Organiser l’entraide publié le 18/01/2019  - mis à jour le 08/02/2019

Des outils, une méthode, une posture

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Apprendre à apprendre

Pendant la séance l’enseignant laisse les élèves agir. Il observe, étaye et explique, pour compléter ce que les élèves ne réussissent pas à faire sans lui, mais avec l’objectif de transmettre des méthodes de travail, dans l’esprit du dispositif "devoirs faits". Pas seulement des méthodes pour apprendre, mais aussi des méthodes de co-formation.
Il pousse les élèves à explorer les ressources matérielles et humaines qui auraient pu leur éviter d’avoir recours à l’aide du professeur.
Il valorise le fonctionnement des groupes d’entraide efficaces.

Valoriser les méthodes (durée 01:43) (MPEG4 de 57.1 Mo)

Dans la classe mutuelle de Jérôme Andrade

Encourager

Les élèves décident eux-mêmes s’ils/elles se sentent capables d’expliquer un point du programme à leurs pairs et de les aider. L’élève fait ses choix dans sa zone proximale de développement (Piaget Vygotsky).

Certain.e.s peuvent s’apercevoir au cours des explications que les notions ne sont pas encore suffisamment claires dans leur esprit. Le professeur prend soin par son langage et ses expressions de confirmer que ces tâtonnements font bien partie de l’apprentissage. Les élèves sentent ainsi qu’ils/elles ont effectivement raison de prendre des initiatives, de se faire confiance et de s’auto évaluer ; c’est bien l’attitude attendue dans ce type de travail. Ici l’erreur et la réflexion sont les bienvenues.

La stratégie de l’enseignant s’appuie sur la pyramide des apprentissages1 : "en mettant l’élève en posture d’enseignement il retiendra, 24 heures après, 90% de ce qu’il a enseigné contre seulement 5% de ce qu’il a entendu lorsque le professeur enseigne en frontal".

Permettre la réflexion (durée 01:15) (MPEG4 de 34.4 Mo)

Dans la classe mutuelle de Jérôme Andrade

L’élève moniteur

Les élèves apprennent au fil des séances à communiquer de manière claire, et à assumer des rôles de moniteurs en appliquant des principes pédagogiques : laisser le temps de comprendre, observer la personne qui apprend, faire reformuler pour vérifier la compréhension...

Ils/elles se rendent compte progressivement qu’enseigner ou aider demande un langage précis, une progression, mais aussi une réelle attention à l’autre et à sa perception du thème traité.
Ils/elles ont conscience qu’un moniteur impliqué démultiplie réellement les occasions de lever les blocages.
Les élèves qui se font aider par leurs pairs se disent :

  • moins intimidés que devant le professeur pour montrer leurs lacunes,
  • plus à même de comprendre un langage (verbal et non verbal) qui leur est familier,
  • plus autorisés à s’exprimer pour demander de ralentir, de répéter, de reformuler.

Le professeur sait qu’il faut laisser le temps nécessaire à ces interactions entre pairs, et se tenir à une distance qui favorise ces échanges. Et parfois...se taire.

Se mettre en retrait (durée 02:27) (MPEG4 de 68.6 Mo)

Dans la classe mutuelle de Jerôme Andrade

Le choix des outils

Le document d’organisation visible dans ce film a été réalisé avec Padlet, disponible en freemium2. Le nombre de murs offerts étant devenu limité, le professeur utilise depuis Linoit, également en freemium3. Il est possible d’appliquer la méthode Kanban avec d’autres outils "grand public" en freemium, tels que Trello, qui offre une version éducation4.
D’autres outils sont proposés par Framasoft, association d’éducation populaire qui n’utilise pas les données à des fins de profilage publicitaire : le basique Framémo ou le plus élaboré Framaboard sont tous deux gratuits pour l’utilisateur, financés par les dons et subventions.

Merci aux élèves et à Jérôme Andrade pour ce témoignage.

(2) Freemium : gratuit pour les fonctionnalités de base, payant pour une version plus élaborée

(3) Linot appartient à Asteria Corporation, basé à Tokyo au Japon. Les conditions d’utilisation sont en anglais

(4) Trello a été créé en 2011 et racheté en 2017 par l’entreprise Altassian.