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article Le Québec : une province au coeur de l’ALENA     -    publié le 07/08/2007    mis à jour le 25/06/2012

Lycée professionnel - Terminale Bac Pro

Dans les années 60, l’expansion économique bat son plein et les pays d’Europe occidentale comme la France et l’Allemagne, tentent un rapprochement pour faire face au géant mondial : les États-Unis.
Forte de cette première expérience d’Europe à six (CEE), c’est une Europe à 10 qui ouvre les années 80 et qui commence à ravir des parts de marché international aux USA.

De plus en plus, les Européens commercent entre eux, évinçant les entreprises américaines. L’harmonisation des droits de douane au sein du marché unique, fait qu’il est plus intéressant d’importer et d’exporter dans la zone de libre échange plutôt qu’outre-atlantique. Enfin, le protectionnisme américain faisait que les produits étaient si fortement taxés, que le marché en devenait dissuasif.

Au milieu des années 80, les États-Unis signent avec le Canada en 87, un premier accord de libre échange, l’ALE. Depuis 89, le commerce américano-canadien a presque triplé passant de 235.2 milliards de dollars à 677.8 en 2002. Le Canada exporte alors 80% de sa production vers les USA.
Ce changement commercial, a fait que l’activité industrielle canadienne a glissé vers les provinces du Sud. Le Québec a alors profité de la manne et les différents gouvernements se sont positionnés dans ce marché transcontinental à tel point que l’ économie de la province ne sera plus autant tournée vers les autres provinces du Canada au profit des States. De la même manière, côté américain l’interdépendance est telle que sur 11 groupes de produits, 8 sont exportés vers le Canada. Enfin, il ne faut pas oublier les flux IED, ceux qui font que les sociétés mettent des options les unes sur les autres et que les conseils d’administration deviennent américano-canadiens ou canado-américains.

Instruits de cette première expérience, les USA font en 94 une proposition similaire au Mexique, ouvrant ainsi un nouveau marché et développant des flux de la main d’œuvre bon marché. Les maquiladoras sont le symbole même de l’ALENA, qui permet de produire juste à la frontière de nombreux produits manufacturés à des coûts moindres.
Le traité final est donc signé entre les trois pays d’Amérique du Nord. Si les États-Unis profitent en premier lieu de ces accords, il n’en demeure pas moins que le Québec, province frontalière s’investira également dans ce traité, certaines de ses entreprises allant jusqu’à délocaliser dans les maquiladoras sur la frontière mexicaine. Ainsi en 2003, le ministre des affaires étrangères Madame Monique Gagnon Tremblay inaugura avec une cinquantaine de chefs d’entreprise québécois installés au Mexique, Québec en Mexico, un ensemble de manifestations qui sur un mois mettront en valeur les produits québécois.

Appliquant l’article 11 du traité interdisant le gouvernement québécois d’aider une société en difficulté au nom de la concurrence déloyale, les Américains portent plainte demandant le retrait de la subvention. Douze procédures sont en cours actuellement coûtant au gouvernement des milliards de dollars !
Notons toutefois qu’aujourd’hui les multinationales, non satisfaites de ces résultats, demandent un nouvel accord qui intègrerait l’ensemble du continent américain du Nord au Sud (ZLEA). Cependant de nombreux pays d’Amérique du sud refusent pour le moment sentant bien qu’ils ne sont pas ceux qui ont le plus à gagner dans un tel accord.
Mais combien de temps pourront-ils résister aux pressions, lorsque l’on sait que certaines sociétés remplacent déjà les Mexicains par des Guatémaltèques moins chers et moins revendicatifs.

• Bibliographie

- Brunelle, Dorval, Yves Bélanger et Christian Deblock, "L’intégration économique continentale et ses effets sur les gouvernements infra-étatiques : de l’ALE, à l’ALENA et au-delà",
éditeur : Cahiers de recherche sociologique, 1999 ,no 32, pp. 85-118.

- BRUNELLE, Dorval, L’ALENA cinq ans après. Un bilan critique,
éditeur : Cahier de recherche du GRIC 2000-04, avril 2000, p. 5.

- BALTHAZAR, Louis, et Alfred O. HERO Jr., Le Québec dans l’espace américain, Montréal,
éditeur : Québec Amérique, 1999, p. 174

• Programme

Lycée professionnel terminale Bac Pro en géographie

2- les États-Unis

2-3 : Les États-Unis dans le continent américain et dans le monde

- Objectif

Montrer que même au sein de l’ALENA, les relations sont parfois difficiles et ambiguës. Au sein de cet espace, les concurrences restent féroces et la concurrence parfois faussée.

- Démarche envisagée

Réaliser une présentation du Québec au sein de l’ALENA et montrer l’importance de ses relations avec les Etats-Unis. Puis déterminer de quelle manière le Québec essaie aussi de s’inventer des relations économiques sur le continent Nord Américain en dehors des Etats-Unis.

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