier (1987) ;
  • Ein Mann, ein Mord (1991) ;
  • Kismet (2001) ;
  • Bruder Kemal (2012).

- les romans :

  • Magic Hoffmann (1996) ;
  • Hausaufgaben (2004) ;
  • Chez Max (2006) ;
  • Der heilige Eddy (2009) ;
  • Cherryman jagt Mister White (2011).

- les nouvelles

  • Ein Freund (1998) ;
  • Idioten (2003).

Pour lire les résumés des oeuvres en français, se reporter à l’excellent site de canalblog.

Mon coup de coeur va au roman glaçant "Hausaufgaben" (Devoirs d’école). Le sujet est vraiment très plaisant et soulève maints problèmes actuels.

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