Certification complémentaire en DNL : témoignage et conseils d’une lauréate de l’examen publié le 24/09/2018

Témoignage et conseils d’un professeur d’histoire et géographie lauréat de l’examen de certification complémentaire en DNL (habilitation à enseigner en sections européennes et de langues orientales) en anglais.

Conception de mon enseignement de la seconde à la terminale (programmation ; évaluation) :

J’ai construit une programmation en fonction du programme officiel en histoire-géographie et en éducation civique, en veillant à explorer les trois dimensions sur les trois niveaux.
J’oriente cependant chacun des chapitres en fonction des thématiques qui me passionnent : l’espace vécu, l’espace rêvé en géographie ; la « multiperspectivity » et la « global history » en histoire m’inspirent pour trouver des documents-clés des pistes de réflexion.

Je veille à une progression chronologique de l’Antiquité à nos jours en histoire. (En seconde, par exemple nous travaillons sur Roman times in Britain-Middle Age in England  ; en première, les principaux chapitres sont : World War 1, World War 2 et Colonisation and decolonisation ; en terminale, the UK and Europe since 1945 ; the USA and the world since 1945.)

En géographie, je passe de thématiques globales en seconde (Food and water on earth) à une réflexion sur les territoires en première ; en terminale, je me concentre sur le jeu des échelles dans le chapitre sur la mondialisation.

En éducation civique, j’ancre la réflexion sur la démocratie et les droits dans l’histoire (la Magna Carta et les différents moments-clés de ce processus démocratique avec l’Habeas Corpus, la Glorious Revolution, la Révolution française (regards croisés sur la période). En première, la réflexion civique s’engage à travers les chapitres d’histoire : à partir du thème filé du volunteership pendant les deux guerres : j’aborde le thème de l’engagement individuel/collectif, les tensions entre ces deux dimensions.)

Je ne crois pas que cela soit un modèle à reproduire, je veux juste souligner que cette programmation est expliquée aux élèves en début d’année, les thèmes à explorer, les questions soulevées qui les amèneront à formuler une réponse personnelle par la réflexion et la confrontation à des documents authentiques, l’observation et l’analyse de situations en géographie.

Les capacités et méthodes travaillées s’appuient sur le cadre de référence en histoire-géographie . La contextualisation, expliquer le jeu des échelles, s’exprimer, développer un esprit critique, synthétiser sont au cœur des attendus à chaque séance. Comme pour l’enseignement en langue française, je privilégie une ou deux capacités par séance. C’est expliqué aux élèves avant la mise au travail.
La démarche pédagogique s’organise avec les différentes situations que l’on trouve dans les autres cours : le cours dialogué, le travail par groupes, l’interactivité…

Néanmoins je garde un rythme régulier pour chaque séquence :
Je veille d’abord en séance 1 à une première appropriation du vocabulaire du thème et du cadre général du thème.
Les séances 2, 3 sont consacrées à des explorations du thème avec une question-clé par les élèves en petits groupes. Il s’agit d’une tâche complexe où il faut croiser des documents, faire preuve d’autonomie, d’organisation, de collaboration.

La mise en commun sert à construire la trace écrite.

La tâche finale doit apporter une réponse personnelle au thème étudié selon des critères d’évaluation définis et qui reposent sur les compétences travaillées pendant la séquence.
Cette tâche finale prend des formes très variées : ce peut être un album illustré et commenté (a storytelling) avec un nombre de mots défini, en seconde ; une émission documentaire, en première, sur la décolonisation et les mémoires ; un débat sur la mondialisation en terminale ; une revue de presse …

Je veille d’une séance à l’autre à développer des auto-évaluations, à réactiver le vocabulaire-clé ou les repères-clés par des jeux à l’oral (warm up).

Tous les types d’évaluation sont utilisés tout au long de la séquence : auto-évaluation – évaluation par pair – formative-sommative.

Les outils :

La principale difficulté est qu’il n’y a pas de manuel. C’est aussi une chance, une vraie liberté donnée. Elle est angoissante au début mais avec quelques sites de références, quelques lectures fondamentales, on peut trouver une assise correcte et le plaisir d’un vrai travail d’artisan1 :

  • Mes lectures « basiques » (je les lis et relis) sont Philippe Chasseigne pour le Royaume-Uni, Denise Schnapper, Bernard Cottret ; André Kaspi pour les Etats-Unis, les livres de civilisation pour les premières années de langue anglaise à l’université.
  • J’ai aussi quelques lectures qui m’ont marquée, en particulier la géographe Claire Hancock, sur ce regard croisé entre Anglais et Français ; Paul Ward sur la Britishness ; beaucoup d’auteurs dans le cadre des Subaltern studies ou encore la bibliographie des concours de CAPES-Agrégation sur l’empire britannique ou Linda Colley sur les Britons.
  • J’utilise aussi des ouvrages pour enfants achetés au Royaume-Uni dans les sites du patrimoine. On peut les commander en ligne pour certains.
  • Le site de la BBC Bitesize et ww.history.com sont les sites que je visite et que j’utilise le plus. On y trouve des vidéos, des résumés accessibles pour le niveau B1 ; sur le site ww.BBC.Bitesize on trouve des leçons, des activités pour les élèves. J’utilise ainsi une vidéo très amusante sur la première guerre mondiale et la compréhension est testée avec un quizz. Il y a ensuite des questions plus larges à explorer.
  • Pour les deux guerres le site de la BBC est riche en activités pour les écoles primaires, avec des témoignages enregistrés, des activités. Le site de la BBC learning est aussi riche en thèmes et en courtes vidéos (classées par niveaux de langue avec la transcription et les mots-clés).
  • Le site du British Council est aussi très riche en ressources. Sans compter les contacts que l’on peut nouer avec des professeurs du Commonwealth via The British Council School online.
  • Les Speakeasy News de l’éditeur Nathan offrent des activités aussi prévues par niveau de langue et les thèmes sont souvent historiques, liés à l’actualité, ou portent sur certains pays du monde britannique. Il suffit de se créer un compte en ligne et on reçoit régulièrement les nouvelles activités sur notre messagerie.
  • Les grands musées donnent en ligne des activités, des œuvres sélectionnées qui sont des documents d’étude faciles d’accès. Une courte analyse est fournie. C’est un bon point de départ pour l’enseignant et/ou l’élève. Je peux citer l’Imperial War Museum et le British Museum.

Je ne peux être exhaustive et la priorité est bien au début de se familiariser avec certains.

Tous les collègues que j’ai pu croiser dans cette préparation à la certification complémentaire y ont trouvé un enrichissement, une motivation pour enseigner pour ainsi dire réactivée car c’est aussi un autre positionnement pour l’enseignant.

(1) Je cherche les sources, je les croise tout en cherchant comment les exploiter en fonction de mes objectifs d’apprentissage, j’expérimente avec les élèves, j’analyse les difficultés, les manques, les points forts aussi, je retravaille les séances…