Le Corbusier, architecte du bonheur publié le 10/12/2012  - mis à jour le 29/06/2015

L'architecture et la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale

I. Qui est Le Corbusier ?

Charles-Édouard Jeanneret-Gris (1887-1965) plus connu sous le pseudonyme de Le Corbusier (emprunté en 1920 pour écrire dans la revue L’Esprit Nouveau ) est architecte, urbaniste, designer, peintre et homme de lettres.
Citoyen suisse à l’origine, il est naturalisé français en 1930.

Le Corbusier

Source : flickr
Licence creative commons
- No change.

  • Piste pour les lettres (production orale) et pour l’éducation civique
    Qu’est-ce que la naturalisation ?
    Qu’est-ce qu’un pseudonyme ? Quelle est sa fonction ?
    Quel pseudonyme choisirez-vous quand vous serez un grand artiste, une grande actrice, un grand peintre … ?

1. Le Corbusier : philosophe de l’architecture moderne

Sa philosophie de l’architecture moderne est la suivante : « Les œuvres sont rendues lisibles par des formes simples et dépouillées, organisées en constructions ordonnées, génératrices d’harmonie. »

a. Le Purisme
« Là où naît l’ordre, naît le bien-être. » Les choix de Le Corbusier en architecture sont ceux qui définissent le purisme : simplicité des formes, organisation, rigueur. Cette vision est mêlée d’utopie, le bonheur étant l’une des clés de ses réflexions sur l’urbanisme. Son « langage » architectural s’applique aussi bien au logement économique, qu’à la villa de luxe.

b. Le credo de Le Corbusier
En 1926, il définit « une architecture moderne » en cinq points :
1. Les pilotis hissent la construction loin du sol humide et obscur, qui est alors aménagé en espaces verts. La construction est éloignée des routes. Les pilotis ;
2. Le toit-terrasse habitable est doté d’équipements ;
3. Le plan libre : Le plan n’est plus esclave des murs portants. Le béton armé des piliers de la maison permet le plan libre. Les étages ne se superposent plus par cloisonnements. Ils sont libres. Le logement est constitué de modules préfabriqués (brevet Dom-Ino déposé en 1914) ;
4. La fenêtre-bandeau. Le ciment armé fait révolution dans l’histoire de la fenêtre. En l’absence de murs portants, les fenêtres peuvent courir d’un bord à l’autre de la façade ;
5. La façade libre : elle ne porte plus le bâtiment. C’est le système poteau-dalle qui s’en charge. Les poteaux sont en retrait des façades, à l’intérieur des maisons. Le plancher se poursuit en porte-à-faux. Les façades ne sont plus que des membranes légères de murs isolants ou de fenêtres.

En 1933, il précise :
« Les matériaux de l’urbanisme sont : le soleil, l’espace, les arbres, l’acier, le ciment dans cet ordre et dans cette hiérarchie. »

La Charte d’Athènes, publiée en 1943 par Le Corbusier, énonce les moyens d’améliorer les conditions d’existence dans la ville moderne, qui doit permettre l’épanouissement harmonieux de quatre grandes fonctions humaines : habiter, travailler, se divertir, circuler.

  • Piste en technologie :
    Réf. Brevet Dom-Ino : Qu’est-ce qu’un brevet ? Où le dépose t-on ? Dans quel but ? Que notez-vous dans la trouvaille du nom du brevet ?
  • Piste en Géographie, en Informatique et en SVT :
    Est-ce Le Corbusier qui a inventé les pilotis ? Pour quelles raisons construit-on des maisons sur pilotis ? Quelles villes ou portions de villes sur pilotis connaissez-vous ?
    Faites une recherche sur les habitats sur pilotis : Ex. les villages flottants du Lac Titicaca, ceux du delta du Mékong, de la baie d’Ha Long, les villages de Polynésie, de Bornéo, de Norvège, du Nigéria, le site d’Itsuku-shima, mais aussi Venise ! Situez ces lieux sur le planisphère. Indiquez le pays, la région, le peuple, la tribu, le fleuve, la mer ou l’océan d’appartenance.
    Dire de quelles nuisances les pilotis isolent-ils ?

2. Ses constructions : c’est du béton !

Il utilise des matériaux bruts, comme le verre et le fer, mais sa spécificité est son choix d’un matériau innovateur : le béton armé.
Le béton armé, employé à l’état brut, sans revêtement est donc le protagoniste des premières unités d’habitations. La couleur des réalisations corbuséennes est donc celle du béton, même si à l’intérieur du village vertical, il utilise des couleurs vives.
Le plan libre
Influencé par son stage effectué en 1909 chez Auguste Perret -célèbre précurseur de l’architecture poteau-poutre en béton armé (ossaturisme)- Le Corbusier est connu pour la technique constructive poteau/dalle.
Les planchers sont supportés par de fins poteaux disposés sur une trame. Ainsi les façades sont libérées de la fonction structurelle. Elles ne sont plus chargées de porter le bâtiment, comme dans la construction en maçonnerie, dite aussi période « pré-moderne ».
L’organisation intérieure poursuit l’idée : les divisions de l’espace ne sont pas soumises aux impératifs de structure du bâtiment. Les ouvertures ainsi que les parties pleines sont implantées librement et organisent la façade.
Les éléments sont modulables ; ils peuvent-être préfabriqués et industrialisés (brevet Dom-Ino déposé en 1914).
Cette nouvelle façon de concevoir la construction des bâtiments est riche de conséquences. Si Le Corbusier n’en est pas l’inventeur, il est cependant celui qui a su la formuler en termes lapidaires : « le plan libre », et en développer un vocabulaire architectural réellement nouveau.

  • Piste en Lettres : "De l’importance de l’étude d’une biographie"
    L’étude du parcours culturel et existentiel du concepteur nous éclaire sur les choix qu’il va opérer (même si nous ne les partageons pas).
    Allons visiter la fondation Le Corbusier, à Paris.
    Prenons la biographie de l’architecte, soulignons avec de la couleur les expériences marquantes, qui ont pu l’influencer. Traduisons toutes les dates en âge de la personne concernée.

Ex : Formation, premières réalisations et voyages
En 1900, (à 13 ans) il suit les cours de l’École d’Art de La Chaux-de-Fonds dans le Jura suisse, choisissant une formation de graveur-ciseleur (il façonne de jolies montres émaillées).

 Page suivante II- Le Corbusier : un esprit rationnel sentimental

Document joint

La cité radieuse : des photos de l’intérieur d’une unité d’habitation