Initiation au projet scénographique publié le 23/03/2009

Bilan d'un stage de scénographie

Regards sur la scénographie

Synthèse de plusieurs journaux de bord
Nous commençons, assis autour d’une grande table, à nous demander ce qu’est la scénographie.
La scénographie est la mise en espace d’une pièce. Elle doit faire l’objet d’une recherche sur le climat et l’atmosphère. Notons au passage que la première vision que le spectateur a du spectacle va conduire définitivement son regard sur la pièce. Le scénographe est donc responsable de l’image pour le spectateur comme de l’espace de jeu pour les acteurs.

La première chose à faire pour créer un décor est de s’appuyer sur le seul lien avec l’auteur : le texte. La scénographie n’est ni plus ni moins qu’un exercice d’interprétation. Il faut donc laisser tomber l’idée préconçue qui enferme la scénographie dans les didascalies. Les didascalies sont une aide mais en aucun cas des directives à suivre à tout prix, prudence !
Au théâtre, il n’y a pas de règles, tout est possible : il ne faut donc pas hésiter à proposer les idées les plus farfelues et les plus folles à condition qu’elles soient justifiées. Le scénographe ne peut avoir qu’une seule et même idée et doit ouvrir l’angle d’attaque de son regard. On peut tout montrer mais il s’agit d’interpréter. Par la scénographie, on interprète notre lecture d’un texte. Les choix artistiques peuvent être très différents selon la lecture d’une oeuvre. « On peut tout imaginer », tant qu’il y a de la cohérence.

Les premiers choix sont ceux de l’époque de référence : doit-on obligatoirement en choisir une ? Que signifie le parti pris d’une absence significative de repères dans le temps ? Se pose également la question d’un intérieur ou d’un extérieur.

Autre enjeu : le rapport scène salle qui offre un statut différent au spectateur. Nous ne sommes pas obligés de rester dans un dispositif frontal. Si la majorité des pièces que nous voyons ont un dispositif à l’italienne, cela tient à des raisons économiques : il est plus facile pour les metteurs en scène de vendre leur spectacle par la suite car la majorité des théâtre sont à l’italienne. Cela ne vient pas forcément d’une préférence du metteur en scène. En nous souvenant de nos cours sur l’espace théâtral, nous commençons par confronter différents types d’organisations du lieu théâtral : le théâtre circassien ou un dispositif en ring ; ou bien la disposition frontale en boîte ; ou encore la bi-frontalité qui permet aux spectateurs de se voir ; ou une configuration en couloir … Si l’on a fait le choix d’un théâtre en extérieur, se pose encore le choix d’un spectacle itinérant ou d’un spectacle fixe. Si les possibilités sont multiples, on se souvient que tous les modèles - historiques ou non - s’inspirent de deux principes de base : le théâtre en rond ou la boîte, l’encerclement ou le reculement
Pour les costumes, le scénographe a également un droit de regard. Il travaille en relation avec le costumier afin d’installer une cohérence. Notons que c’est, avant tout, un travail d’équipe.

Quel est l’intérêt de se poser toutes ces questions ? Il s’agit de trouver son propre cheminement. C’est le parcours du spectateur qui fait la fable et non l’inverse. Le scénographe comme le metteur en scène doit se mettre à la place du spectateur et adopter un regard extérieur ; dans la scénographie le puzzle des signes est reconstitué : le spectacle retrace son propre cheminement.