De l’évaluation par contrat de confiance (EPCC) au contrat de réussite publié le 23/03/2015  - mis à jour le 12/06/2015

Dialogue entre deux enseignants...

L’Évaluation Par Contrat de Confiance

RC – Dans le principe, l’EPCC d’A. Antibi restaure des pratiques déjà appliquées dans le cours ordinaire de la préparation des évaluations qui cherchent à mesurer la qualité d’acquisition de ce qui a été vu en classe : les enseignants annoncent les objectifs de la séquence, énoncent les points de révision qui compteront, répondent aux questions et évitent que les élèves se fourvoient... Ce modèle archétypal de l’EPCC est bien évidemment transposable du primaire au secondaire – et tout du moins au collège – car, comme le soulignait encore récemment A. Prost lors de la Conférence nationale pour l’évaluation des élèves (conférence de la matinée du jeudi 11/12), il faudrait « primariser » le secondaire dans ses pratiques pédagogiques d’évaluation.

GD – Oui... Il s’agit de poser rigoureusement les termes de l’évaluation et d’éviter le fait que les élèves « conscientisent » l’évaluation comme une situation déjà à risque dès le primaire lors des apprentissages fondamentaux et que, focalisé sur le jugement, ils oublient l’essentiel : l’évaluation mesure les progrès et permet une rétroaction sur les obstacles qui sont levés par les corrections, remédiations, nouvelles tentatives.

RC – Mais, dès la classe de sixième, de nombreux élèves ne voient plus les choses comme ça...

GD – Et il faut déjà restaurer le rôle de l’évaluation qui ne peut être qu’une évaluation formative dans le cadre des apprentissages de la scolarité obligatoire... non des évaluations qui sanctionnent un parcours jugé au plus tôt. Les apprentissages prennent du temps et il n’est pas aberrant d’admettre que les élèves doivent se tromper en phase de découverte, d’acquisition, de réinvestissement : ce devrait même être la norme ! L’est-elle ? Pas si l’on en juge le délabrement moral et le désinvestissement pour le « dit » scolaire, pas si l’on observe les comportements en situation d’évaluation et de correction dès les classes de sixième et de cinquième. La fracture est souvent déjà bien consommée et ancrée comme rapport à l’École.

RC – Alors, qu’est-ce qu’on fait ?

Vers des pratiques pédagogiques innovantes

GD – À partir du moment où l’on prend conscience des limites de la note, on teste, dans un premier temps, d’autres dispositifs d’évaluation. La conséquence directe de cette nouvelle approche est que, très rapidement, c’est l’ensemble de notre pédagogie qui se reconstruit pour éviter ou plus simplement limiter le décrochage scolaire. Fait très important, ce changement de regard diffuse dans toutes nos pratiques, au quotidien, et non pas une demi-heure par-ci, une demi-heure par-là pendant un cours bien ciblé... J’expérimente l’évaluation par compétences et sans notes sur toutes mes classe de cinquième depuis trois ans, et j’en suis très satisfait ; cette méthode maintient efficacement la motivation des élèves, réduit les risques de décrochage scolaire, valorise l’estime de soi et le goût de l’effort dans un esprit de saine émulation et d’esprit collectif. Il est ici question d’exigence... et de bienveillance...

RC – Mais a-t-on encore le droit d’employer ce mot : « bienveillance » ?

GD – Oui... Plus que jamais ! Ce terme n’a jamais été synonyme de « laxisme »... Mais il faut sans cesse justifier la pratique, comme si un professeur « bienveillant » était systématiquement un professeur qui n’était pas respecté, qui acceptait le « bazar » et qui plaçait tous les élèves dans une sorte de « fausse réussite » les condamnant à l’échec une fois en seconde... Ce n’est évidemment pas le cas. En instaurant le meilleur climat de classe possible propice à l’apprentissage, on aide les élèves à être disponibles pour la réflexion, on développe les solidarités entre pairs, on voit s’atténuer les biais provoqués par les individualismes. Cependant, depuis un an, j’atteins une limite, une sorte de « frustration » tout en étant convaincu que je suis sur la bonne voie.

RC – En effet, la précision du diagnostic n’engage pas de pronostic si l’on en reste là, à l’état de simple constat...

GD – Oui, c’est çà, la grille de couleurs ne répare pas... Seule les interactions grille-remédiations-réparations permettent des progrès.

RC – Le processus d’apprentissage reste incomplet si l’on ne tente pas d’aller plus loin. Il faut définitivement statuer sur le rôle de l’erreur ; le simple catalogue des réussites et échecs sur les grilles disciplinaires lors des procédures d’apprentissages doit permettre de plus conséquentes rétroactions de l’élève sur ses productions. Je reprends donc le modèle de l’EPCC... Mais comme la pédagogie de contrat en amont n’est pas toujours suffisante, un autre contrat, en aval, peut concourir à la réussite de la majorité des élèves confrontés au Socle commun de connaissances, de compétences et de culture. Un contrat qui implique jusqu’au bout du processus l’élève.

Documents joints

Activité autour du conte en sixième

Contrat de réussite en sciences physiques

Document-support de séance de remédiation

Evaluation sur rédaction d’un conte

Grille d’évaluation de rédaction en français

Préparation d’une évaluation de français en quatrième