Initiation au projet scénographique publié le 23/03/2009

Bilan d'un stage de scénographie

Présentation des projets achevés

Pour La Fausse Suivante

  • des escaliers mystérieux
maquette escaliers vue d'en haut

Florent, Hanan et Alexandre ont exploité au maximum l’idée de passage permanent. Ils ont construit une boîte noire – ce sont les seuls à avoir construit intégralement la boîte du théâtre dans toutes ses dimensions ! - dans laquelle s’entrecroisent des escaliers blancs. Certains descendent dans un sous-sol que l’on ne voit pas. Les personnages peuvent arriver de n’importe où, ce qui donne un grand choix d’entrées et de sorties.
Il y a deux lieux principaux : les escaliers et le plateau. Ce dispositif est très impressionnant car on ne voit pas le bout des escaliers. Il inspire le mystère et la curiosité du spectateur.

  • ou une piscine

Laurène, Marie et Solène proposent un plateau vert (en herbe) avec une piscine au milieu. Dans un coin, une haie. Dans un autre coin, un salon de jardin en bois. Elles ont exploité l’idée d’un monde basé sur l’apparence. Elles l’ont actualisé : elle ont voulu le situer dans la jet-¬set, un monde de milliardaires hypocrites. La haie dans le coin sert à se cacher pour épier.
Cependant à y regarder de plus près, leur dispositif - piscine un peu étriquée, décor un peu « cheap » - évoque moins celle d’une villa de milliardaire que celle, parfaitement artificielle, d’un plan de lotissement ou mieux le décor d’une télé-réalité. Mais après tout pourquoi pas ? Manière de mettre à distance les illusions des personnages ou de retrouver un Marivaux expérimentateur implacable

Claudine pense à une mise en scène de Georges Dandin par Daniel Benoin en 1977 : avec pour parti pris la récupération de la culture par le monde des loisirs, il avait transposé l’action de Molière dans un Club de vacances, consacré à Molière ; la scénographie proposait devant un hôtel-club et ses bungalows, une piscine "couloir" semi-circulaire, entourée d’un bar et de chaises longues ; ironie la piscine était une pataugeoire autour de laquelle s’activaient les personnages en maillot de bain, mis en situation concrète dans une frénésie de plaisirs, au risque de parasiter l’action dramatique .

Pour NOUS LES HEROS

  • Le radeau de la Méduse

Laurène, Marie et Solène ont pris le parti d’une instabilité poussée à l’extrême. Un plateau noir sur lequel un plancher plus petit est posé en hauteur et en équilibre sur un mécanisme ( un fil de fer replié dans leur maquette !) qui permet au plancher de bouger : ainsi il peut basculer d’un côté ou de l’autre selon les tensions qui règnent dans la famille.
Sur ce plancher sont posés une table et des bancs blancs : un grand buffet pour les fiançailles.
Cette instabilité est due à la guerre, à l’avenir incertain du groupe. C’est un espace sans issue, ce qui augmente les tensions. Le plancher est miteux, ce qui montre que la situation financière est critique. L’image d’ensemble est celle d’un radeau sur lequel est embarquée la troupe à la dérive : image symbolique de leur errance et de leurs incertitudes
Le public est placé tout autour : l’aire du jeu expose les acteurs, mais chacun a un point de vue différent Cependant le public peut partager la peur par le déséquilibre constant du plateau.
Rétrospectivement j’ai été frappée par les points communs entre leur dispositif et celui proposé par Laurent Peduzzi pour la mise en scène de François Rancillac de Retour à la Citadelle, spectacle que nous avons découvert en janvier : une tournette qui multiplie les points de vue pour les spectateurs et dont les mouvements rythment la dramaturgie temporelle de l’œuvre ; sur le plateau nu une longue table dressée pour le banquet des retrouvailles

  • ou la fin du théâtre

Aliénor, Rebecca et Julie ont imaginé que cela se passe dans les loges d’un théâtre. Deux murs forment un coin. Tout est très miteux. Deux parties du mur laissent voir d’énormes fissures. Elles imaginent que la guerre qu’évoquent les personnages est une guerre culturelle. C’est leur théâtre qui est visé. Ainsi à la fin lorsque la guerre éclate, c’est illustré par la chute des morceaux des murs.

Leur dispositif, qui joue sur l’enfermement et la ruine, à la Beckett, nous incite à fantasmer sur le mystère de l’ailleurs : ni les personnages ni les spectateurs ne savent ce qui se passe derrière le mur, ni même si le théâtre existe. On peut imaginer que des bruits ambigus - de guerre ou de démolition – viennent inquiéter les personnages.

  • ou encore la métaphore d’une tombe

Par Amélie, Caroline et Quentin Plateau noir. Au milieu, un rectangle vert (de l’herbe). Sur ce rectangle, deux murs noirs forment un coin, qui devient un piège. Ils ont la possibilité de partir sur les côtés mais font le choix de ne pas le faire.

maquette l'enfoncement

Le carré d’herbe s’enfonce dans le sol au fur et à mesure de la pièce. Ce trou peut représenter un tombeau, sous l’herbe. Cette mise au tombeau peut représenter le poids des tensions, le climat pesant et la crainte de la guerre.
Bilans de Coline