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article Le château d’Oiron     -    publié le 30/06/2017

Une collection d’art contemporain librement inspirée des cabinets de curiosité

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Situé dans les deux-Sèvres (région Nouvelle Aquitaine), à une heure de route de Poitiers, entre Thouars et Loudun, le château d’Oiron se démarque des autres châteaux de la Loire par un parti pris unique et original : une collection d’art contemporain conçue sur mesure pour ce bâtiment historique.
Jean-Hubert Martin, en charge du projet au début des années 1990, a souhaité des créations originales pour le château, en lien avec son histoire et son architecture. Invitant des artistes comme Christian Boltanski ou Daniel Spoerri à découvrir le lieu, la collection s’est construite en parallèle des cabinets de curiosités du XVI°siècle.

C’est le dialogue entre les œuvres et le lieu qui fait l’identité de ce château et la qualité de la collection, une source infinie de questions à travailler avec nos élèves quelque soit leur âge.

Château d'Oiron, vue extérieure, allée centrale

• Quelques informations sur le château

Au XVème siècle, la famille Gouffier se voit offrir la terre d’Oiron par Charles VII pour leurs loyaux services.
Le château, bâti à cette période, sera souvent modifié notamment au XVIème et restera propriété de la famille jusqu’en 1700 où il fût acheté par Mme de Montespan puis il passa de main en main et tomba peu à peu à l’abandon car difficile à entretenir.
C’est finalement l’État qui achète Oiron en 1943 et le sauve de la ruine.

- Une particularité du château : La Galerie de l’histoire de Troie

La Galerie de l'histoire de Troie. 55 mètres de décor peint au XVI°s

Galerie Renaissance
au château d’Oiron

Cette immense galerie Renaissance qui représente un des plus grands décors peint en France à cette époque (dit dans le style de l’école de Fontainebleau) est l’occasion pour les élèves de se rappeler quelques épisodes célèbres de la guerre de Troie et des aventures d’Enée, mais aussi de faire des rapprochements avec des œuvres de la collection comme les guerriers en armure imaginés par Daniel Spoerri dans ses corps en morceaux ou le Pégase-Licorne de Thomas Grünfeld.

- Pourquoi la thématique du cabinet de curiosités ?

Installation de Guillaume Bijl, Le cabinet de Claude Gouffier, 1995, au château de Oiron recréant un cabinet de curiosités du XVI°siècle. L'artiste questionne les reconstitutions historiques dans les musées.

Guillaume Bijl, Le cabinet
de Claude Gouffier

Faire rêver le visiteur.... en créant une collection à la fois unique, digne d’émerveillement mais surtout inscrite dans son époque.
L’idée de la collection n’était pas de copier un cabinet de curiosités, tel qu’on pouvait en voir au XVIème, comme le clin d’œil de Guillaume Bijl dans son installation type musée Grévin, mais de demander aux artistes d’aujourd’hui de réfléchir à une interprétation de ce type de collection.

"[...] il est dans la nature de l’art, dans sa relation synchrone, d’entraîner le spectateur dans un monde imaginaire et dans des narrations où il se soumet à des jeux de rôle et de projection. Cette activité ludique mêlant l’intellect et la sensibilité permet d’imaginer partiellement cet "enchantement du monde" qui régissait à la Renaissance les rapports de l’homme à son environnement."
Jean-Hubert Martin1

Claude Gouffier, seigneur du Château d’Oiron au XVIème siècle et grand écuyer d’Henri II, était connu pour être un grand amateur d’art et possédait son propre cabinet de curiosité.
Cette marque d’intérêt pour comprendre le monde, d’humanisme et d’érudition qui caractérisait l’amateur d’art de la Renaissance a été le fil conducteur de la mise en place de la collection d’art contemporain que l’on peut découvrir aujourd’hui à Oiron. Invention, interprétation du monde, inventaire et classification des choses de la nature et des ouvrages de l’homme.....

Toutes ces thématiques font que les œuvres du château peuvent être travaillées dans toutes les disciplines : sciences, lettres, philosophie, mathématiques, histoire, géographie, musique, arts plastiques, ....

La Bataille de Midway, installation de Ian Hamilton Finlay, se joue de nos sens : Bourdonnement paisible des abeilles ou vrombissement d'avions, ruches ou ogives de bombes ?

Ian Hamilton Finlay

Decentre-Acentre de Tom Shannon dans la tour des ondes. Allégorie du cosmos, un disque d'aluminium lévite dans l'espace de la salle par la seule force magnétique.

Tom Shannon

Cette anamorphose de Felice Varini présente 4 ellipses bleues s'étirant dans l'espace de ce couloir des illusions. Le spectateur doit se placer à un angle précis du miroir posé au sol pour percevoir l'oeuvre : un cercle parfait.

Félice Varini

Le cercle, visible uniquement dans le miroir, crée un jeu visuel. Les effets de perspective et d'illusion optique étaient déjà très prisés à la Renaissance.

Félice Varini

11 chevaliers en armures ont été installés dan la salle d'Armes du château. Ces corps en morceaux, constitués de tout un bric-à-brac d'objets et de matériaux, sont un stimulateur à histoires. Qui sont ces chevaliers ? héroïques ou ridicules ? drôles ou agressifs ? entiers ou en morceaux ? homme ou femme ?

Daniel Spoerri

(1) extrait du texte Constitution d’une collection, dans Le château d’Oiron et son cabinet de curiosités aux Éditions du patrimoine/ Centre des monuments nationaux, Paris, 2000.

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Installation de Guillaume Bijl, Le cabinet de Claude Gouffier, 1995, au château de Oiron recréant un cabinet de curiosités du XVI°siècle. L'artiste questionne les reconstitutions historiques dans les musées. La salle d'Armes du château d'Oiron avec accrochage des Corps en morceaux de Daniel Spoerri La Galerie de l'histoire de Troie. 55 mètres de décor peint au XVI°s Pour découvrir la silhouette d'une tête de profil, le spectateur doit regarder dans le miroir, en se plaçant de manière précise. 11 chevaliers en armures ont été installés dan la salle d'Armes du château. Ces corps en morceaux, constitués de tout un bric-à-brac d'objets et de matériaux, sont un stimulateur à histoires. Qui sont ces chevaliers ? héroïques ou ridicules ? drôles ou agressifs ? entiers ou en morceaux ? homme ou femme ? La Bataille de Midway, installation de Ian Hamilton Finlay, se joue de nos sens : Bourdonnement paisible des abeilles ou vrombissement d'avions, ruches ou ogives de bombes ? Decentre-Acentre de Tom Shannon dans la tour des ondes. Allégorie du cosmos, un disque d'aluminium lévite dans l'espace de la salle par la seule force magnétique. Les 150 habitants de Oiron en 1993 ont vu leur portrait dressé dans la salle à manger du château. Tous les 30 juin, ils reprennent leur couvert pour un repas convivial organisé dans le château. Le reste de l'année, l'installation de ce service de table reste sur les murs. 150 assiettes avec la slhouette de profil de chaque habitant, 150 verres avec leurs initiales gravées, 150 serviettes imprimées des lignes de leur main. Cette anamorphose de Felice Varini présente 4 ellipses bleues s'étirant dans l'espace de ce couloir des illusions. Le spectateur doit se placer à un angle précis du miroir posé au sol pour percevoir l'oeuvre : un cercle parfait. Le cercle, visible uniquement dans le miroir, crée un jeu visuel. Les effets de perspective et d'illusion optique étaient déjà très prisés à la Renaissance. 365 panneaux peints en blancs exposés au soleil sous une lentille, au Nouveau Mexique, montrent, par la forme de leur brûlure, un calendrier solaire.
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