Formation Santé et EMC publié le 27/01/2018

Conférence de Mme Brigitte Estève-Bellebeau

Puis vint la conférence de Mme Brigitte Estève-Bellebeau, membre de plusieurs comités de réflexion et de décision à propos de l’éthique médicale, et chargée des cours d’éthique à la faculté de médecine de Bordeaux :

EMC et Santé : la voie de l’éthique se fait entendre.
Tout a démarré par une question : Consentez-vous à prendre pour remède ce médicament ?

 Entrée dans le vif du sujet à propos du consentement libre et (pas toujours) éclairé, Mme Estève-Bellebeau a commencé par préciser que l’éthique est en pleine expansion, que les comités d’éthique sont de plus en plus nombreux, mais que pour éviter l’instrumentalisation c’est l’éducation qui pourra changer le regard sur l’éthique : transmettre des valeurs, lutter contre les discriminations, respecter la dignité de la personne...

Deux approches par lesquelles entrer dans l’éthique en EMC :

l’éthique environnementale = liens avec l’écologie

Mme Estève-Bellebeau a rappelé qu’il faut des crises pour que le monde bouge :

 XIXème siècle = révolution industrielle ; des discours tentent d’alerter la population humaine ainsi sensibilisée et on précise à cette occasion que la nature aurait des droits.

 1992 = notion de crise environnementale lors du sommet de la terre de Rio de Janeiro. Et en même temps a lieu l’appel de Heidelberg par Michel Salomon, qui s’attache à dénoncer « l’émergence d’une idéologie irrationnelle qui s’oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement scientifique et social » : limiter les progrès technoscientifiques est irrationnel.
On ne peut pas freiner les progrès, de nombreux scientifiques signent cet appel publié à l’occasion de la Conférence des Nations unies sur l’environnement et le développement en 1992.

la Bioéthique ou éthique biomédicale = liens avec l’homme, le vivant

 La santé c’est le bien-être, essence même de l’existence.
Pour être en forme je dois cultiver des performances = mon objet connecté (smartphone avec mesure du pouls, prise de température... ou ma montre connectée…) va m’expliquer comment me comporter.

 Diverses entrées sont envisageables : le lien e-santé et télémédecine, la télémédecine dans le monde carcéral, l’éducation à la santé pour les malades chroniques, l’anonymisation des données...

 Mais que l’on parte de la technique ou de la santé pour aborder l’éthique en EMC, ces deux voies convergent vers une même cible : le concept de la responsabilité.

Actuellement la notion de responsabilité est celle de l’imputation : il faut prendre en compte les êtres qui ne sont pas encore nés.
Quelques collègues en formation le 23 janvier

Quelques collègues en formation attentifs lors de la conférence de Mme Estève-Bellebeau le 23 janvier 2018

Tout en ponctuant sa conférence passionnante d’expériences (expérience de Milgram), de textes (l’Ars Moriendi) et de livres (Le miasme et la jonquille de Alain Corbain), Mme Estève-Bellebeau a donné des exemples de questions pouvant faire l’objet de débats argumentés :

  • Comment prendre soin de la vie humaine (dans son écosystème) ? selon l’approche santé ou environnement.
  • Vaut-il mieux réparer le vivant via des ciseaux génétiques ou vaut-il mieux l’augmenter ?
  • Peut-on améliorer l’homme ?...