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article Bois et énergie : des remises en cause pour un développement durable     -    publié le 23/08/2007    mis à jour le 23/05/2012

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Le Québec dispose de gigantesques ressources naturelles dont les colons européens ont très tôt pris conscience. Jean-Bernard Racine et Paul Villeneuve rappelait dans la Géographie Universelle dirigée par Roger Brunet qu’après la morue et le castor, une autre composante de la nature est mis à profit par l’Europe au début du XIXe siècle : la forêt.
L’Angleterre a su également en profité : à cause du blocus continentale imposé par Napoléon à compter de 1806, elle se tourne vers le Canada et accorde protection à ses produits forestiers.

• Forêts, bois…enjeux, menaces et développement durable !

La forêt reste omniprésente au Québec, et joue toujours un rôle de premier plan, tant du point de vue économique, culturel et environnemental. _ Sur une superficie totale de 1,7 millions de km², les forêts québécoises couvrent près de 750 300 km², soit près de la moitié du territoire de la Belle Province. La moitié de cette surface forestière est une forêt à valeur commerciale. Les forêts privées détenues par près de 130 000 propriétaires, plutôt concentrées dans le Sud du Québec.

L’étendue de cette surface forestière amène à distinguer 3 grandes zones de végétation :

  • la forêt boréale,
  • la forêt « mélangée »,
  • la forêt feuillue.

Il est possible de consulter l’état des forêts québécoises sur le site Ressources naturelles et Faunes du Québec.

Derrière cette diversité des espèces d’arbres se cache une très grande diversité d’autres espèces végétales mais aussi animales malgré la latitude de certains de ces espaces. Tout ceci contribue à la biodiversité, mais est aussi menacé par une exploitation humaine qui pourrait s’avérer excessive.
D’ores et déjà le gouvernement du Québec a pris des mesures de protection pour certaines de ces espèces menacées ; c’est le cas par exemple de l’ail des bois menacé par le développement urbain et agricole comme par la cueillette des bulbes en très grandes quantité.
Son commerce est d’ailleurs interdit et seule une récolte en petite quantité (moins de 50 bulbes par personne) est autorisée. Cette information rappelle la dimension culturelle de la forêt : elle est un facteur d’identité, en particulier pour les Québécois, elle est aussi un espace de loisirs, de détente, de villégiature…

Couleurs d'automne, 2005, Lac-aux-Sables

David Rouault @ images du Québec,
CCDMD, 17 x 11 cm

Photographie aérienne de
la forêt à l’automne.
Les arbres multicolores émerveillent
les observateurs et révèlent
la diversité des essences d’arbres.

Les préoccupations environnementales sont parfois difficilement conciliables avec les intérêts économiques, surtout quand le contexte est celui d’une concurrence rude. C’est ainsi que les États-Unis ont engagé, dans le cadre des règles de l’ALENA, un contentieux avec le Canada et les compagnies de sciage du Canada.
Ce conflit a commencé au début des années 1980 et a connu une série de périodes d’accalmie, de guerres ouvertes, de négociations, d’ententes etc. Un accord a finalement été signé pour assurer une paix commerciale pour les prochaines sept à neuf années entre les usines de sciage et l’État américain.
Un élément déclencheur est à la base de toutes ces disputes : la différence dans le mode de propriété des forêts dans les deux pays. Aux États-Unis, les forêts sont surtout possédées par des individus ou des compagnies ; en d’autres mots, elles sont privées. C’est le contraire au Canada où plus de 90% des forêts appartiennent principalement aux gouvernements des provinces. Les entreprises de sciage des États-Unis achètent donc leur bois rond à des propriétaires privés, alors que les scieries canadiennes le font auprès des gouvernements provinciaux. La dispute vient du fait que les compagnies de sciage des États-Unis accusent les gouvernements provinciaux de vendre le bois à un prix trop bas aux compagnies canadiennes. Ces dernières bénéficieraient alors de « subventions ».
Les États-Unis imposent en conséquence une taxe au bois de sciage canadien vendu dans ce pays afin de faire diminuer les revenus des compagnies canadiennes. Plusieurs tribunaux internationaux se sont penchés sur ce point. L’ALÉNA (Accord Nord-Américain sur le libre-échange) et l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) ont toujours rendu des décisions favorables au Canada en concluant que les scieurs canadiens ne causaient aucun préjudice aux scieurs américains. Dernièrement, un tribunal américain a même jugé que non seulement le bois canadien n’était pas subventionné, mais a ordonné aux États-Unis de mettre fin à l’imposition de la taxe et de rembourser les producteurs canadiens de bois d’œuvre. Il faut noter que plus de cinq milliards de dollars ont été perçus par les douanes américaines depuis le début du conflit, le 22 mai 2002.

Cour à bois, 1980, Baie-Comeau

Don de Compagnie de papier
Q.N.S. Ltée
Fourni par Cégep de Sept-Îles
3,6 x 2,4 cm,
@ images du Québec, CCDMD.

En arrivant à la cour à bois,
les billots passent dans
une écorceuse avant d’être entreposés.

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- Documents joints

L’énergie au Québec, édition 2004 est un document qui regroupe toutes les données relatives à la demande et à la consommation québécoise d’énergie ainsi qu’aux infrastructures de production, de transport et de distribution, ministère des Ressources naturelles et de la Faune.

Ministère du développement durable, de l’environnement et des parcs (http://www.mddep.gouv.qc.ca/biodiversite/2004-2007/index.htm )

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