Accueil : Arts plastiques

article Cycle 4 - Chorégraphie pour caméra portable     -    publié le 16/06/2016

L’outil de communication (le téléphone portable) dans ses spécificités, peut-il être un outil de création artistique, en appréhendant autrement l’espace environnant par le corps en mouvement.

1 2 
 Chorégraphie pour portable camera
  • Cycle 4
  • Question :
    • L’œuvre, l’espace, l’auteur, le spectateur
  • Questionnements :
    • la relation du corps à la production artistique (lisibilité du processus de production et de son déploiement dans le temps et dans l’espace
    • l’expérience sensible de l’espace de l’œuvre : les rapports entre l’espace perçu, ressenti et l’espace représenté ; l’espace et le temps comme matériaux de l’œuvre
  • Notions : Espace, temps, geste
  • Compétences disciplinaires :
    • expérimenter, produire, créer : recourir à des outils numériques de captation et de réalisation à des fins de création. (domaines du socle : 1,2,4,5)
    • mettre en œuvre un projet : confronter intention et réalisation dans la conduite d’un projet pour l’adapter et le réorienter, s’assurer de la dimension artistique de celui-ci.(domaines du socle : 2,3,4,5)
    • s’exprimer, analyser sa pratique, celle des pairs : dire avec un vocabulaire approprié ce que l’on fait, ressent, imagine, observe, analyse ; s’exprimer pour soutenir des intentions artistiques ou une interprétation d’œuvre. (domaines du socle : 1,3,5)

L’’outil de communication (le téléphone portable) dans ses spécificités, peut-il être un outil de création artistique, en appréhendant autrement l’espace environnant par le corps en mouvement.
La séquence s’est déroulée en trois séances.

La classe a été divisée en deux groupes lors de la première séance de travail :

  • un groupe au Cdi, en collaboration avec le ou la documentaliste, effectuant un travail de réflexion autour d’un interview filmé d’Alain Fleischer, durant 25mn.
  • un groupe en salle d’arts plastiques, effectuant les prises de vue.

• 1ère séance :

J’ai demandé aux élèves, en binôme, d’imaginer une chorégraphie (pour camera portable) dans l’espace de la salle de classe, en fixant l’appareil sur une partie du corps, afin de filmer l’espace environnant.

- Conditions : un portable caméra, du sparadrap (afin de fixer l ’appareil sur le corps sans l’endommager). Temps : 30mn, lieu : salle d’arts plastiques.

J’invite les élèves à verbaliser autour de la proposition et de la demande :

  • qu’est qu’un portable camera ?
    C’est une des fonctions du téléphone portable (qui lui même est un outil de communication, un outil hybride (téléphone, appareil photo, caméra, baladeur...)).
  • que signifie chorégraphie ?
    On pourra montrer un extrait d’une chorégraphie par exemple d’Anne Teresa De Keersmaeker- Fase3/5 (music Steve Reich)

Nous reformulons la demande : c’est imaginer une chorégraphie, autrement dit, une succession de mouvement. C’est fixer l’appareil à une partie du corps qui filmera l’espace environnant, lorsque le corps sera mobile.

Pour la seconde séance, l’enseignant récupère les films qui ont été tournés et les importe sur le réseau de l’établissement. (Il est important d’effectuer un point avec les élèves sur la question du transfert des vidéos. S’assurer en effet, qu’ils ont un câble UBS et les pilotes nécessaires, l’idéal étant une carte de stockage. S’assurer également du format d’enregistrement de la vidéo, afin qu’il soit compatible avec un PC. On pourra toujours convertir les fichiers)

 

• 2ème et 3ème séances :

Toutes les vidéos obtenues sont visionnées en début de séance au moyen d’un vidéo-projecteur.
En voici trois exemples :

un document Chorégraphie pour caméra portable (durée 00:32) (MPEG4 de 583.8 ko)

Cycle 4 - Chorégraphie pour caméra portable.

Chorégraphie pour caméra portable (durée 00:32) (MPEG4 de 583.8 ko)

Cycle 4 - Chorégraphie pour caméra portable.

Les élèves observent que Les images sont floues. Elles ont du grain, différentes textures, et elles diffèrent selon l’appareil utilisé. Ces images obtenues révèlent l’espace de la salle d’arts plastiques sous de nouveaux angles de vue. Une partie du corps (genou, dos, mollet, ventre, coude...etc.) s’est transformée en un second œil. Ce fut une expérience.

Nous revenons également sur l’interview d’Alain Fleischer : nous constatons que les élèves qui ont expérimenté la demande après avoir travaillé sur les propos de Fleischer, ont davantage pensé la relation corps/mouvement par rapport à l’espace, tandis que le second groupe qui a commencé par la pratique, s’est retrouvé dans une démarche de tâtonnement.

Je montre aux élèves une image de Gary Hill appareillé de camera et l’installation vidéo qui en résulte : Crux, 1983-87. Cette installation vidéo, construite à partir d’un corps, appareillé, muni de prothèses, produit lui-même une image fragmentée et dispersée dans l’espace.
« La pièce dont le titre est explicitement Crux, consiste en cinq moniteur, un pour la tête, deux pour les mains, deux pour les pieds, qui sont disposé dans l’espace d’un mur de façon à suggérer une croix dont le centre est vide. Une vision morcelée des extrémités du corps apparaît sur les moniteurs, dont les images, lors de la performance, ont été réalisées à partir de caméras placées aux endroits indiqués plus haut, sur le corps en mouvement de Gary Hill ». Françoise Parfais, Video : un art contemporain.
Ces images sont le prolongement du corps de l’artiste.

Je leur montre également un extrait du spectacle de danse contemporaine Icare Ecart de la Compagnie Kdanse, qui associe chorégraphie et technologies multimédia.

"Le mythe nous raconte comment Icare, en compagnie de son père Dédale, s’échappe du labyrinthe construit pour le roi Minos de Crète. Comme le roi Minos contrôle la terre et la mer, Dédale et Icare s’échappent en s’envolant grâce à des ailes faites de plumes et de cire. Malgré les conseils donnés par son père de ne voler ni trop haut ni trop bas, Icare, grisé par l’altitude, vole de plus en plus haut et se rapproche du soleil qui fait fondre la cire de ses ailes, puis s’abîme dans la mer en se noyant sous les yeux de son père. (...) Icare Ecart associe la chorégraphie et les technologies du multimédia : informatique, vidéo directe et préenregistrée, création musicale et dispositifs interactifs pour le geste et l’image. L’intégration de la danse et des nouvelles technologies donne ici une pertinence toute contemporaine au mythe grec d’Icare. L’Icare contemporain, ne vole pas avec des ailes collées avec de la cire. Ici Dédale utilise la technologie à son extrême jusqu’à ce qu’il parvienne à aider son fils à voler, tel un cyborg virtuel cloné. Le vol technologiquement “incorporé”. "
kdanse 2007

- Je propose ensuite aux élèves de passer au montage de ces images filmées, au moyen du logiciel Movie Maker, en leur donnant comme consigne de nous rendre compte de la salle d’arts plastiques tel qu’on la voit jamais ! Il s’agissait pour eux, de choisir parmi tous les films, certains plans séquence, de les assembler, voire de les modifier (en usant des effets spécifiques du montage, comme ralentir, accélérer, coloriser...)
Quelques mots sont écrits au tableau, comme des « mots ressources » après une verbalisation autour du terme Montage : rythme, rupture, enchainement, répétition, alternance (plans, échelle, couleur), fondu, cohérence, ralenti...

 

- Page suivante : Mise en commun des productions et verbalisation

« Précédente  1 2  Suivante » Sur une seule page
Contact
Accessibilité
Mentions légales
RSS
Académie de Poitiers, Rectorat, 22 rue Guillaume VII le Troubadour BP 625 86022 Poitiers Cedex