Journée académique d'actualités en nutrition publié le 25/11/2019  - mis à jour le 29/11/2019

Mardi 12 novembre 2019 au lycée Polyvalent Kyoto de Poitiers, plus de 90 enseignants en BTS diététique et diététiciens ont eu le privilège de participer à une Journée académique d’actualités en nutrition,

PNNS 4 / PNA / MICROBIOTE

En partenariat avec l’AFDN (Association Française des Diététiciens Nutritionnistes) et l’inspection académique de Biotechnologies, cette journée fut l’occasion de réunir autour de Mme Elisabeth Chaniaud, IA-IPR de Biotechnologies à Paris, M. Joël Cnockaert, IA-IPR de Biotechnologies à Montpellier et M. Pierre Narbonne, IA-IPR de Biotechnologies à Rennes, des enseignants issus de différents établissements de la France entière, pour actualiser leurs connaissances et échanger autour des enseignements du BTS diététique.


Ouverture de la journée

Mme Florence Urbaniak, diététicienne libérale à Poitiers, a présenté le programme de la journée :

  • Thème de la matinée : Les actualités du Plan National Alimentation Nutrition
  • Thème de l’après-midi : L’organisation des stages durant la formation initiale

Intervention Loi EGalim

La matinée a débuté par une intervention de M. David Brouque, chargé de mission au Service régional de l’Alimentation de la DRAAF Nouvelle-Aquitaine (site de Bordeaux).

La loi EGalim, nouvelles exigences sur l’offre alimentaire en restauration collective

La loi EGalim, loi française, adoptée définitivement par le parlement le 30 octobre 2018, comprend à la fois :

  • des dispositions tendant à l’amélioration de l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire (juste rémunération des agriculteurs, préservation de la capacité de production agricole...) ;
    et
  • des mesures en faveur d’une alimentation saine, de qualité durable, accessible à tous et respectueuse du bien-être animal (le gouvernement fait de la politique de l’alimentation un moteur de réduction des inégalités sociales).

Au menu de cette loi EGalim, encore appelée plus couramment la "Loi Alimentation", cinq actions phares :

 Produits de qualité dans les assiettes ;
 Information des convives et affichage ;
 Diversification des protéines et menu végétarien ;
 Diminution de l’utilisation du plastique ;
 Lutte contre le gaspillage alimentaire.

M.David Brouque a ainsi détaillé les articles de la loi relatifs à ces actions phares.

L’article 24, qui concerne l’approvisionnement, impose au plus tard, le premier janvier 2022, pour toutes les restaurations collectives dont les personnes morales de droit public ou privé sont en charge d’une mission de service public (services de restauration scolaire et universitaire, services de restauration des établissements d’accueil des enfants de moins de six ans, des établissements de santé, des établissements sociaux et médicosociaux et des établissements pénitentiaires…) 50 % ou plus :

  • de produits biologiques ou en conversion
  • de produits acquis en tenant compte du coût des externalités environnementales au long de leur cycle de vie 
  • de produits bénéficiant d’autres signes de qualité ou de mentions valorisantes
  • de produits issus d’exploitations avec un niveau de « certification environnementale » jusqu’au 31/12/2029 et à compter de 2030, les produits issus d’exploitations ayant la certification environnementale HVE niveau 3
  • de produits bénéficiant de l’écolabel « pêche durable »
  • de produits bénéficiant du symbole graphique en faveur des régions ultrapériphériques de l’UE 
  • de produits équivalents.

Parmi ces 50 %, 20% devront être BIO. Ces produits seront sous le signe label rouge, l’appellation d’origine (AOP), la mention indication géographique (IGP), la spécialité traditionnelle garantie (STG) ou des mentions valorisantes (fermier ou produit à la ferme) et la mention « issu d’une exploitation de haute valeur environnementale » (HVE) et jusqu’au 31/12/2029 disposant d’une certification environnementale de niveau 2.

Pour se faire, au niveau régional, est mentionnée la création d’un CRALIM, instance de concertation pour la mise en œuvre au niveau régional du PNA (Programme national pour l’alimentation), qui se réunira au moins une fois par an et qui est chargée de faire appliquer les objectifs relatifs à l’approvisionnement de la restauration collective définis par la loi.

C’est ainsi qu’à titre expérimental, l’article 26 précise que :
pour une durée de 3 ans, les collectivités qui le souhaitent peuvent rendre obligatoire l’affichage de la composition des menus dans leurs services de restauration.

Les Articles 24, 29, 45 et 90  apportent des informations concernant la nutrition.

Les usagers des restaurations scolaires, entre autres, devront être consultés et informés régulièrement sur le respect de la qualité alimentaire et nutritionnelle des repas servis. Dans ces mêmes structures, depuis le 1er novembre 2019, une expérimentation à grande échelle teste pendant 2 ans la mise en place, au moins une fois par semaine, d’un menu végétarien (à base de protéines animales ou végétales).

Les articles 28 et 53 concernent les mesures en lien avec l’environnement et la santé.


 Interdiction, au 1er janvier 2020, de l’utilisation de bouteilles d’eau plate en plastique dans le cadre des services de restauration collective scolaire (dérogation pour les territoires non desservis par un réseau d’eau potable).
 Interdiction de la commercialisation de pailles, couverts, piques à steak, couvercles à verre jetables, plateaux-repas, pots à glace, saladiers, boîtes et bâtonnets mélangeurs pour boissons en matière plastique.
 Interdiction, au 1er janvier 2025, d’utiliser des contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique dans les services de restauration collective scolaire, universitaire et d’accueil des enfants de moins de 6 ans (1er janvier 2028 pour les collectivités de moins de 2000 habitants).

Enfin la lutte contre le gaspillage alimentaire n’est pas non plus oubliée (Articles 62, 66 et 88) avec par exemple :

* l’interdiction de rendre impropre à la consommation les invendus alimentaires encore consommables en restauration collective ;
* l’extension des obligations de partenariats avec des associations d’aide alimentaire (loi de février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire) à certains opérateurs de l’industrie agro-alimentaire et aux opérateurs de la restauration collective dont le nombre de repas préparés est supérieur à 3000/jour ; 
* l’imposition à certains opérateurs de l’industrie agro-alimentaire et de la restauration collective de rendre publics leurs engagements en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire, notamment les procédures de contrôle interne qu’ils mettent en œuvre en la matière.