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article Les peintres de Zola     -    publié le 10/12/2012

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- C. Zola et les peintres. Le pouvoir de la critique.

1. Zola et Manet : un échange de bons procédés
Zola jeune critique d’art défend Manet, ce peintre qui a marqué la rupture entre peinture académique et peinture de la modernité en 1863 au Salon des Refusés (voir plus loin) avec son « Déjeuner sur l’herbe » puis en 1865 avec « Olympia », suscitant l’une des polémiques les plus violentes de l’histoire de l’art du XIXème siècle. _ Pour le remercier, Manet fait son portrait. Leur amitié se confirmera dans le temps.
Zola à Manet :

"Puisque les sots ont mis nos mains l’une dans l’autre, que nos mains restent unies à jamais. La foule a voulu mon amitié pour vous ; cette amitié est aujourd’hui entière et durable..."

Voir une eau-forte représentant Manet

Portrait d'Émile Zola

Portrait d’Émile Zola
Auteur : Edouard Manet (1832-1883)
Chronologie : 1868
Dimensions : 146 x 114 cm
Technique : huile sur toile
Lieu de conservation :
Musée d’Orsay. Paris
Source Wikipédia

Manet représente Zola, assis à sa table de travail, dans un environnement rappelant son goût pour l’art japonais, très en vogue à cette époque (paravent et estampe) ainsi que ses activités d’écrivain et critique d’art : livres, encrier, plume. La reproduction d’Olympia, que Zola a défendue avec ferveur face à la critique, ainsi que la brochure consacrée à Manet, sont des clins d’œil à l’amitié entre peintre et écrivain.

Voir deux fiches descriptives de ce tableau sur :
- le site l’histoire par l’image.

- le site du musée d’Orsay

2. Zola, Degas et la question des Salons
Zola avait connu Degas au café Guerbois. Il appréciait surtout chez lui les aquarelles. Par le biais de la critique d’art, il nous fait comprendre la difficulté pour les peintres d’exposer leurs œuvres.

Dans Le Naturalisme au Salon en 1880, Zola revient enfin sur les raisons pour lesquelles Degas a choisi de participer aux expositions indépendantes du Salon officiel :
[Degas fait partie des artistes qui] étaient bien reçus chaque année, mais [qui] se sentaient si peu regardés, qu’ils voulaient être chez eux pour s’accrocher eux-mêmes en belle place et triompher tout seuls. [...] En somme, M. Degas seul a tiré un véritable profit des expositions particulières des impressionnistes ; et il faut en chercher la raison dans le talent même de ce peintre. M. Degas n’a jamais été un persécuté, aux Salons officiels. On le recevait, on le mettait relativement en belle place. Seulement, comme il est de tempérament artistique délicat, comme il ne s’impose point par une grande puissance, la foule passait devant ses tableaux sans les voir. De là une irritation fort légitime chez l’artiste, qui a compris combien il bénéficierait des avantages d’une petite chapelle où ses œuvres si fouillées et si fines pourraient être vues et étudiées à part. En effet, dès qu’il n’a plus été perdu dans la cohue du Salon, tout le monde l’a connu ; un cercle d’admirateurs fervents s’est formé autour de lui. Ajoutez que les œuvres un peu bâclées des autres impressionnistes faisaient ressortir le fini précieux des siennes. Puis, il pouvait exposer des esquisses, des bouts d’étude, de simples traits où il excelle, et qu’on ne lui aurait pas reçus au Salon. Aussi M. Degas a-t-il raison de s’en tenir aux expositions des impressionnistes et de ne pas rentrer dans ce grand bazar du palais de l’Industrie, dont le tohu-bohu ne lui vaut rien. [...]"

Dire ce qu’est le Salon ? Pourquoi Zola parle t-il du Palais de l’Industrie ?
« Le Salon de Peinture et de Sculpture » ou « Salon » est la manifestation artistique qui, dès le XVIIIe s. expose à Paris les œuvres des artistes agréés par le jury de l’Académie des Beaux-arts. À l’époque, le Salon est la seule façon pour un artiste de se faire connaître et d’acquérir une reconnaissance officielle, unique moyen d’obtenir des commandes publiques et une clientèle. En 1863, le jury refusa plus de 3 000 œuvres sur les 5 000 envoyées. Les vives contestations qui s’ensuivirent portèrent l’empereur Napoléon III à organiser un « Salon des Refusés ». L’exposition se tint donc dans le Palais de l’Industrie et permit à certains artistes, comme Manet, de devenir célèbres. 1884 vit la création du « Salon des Artistes Indépendants » où les artistes purent enfin présenter leurs œuvres librement, sans qu’elles soient soumises à l’appréciation d’un jury. Les Impressionnistes organisaient quant à eux leurs expositions dans des ateliers, en particulier dans l’atelier du photographe Nadar leur ami.

3. Zola et Cézanne
Effectuer une recherche sur l’épisode qui a brouillé Zola et Cézanne, tous deux originaires d’Aix en Provence.

Nous voyons donc combien le jury, mais aussi la critique d’art sont déterminants dans la destinée des artistes.

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