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article La Francophonie : îlots ou réseau ?     -    publié le 01/08/2007    mis à jour le 25/06/2012

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Rappelons-le de prime abord : le français résiste bien mal face à l’expansion d’autres langues, la voix du français n’est pas non plus la voix de la France ou des Français ; la voix du français est aujourd’hui polyphonique et poursuit une mutation naturelle qui constitue son véritable moyen de survivre.

La francophonie dans le monde est plus que jamais plurielle.
Sur le territoire national, nul n’est à l’abri des anglicismes ou à des emprunts à d’autres langues. Dans les DOM comme en Métropole, le français cohabite avec des langues régionales. Dans les TOM, il n’est que la langue officielle. Ainsi le Tahitien est langue officielle au même titre que le français.
La francophonie est un ensemble des régions du monde où l’on parle habituellement le français. Elle se compose de personnes qui n’ont parfois aucun lien actuel avec la France, sinon dans la mesure où elles partagent un héritage linguistique commun avec elle.
L’histoire coloniale de la France comme son rôle diplomatique expliquent la présence du français sur tous les continents. Les chiffres sont difficiles à vérifier d’autant que le français peut-être la langue maternelle ou une langue véhiculaire, cependant on estime le nombre des francophones dans une fourchette comprise entre 120 et 170 millions de personnes, dont plus de 8 millions au Canada

IV jeux de la francophonie

2001, Gatineau, Hull , (Outaouais),
Photo de P.-E. Larivière,
Don de P.-E. Larivière,
Fourni par Collège de l’Outaouais,
17,8 x 13,3 cm, P.-E. Larivière
© Le Québec en images, CCDMD.
Lors des IVes Jeux de la Francophonie,
le pont Interprovincial abrite
les kiosques de vendeuses et vendeurs.
Ils offrent aux touristes l’artisanat
produit dans leur pays d’origine.
Région de Hull-Ottawa, juillet 2001.

Aujourd’hui le français reste l’une des langues officielles de certaines organisations internationales telles que l’ONU ou le Comité International Olympique, et la langue de travail d’autres : l’Organisation maritime internationale à Londres, l’UNESCO à Paris, l’Union Internationale des Télécommunications à Genève, l’Union Postale Internationale à Berne…
Le lien entre États francophones s’est également resserré. Depuis 1986, ils sont plus d’une quarantaine à se réunir tous les deux ans environ, lors de congrès connus sous l’expression « sommets de la francophonie ». Ils rassemblent aujourd’hui plus de 55 pays. Les agences et les coopérations sont très nombreuses à l’image de l’AUPEL-UREF, l’association des Universités partiellement ou entièrement de langue française -l’Union des Réseaux d’Expression francophones, qui, entre autre chose, favorisent la mobilité des étudiants.
L’union des radios publiques de langue française diffuse également des émissions francophones fruits de collaboration.
Outre les États ou régions de la francophonie, il existe aussi des pays ou des territoires où l’on a maintenu une certaine francophilie. Certains pays sans réel passé francophone possèdent même des communautés francophones comme Veracruz au Mexique ou certaines villes industrielles de la Nouvelle-Angleterre aux E.U.

Le volet Arts et Cultures des IV jeux de la francophonie

2001, Gatineau, Hull , (Outaouais),
Photo de P.-E. Larivière,
Don de P.-E. Larivière,
Fourni par Collège de l’Outaouais,
17,8 x 13,3 cm, P.-E. Larivière
© Le Québec en images, CCDMD.
Le volet Arts et Cultures des
IVes Jeux de la Francophonie
nous fournit l’occasion de
voir évoluer des artistes africains.
Région de Hull-Ottawa, juillet 2001

L’identité culturelle de certains groupes francophones dépend directement du maintien de la langue française dans leurs régions ou pays. Le Québec en est un exemple : ses efforts pour défendre l’expression française voire instituer le français comme seule langue officielle ont traversé l’Atlantique.
La Louisiane présente une situation plus difficile : la disparition progressive de cette langue a incité les autorités locales à créer le Conseil pour le Développement du français en Louisiane (CODOFIL). Au-delà des structures officielles voire d’institutions, il ne faut pas perdre de vue le rôle et l’influence des arts et des artistes, y compris populaires. La célèbre chanson de Linda Lemay sur « les maudits français » en dit long sur les rapports entre les Français de France et les Québécois, et ne peut laisser indifférent tout touriste ayant franchi l’Atlantique pour la Belle Province.

La francophonie en Amérique du Nord est assez représentative de l’évolution du français. Un constat plutôt alarmant ne doit cacher les éléments de la survivance de la francophonie, au Québec ou en Acadie certes, mais aussi dans l’Ouest canadien ou même en Louisiane aux États-Unis.
L’anglais exerce une pression à partir des médias, de l’école et de la culture ; c’est le plus souvent la langue de travail, des médias et de la culture internationale. Dans les petites communautés francophones, l’utilisation du français ne relève que de l’oral, ce qui limite d’autant plus sa transmission. Pourtant des éléments de survivance existent à l’image du bilinguisme canadien. L’opposition à l’anglais ne doit évidemment pas être perçue comme une lutte fratricide entre deux mondes linguistiques, mais comme la volonté du maintien d’un respect mutuel entre les deux nations fondatrices. Malgré tout la connaissance du français par les anglophones reste largement et proportionnellement inférieure au nombre de francophones parlant anglais.
L’État a une part de responsabilité comme le montre les efforts du gouvernement québécois. Le Québec conduit une politique dynamique dans la cadre de la défense du français contre l’anglais, par la promotion de l’usage du français dans tous les domaines pour « compenser la précarité permanente du français en Amérique du Nord, face à l’hégémonie de l’anglais, langue dominante du Canada et des États-Unis voisins ».
Les initiatives s’appuient en particulier sur la Charte de la langue française de 1977. A l’échelle du Canada, la charte canadienne des droits et des libertés de 1982 doit favoriser l’accès des minorités, tant anglophones que francophones, à un enseignement dans leur langue.

Lors de tensions politiques et culturelles, teintées parfois de nationalisme, on peut observer la prise de mesures assez énergiques pour sauver ou protéger l’expression française. La célèbre loi 101 est de ce point de vue exemplaire.

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