Arts de faire culinaires au collège Marguerite de Valois d'Angoulême publié le 10/02/2014  - mis à jour le 11/02/2014

Un projet fédérateur au service des élèves et des familles

Les caractéristiques du projet, la recherche-action d’Emilie Orliange

Une expérimentation :

Il s’agit d’une expérimentation sous la forme d’un projet pilote innovant réalisé sur 3 années. Cette recherche action complète les approches d’éducation nutritionnelle ou des classes du goût - car si ces dernières apportent des connaissances aux enfants, elles restent souvent éloignées de leurs sociabilités alimentaires (goûters, lunch box, cantine, etc.). Son originalité est d’initier le collégien à pratiquer les « arts de faire culinaires » en lien avec sa vie quotidienne – dans le but de susciter et d’accompagner sa participation à la préparation des repas sous la direction bienveillante d’un adulte - pour le préparer à mener une vie autonome et saine.

Ainsi, par la mise en place d’un suivi et d’une évaluation du projet par un travail doctoral sur 3 ans, ce travail débouchera sur l’élaboration d’un guide méthodologique avec la collaboration de tous les acteurs impliqués, pour accompagner la diffusion à une échelle nationale de cette expérimentation dans un grand nombre de collèges.

Rôle des bénéficiaires du projet :

Les principaux bénéficiaires du projet, à savoir les élèves de 5e et leurs parents, sont bien pris en compte au sein du toutes les actions menées et sont acteurs du projet. En effet, ils sont pleinement intégrés, ceci, avant même son lancement, depuis une annonce officielle du projet à l’occasion d’une soirée d’inauguration et d’échange qui a eu lieu le 21 mai 2013 afin de présenter aux parents et aux personnels le projet et son encadrement par une recherche doctorale. Le bilan de la soirée était positif avec des réactions unanimement favorables. De plus, une vingtaine de familles s’étaient déplacées.
Les bénéficiaires de ce projet jouent un rôle concret et utile tout au long des 3 années, nous aidant à le structurer et à l’améliorer par des enquêtes de satisfaction, un carnet de bord et des entretiens aux domiciles des familles.

En ce qui concerne les acteurs institutionnels (la DRAAF, des enseignants d’autres collèges, les inspecteurs de l’Education Nationale), bénéficiaires des résultats de cette étude, ils sont totalement associés au projet et notamment à la réalisation du guide méthodologique et pédagogique afin d’en confirmer la faisabilité, ainsi que les limites du modèle établi dans une visée de diffusion de cette innovation organisationnelle auprès des bénéficiaires concernés. Ils ont également été intégrés à la construction du projet avant même son lancement.

Diversité des acteurs et des compétences :

Le projet est structuré de façon à agréger des savoirs de différentes disciplines complémentaires et à rassembler des acteurs locaux d’horizons différents (nutritionniste, gestionnaire, personnels de restauration, personnels de la santé et du social, enseignants de différentes matières et chercheurs en Sciences de Gestion) afin de favoriser l’émergence de savoirs et pratiques nouvelles, et de permettre l’échange et l’appropriation des connaissances et savoir-faire par l’ensemble des acteurs concernés.
Ce projet d’éducation à la consommation alimentaire des collégiens regroupe donc une série d’acteurs compétents et légitimes dans des domaines complémentaires, qui travaillent ensemble depuis plus de 8 mois à sa conception et mise en œuvre.

Utilité et adéquation avec un besoin :

Le projet répond à l’existence d’un besoin social mal couvert. En effet, l’établissement Marguerite de Valois se situe dans un quartier sensible de la Ville d’Angoulême. Il a besoin de se légitimer aux yeux de la Ville et des parents de collégiens. Pour ce faire, l’équipe pédagogique de l’établissement a décidé de mettre en place ce projet pilote avec comme fil rouge fédérateur « l’alimentation », dans le but de créer du lien avec les familles des élèves lors de moments conviviaux, dans l’espoir d’instaurer une relation durable, stable et paisible avec ces familles victimes d’isolement social et scolaire. La stratégie de recherche mise en place pour suivre l’introduction des cours de cuisine et des activités connexes va permettre, par l’intermédiaire de la doctorante qui deviendra la médiatrice entre les parents, les enfants et l’école, d’instaurer ce lien avec ces familles isolées.

Inscription dans l’environnement local :

Le projet est bien implanté dans son environnement et en relation avec les autres acteurs du territoire et du secteur d’intervention. Il prend en compte les stratégies des autres acteurs de son champ d’intervention et tend à valoriser et à optimiser son positionnement.
Il s’agit d’un projet pilote co-piloté par le CENA (Club Experts Nutrition et Alimentation) et par le CEPE (Centre Européen des Produits de l’Enfant). Il s’agit donc d’un projet 100% local et dans l’intérêt d’une population défavorisée et isolée de la vie sociale et scolaire de leurs enfants. Ce projet s’inscrit également dans le Contrat Local de Santé de la Ville d’Angoulême ainsi que de l’Atelier Santé Ville.

Pérennité du projet :

Cette recherche conduira à proposer un guide méthodologique afin de favoriser la pérennité et la reproductibilité de cette initiative pilote et innovante dans un plus grand nombre de collèges, à une échelle nationale. Cette étape de la recherche doctorale permettra d’associer à la réalisation du guide méthodologique et pédagogique des acteurs clés tels que : la DRAAF, des enseignants d’autres collèges, les inspecteurs de l’Éducation Nationale, le Conseil national de l’innovation pour la réussite éducative, afin d’en confirmer la faisabilité, ainsi que les limites du modèle établi dans une visée de diffusion de cette innovation organisationnelle.