Elaboration et articulation des plans de formation : le rôle du "passeur" publié le 03/05/2019  - mis à jour le 09/05/2019

Lien entre RECHERCHE - FORMATION - TERRAIN et le rôle des passeurs en éducation

Le rôle de "passeur"

Une fois cet état des lieux posé, il est possible de pouvoir commencer à réfléchir à la mise en place des plans de formation mais aussi de comprendre la difficulté de les construire.

Car selon l’objet de formation, cela implique nécessairement dans un premier temps de bien définir ce qui va être observé / étudié . Sinon, la formation pourra ne pas répondre à la demande du terrain.

Dans un second temps, les formateurs doivent pouvoir mobiliser les bonnes ressources / disciplines scientifiques afin d’articuler au mieux la demande du terrain avec la proposition effectuée.

Or, malgré les nombreuses recherches en éducation et résultats solides qui ont été confirmés, la recherche peine à toucher les enseignants dans leurs pratiques. Comme dit en préambule, la recherche n’a pas vocation à guider les pratiques. Mais la recherche apporte des clés de lecture selon les situations. Ensuite, c’est le praticien qui, en tant que professionnel, possède la capacité de faire des choix dans les apports reçus pour les mettre en pratique ou non.

C’est donc en cela que le rôle de chacun est important, notamment en éducation prioritaire où le rôle de passeur a tout son sens. En effet, si l’on met en parallèle le référentiel des compétences communes à tous les professeurs et personnels d’éducation et le référentiel de l’éducation prioritaire, il apparait qu’ils se répondent quant à la posture à avoir vis-à-vis de la recherche et de la formation.

Le document ci-après produit par le CAREP de l’académie de Poitiers tente de modéliser ces interactions et interdépendances.

Il apparait que pour les professeurs et personnels de l’éducation il est demandé d’actualiser leurs connaissances scientifiques mais aussi d’exprimer leurs besoins. Besoins qui sont transmis aux pilotes des réseaux d’éducation prioritaire qui, d’après le référentiel de 2014, doivent exprimer ces besoins dans les plans de formation dans leur diversité.
Car la spécificité de l’éducation prioritaire selon le référentiel n’est pas de répondre à une des six priorités, mais bien de répondre aux six priorités conjointement. Il s’agit là d’un enjeu majeur compte tenu du fait que tous ces éléments identifiés par le référentiel contribuent collectivement à la réussite des élèves.

Mais étant donné la complexité des situations des réseaux d’éducation prioritaire due à de multiples facteurs intrinsèques et extrinsèques, une personne seule ne peut porter la totalité de l’analyse des besoins. Le collectif est essentiel pour y parvenir.

Et c’est là que le rôle de passeur devient essentiel, voir vitale. Il est important que des personnels puissent relayer les demandes de terrain mais qu’également d’autres puissent proposer des réponses aux demandes légitimes du terrain.

Ce rôle peut être institutionnalisé par la fonction du personnel : formateur, conseiller pédagogique, principal, inspecteur, coordonnateur de réseau ... mais l’enseignant occupe également une fonction institutionnelle ; et il est invité à devenir également un acteur en tant que "passeur".

Le rôle de passeur peut se définir en amont d’une formation mais peut aussi se penser en aval d’une formation où le passeur va s’approprier des contenus et les transformer pour les rendre utilisables auprès des collègues de son environnement proche : l’essaimage.

Chacun porte donc à son niveau la responsabilité de la construction du plan de formation, et chacun à son niveau d’action peut avoir un rôle de passeur.
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