Certification complémentaire en DNL : témoignage et conseils d’une lauréate de l’examen publié le 24/09/2018

Témoignage et conseils d’un professeur d’histoire et géographie lauréat de l’examen de certification complémentaire en DNL (habilitation à enseigner en sections européennes et de langues orientales) en anglais.

Mme Gy-Dupont, professeure d’histoire-géographie en Charente (lycée Beaulieu de Cognac) est lauréate de l’examen (session 2017) de certification complémentaire permettant d’enseigner une discipline dite non linguistique en section européenne et de langues orientales (voir rapports de jurys depuis 2009 sur le portail langues.)

Elle nous présente ici un témoignage personnel : avec autant de simplicité et d’humilité que de précision, elle évoque le parcours de formation, fait de tâtonnements puis plus solidement et méthodiquement construit, qui lui a permis de réussir très brillamment l’examen en 2017 sans se laisser décourager par les échecs subis précédemment.

On trouvera donc dans cet écrit utile un exemple (mais non un modèle, comme elle le dit elle-même1 de démarche de préparation efficace qui pourra guider les futurs candidats en complément des rapports de jurys publiés sur le portail des langues. On y trouvera aussi, ou surtout, une présentation de l’impact de cette préparation puis de l’exercice en SELO sur la pratique de l’enseignante, sur sa conception même du rôle du professeur, et sur certains gestes professionnels ainsi revisités (construction d’une progression, modalités de mise en activité des élèves, d’évaluation, etc.).

Motivation

C’est la rencontre du hasard et d’une passion profonde pour les langues étrangères qui m’ont conduite à enseigner dans les classes européennes. Une demande inattendue d’un chef d’établissement m’a conduite sans effort, simplement séduite par l’idée de lier mes deux passions, l’histoire et communiquer dans une autre langue, sur les chemins d’une préparation à la certification complémentaire.

Ayant tout récemment réussi, mais non sans peine le CAFEP externe, c’était pour moi me jeter dans un travail de fond en langue anglaise et dans la pédagogie appliquée en classes européennes. Mais où trouver les conseils ? Les références ?

Préparation à la certification complémentaire :

Il m’a fallu du temps, de recherches, parfois ou souvent vaines, des erreurs aussi avant de trouver un cadre de référence mais aussi acquérir une maîtrise approfondie de l’anglais.

C’est ce qui me motive aujourd’hui à donner quelques repères à ceux qui ont entrepris de relever ce que je qualifierai de véritable challenge, pour moi en tout cas.

J’ai d’abord privilégié le perfectionnement en anglais par une pratique quotidienne (d’écoute de la BBC, la lecture de médias, de livres) et par une pratique hebdomadaire avec un anglophone.
J’ai progressivement atteint les différents niveaux du CERCL, en passant des diplômes de compétences en langue à l’Université.

Pour ce qui est de l’histoire-géographie, j’ai peu à peu intensifié ma lecture d’ouvrages sur le Royaume-Uni. L’ampleur du monde britannique fait que j’ai privilégié le Royaume-Uni mais mes lectures ont de plus en plus couvert tous ces territoires. Je sélectionne mes lectures en fonction des bibliographies de CAPES-Agrégation.

Et pourtant cela ne suffit pas à comprendre ce qui fait la richesse d’un enseignement en classe européenne. L’objectif n’est pas simplement un éclairage en anglais sur le monde anglo-saxon.

Là réside la principale difficulté et c’est parce que je sais par quels tâtonnements, incertitudes parfois je suis passée, que je conseillerais de suivre un stage pour préparer la certification complémentaire dispensé dans différents organismes privés. En ce qui me concerne, cela a éclairé d’un coup les enjeux : trouver les références, les méthodes et la perspective.

Le socle de cet enseignement repose sur le CECRL. Je l’ai lu, relu : cela m’a aidée à conscientiser certaines pratiques, à les rationaliser, à anticiper davantage. J’avais l’impression avant de travailler dans le flou, je n’avais pas de cadre, il m’était difficile d’expliquer mon action en tant qu’enseignante. Cela a été une véritable révélation. Ainsi la tâche finale est-elle devenue la colonne vertébrale de mes séquences.

J’ai repris toute ma programmation à la lumière de ce que j’avais pu lire. Et j’y ai trouvé des pistes, une inspiration : ainsi comment concevoir des tâches finales, en variant le domaine visé, en veillant bien au transfert des compétences. Sans compter le mode d’évaluation.

Auparavant mon évaluation était « déconnectée » de celle du collègue d’anglais. J’avais des compétences en histoire-géographie, je ne savais que faire de l’évaluation linguistique. Le CERCL donne bien des pistes pour concevoir des grilles d’évaluation qui croisent les attendus des deux disciplines. On peut trouver sur Internet des grilles d’évaluation pour les classes de terminales, mises en ligne dans certaines académies. Je me sers de celle de l’académie de Nantes pour les oraux de mes terminales que j’organise avec ma collègue d’anglais.

Il me vient justement à l’esprit le rôle aussi très important des ressources humaines. J’ai eu la chance de rencontrer non seulement une professeure anglophone (avec laquelle j’ai pu approfondir la dimension interculturelle) mais aussi plusieurs collègues anglophones ou professeurs dans un autre établissement dans des sections européennes. Leur conseil, leur aide, leur regard critique m’ont guidée, aidée considérablement.

(1) Il revient à chacun de partir d’un « bilan de compétences et connaissances » personnel (qu’est-ce que je sais ? qu’est-ce que j’ignore encore sur les SELO, sur l’enseignement des langues ? quel est mon niveau de maîtrise de la langue présentée, de la phonologie liée, des cultures que véhicule cette langue ?) pour élaborer son propre programme de formation.
Par ailleurs, Mme Gy-Dupont a fait le choix d’effectuer un stage payant mais on peut se préparer tout aussi efficacement par d’autres voies, présentées par exemple dans les rapports de jury de l’examen. On peut s’inscrire aux stages du CIEP, travailler avec les assistants affectés à l’établissement, rencontrer des collègues enseignant déjà en SELO, etc.)