Biennale de l’Éducation Nouvelle 2017 publié le 04/12/2017  - mis à jour le 05/12/2017

Echanger pour co-éduquer et innover

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Des tables rondes pour réfléchir

Outre les ateliers, la biennale a aussi été l’occasion de tables rondes réunissant différents intervenants pour échanger sur : savoir et émancipation, création et/ou culture, éducation nouvelle et formation ou encore éducation nouvelle et innovation.

Arrêtons-nous sur ce dernier thème, éducation nouvelle et innovation.
Catherine Hurtig-Delattre, militante à l’ICEM, Maria Alice Medioni docteur en sciences de l’éducation et Yves Reuter professeurs des universités à Lille 3 ont souligné l’importance de la relativité de l’innovation qui n’existe que dans un milieu donné, un territoire et pour une équipe pédagogique ou un individu en particulier. Autrement dit, innover peut se décliner à l’échelle d’un pays, d’une région, d’une institution, d’un individu. Mais à aucun moment il n’est question de hiérarchiser les innovations, tel n’est pas le propos et une telle approche serait contre productive.

Nous empruntons tous à des mouvements, à des penseurs, à d’autres expériences, mais c’est la façon dont nous nous approprions ces éléments, la façon dont nous allons les mettre en œuvre qui est essentielle.
L’innovation doit demeurer un objet de désir, une aventure qui implique une prise de risque facteur de créativité. Son caractère est certes paradoxal, mais c’est de ce paradoxe que naissent les véritables innovations.
Ce qui importe c’est qu’il n’y ait pas de récupération institutionnelle mais bien un échange entre les différents pionniers pédagogiques les uns se nourrissant des autres. Le point d’orgue de ces échanges étant le mouvement perpétuel, l’abolition des pratiques figées.

Dans une perspective holistique, l’innovation doit donc être pensée de façon pluridimensionnelle :

  • dans sa dimension interne, à travers la coopération entre adultes ;
  • dans sa dimension externe par les apports des chercheurs et des lectures que l’on peut faire ;
  • dans sa dimension technologique par l’intégration et l’interrogation des nouvelles technologies ;
  • dans sa dimension scientifique grâce au retour des actions-recherches dans les domaines scientifiques notamment les neurosciences ;
  • dans sa dimension sociale en questionnant la façon dont on véhicule des changements de société ;
  • dans sa dimension internationale par les apports des différentes formes d’éducation de part le monde.

Ce qui motive à innover c’est le désir profond d’améliorer la société en prenant le pari de l’éducabiltié pour tous par la coopération, le respect de l’élève et de sa famille, par la prise en considération de l’élève, de ses questions, de ses pratiques et de ses représentations pour qu’il puisse faire vivre à son tour la démocratie.

Dès lors, l’innovation devrait conduire les pédagogues à mettre en lien trois approches :

  • approche axiologique : ce que je créé répond-t-il aux convictions, aux valeurs que je souhaite défendre ?
  • approche théorique : sur quels savoirs mon innovation s’appuie-t-elle ?
  • pproche praxéologique : A quelles pratiques mon innovation mène-elle ?

Ces questionnements permettent de définir si le nouveau introduit une rupture suffisamment subversive pour changer les pratiques ou s’il s’agit d’un habillage.
A partir de là, l’innovation sera légitimée si elle respecte les principes dont on se réclame, si les pratiques mises en place sont cohérentes avec ses principes et ses visées et si elle conduit à des effets réels quant à la progression équitable des élèves et à leur bien être au sein du collectif. Ce troisième point est fondamental car sans vérification, l’innovation reste une illusion.

Enfin, pour que l’innovation se développe il faut mettre en œuvre de façon effective l’émancipation des acteurs, poser un nouveau regard sur chacun d’entre eux en leur offrant une posture de « tous capables de ». Il s’agit de concevoir un accompagnement autonomisant, en valorisant l’action des apprenants et en mettant l’évaluation formative au cœur du processus d’apprentissage.

Des conférences pour nous nourrir

Philippe Meirieu qui avait inauguré la manifestation, est venu la clôturer en mettant en avant 12 axes à développer par les acteurs de l’éducation nouvelle :
 Replay Conférence de clôture Philippe Meirieu

Pour lui ce sont ces acteurs qui doivent développer la coopération, la culture comme outils de notre propre réflexivité et moyens de développer une pensée commune solide soucieuse de la probité de ce qu’elle avance.
L’objectif sous jacent étant d’amener les jeunes à devenir meilleur qu’eux mêmes, à construire leur identité sans aliéner leur liberté et à renforcer la solidarité au sein même de nos sociétés.
« Personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble, par l’intermédiaire du monde »
Paolo Freire
Pédagogie des opprimés

Webographie :

 Replay Conférence de Claude Lelièvre
 L’Éducation nouvelle : chercher, résister, combattre
 Biennale Internationale de L’Education Nouvelle

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Auteur

 Laure Amussat

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