Corriger à la voix ? (TraAM) publié le 04/07/2019  - mis à jour le 15/07/2019

Expérience de corrections à la voix et réflexions pour une activité de relecture active de la copie par l'élève

Bilan de l’expérience

Du côté de l’enseignant, le fait de pouvoir en dire plus qu’à l’écrit et de manière plus rapide est un avantage indéniable ; cela augmente les possibilités de reformulation, permet de s’adresser directement à l’élève, de changer le rythme, etc.

L’élève, lui, est plus actif et s’engage cognitivement : il doit en effet écouter les réponses, les conseils, sélectionner les informations à corriger, les recopier dans l’en-tête.

La correction orale de copie est donc un exercice très complet qui justifie encore plus le retour vers la copie puisqu’il engage à la parcourir en agissant sur celle-ci ; il invite également l’élève à revoir le statut de la copie corrigée et à enfin, à plus long terme, à initier une dynamique d’amélioration des productions.

Points positifs Points de vigilance
Une implication physique
La voix de l’enseignant qui guide l’élève dans la correction de sa copie permet une certaine forme d’isolement, propice à un travail de relecture attentive.
Une modalité à faire varier
Le risque est de vouloir absolument tout corriger ou de ne faire que des corrections orales. Il faudra donc veiller varier les modalités de cette correction : tantôt cibler les remarques, tantôt fournir une correction complète.
Une correction consciencieuse
La matérialité de la correction, qui réside dans le contenu sonore, permet de rendre l’élève conscient que la correction a fait l’objet d’un investissement personnalisé de la part du correcteur.
Un exercice exigeant
S’enregistrer en parlant fictivement à un élève n’est pas un exercice facile et naturel car sans le vouloir, la voix s’en trouve modifiée (timbre, débit, volume) et le manque d’entraînement peut la fatiguer. Il faut s’entrainer et adapter sa voix en conséquence

 Quelques remarques utiles :

  • l’enregistrement doit être de bonne qualité pour ne pas gêner la compréhension lors de l’écoute (pas de bruit de fond, volume de la voix suffisant)
  • il est nécessaire d’alterner des temps d’écoute avec des temps de pause auditive durant lesquels l’élève agit sur sa copie, consulte son cahier, etc.

Des ressources en lien avec le projet pour prolonger la réflexion

 Un article de François Jourde sur l’enregistrement et la communication de commentaires oraux
 Le récit d’une expérience de correction orale de devoir en Lettres, au lycée
 Un usage de l’ENT LOL pour la correction orale de copies en SES
 Une vidéo publicitaire pour une préparation au concours du CRPE qui montre comment peut se faire une correction de copie grâce à la vidéo

Perspectives

Il serait intéressant d’explorer d’autres dimensions de la correction par l’oral :

  • correction entre élèves sur des productions variées
  • bénéfice pour
    • les élèves à besoins particuliers
    • les élèves en situation de handicap
    • les élèves allophones

Ces expériences feront donc sans doute l’objet d’une publication future, en prolongement de cet article.