Interroger l’évaluation grâce au numérique, savoir et inventer publié le 22/02/2022  - mis à jour le 07/03/2022

Pages : 12

Interroger l’évaluation grâce au numérique était la thématique du Créathon 2022, 8ème édition de ce concours centré sur le numérique pour l’éducation, organisé par le réseau Canopé et ses partenaires. 63 équipes ont croisé leurs regards et unis leurs intelligences.

Après avoir lu individuellement des documents de synthèse pour définir les termes du sujet, les candidats sont entrés dans une réflexion guidée. Chaque équipe a défini une problématique lui semblant importante, puis a inventé et présenté une solution possible. Le tout en 24H.
Un jury a ensuite co-évalué ce travail, afin de retenir 8 avant-projets.

Des bulletins de veille pour inspirer

Les candidats ont reçu avant le hackathon 5 bulletins de veille apportant définitions et résumés d’études, rédigés par la direction de la recherche et du développement sur les usages du numérique éducatif.

Numérique et évaluation :

Le numérique est défini dans ces bulletins comme un ensemble de techniques, d’équipements, de logiciels, de ressources, mais aussi d’usages, de pratiques, de comportements et de valeurs liés à l’usage d’internet.

Exemples de ce qui impacte l’évaluation :
 les canaux de communication entre pairs, formateurs, apprenants-formateurs, formateurs-familles se diversifient et existent au-delà des lieux d’apprentissage.
 L’évaluation de ses propres pratiques peut se faire notamment par des confrontations de pratiques avec des pairs potentiellement éloignés physiquement, mais proches cognitivement.
 L’accès à l’information facilité peut donner des opportunités pour mieux comprendre une notion ou pour réaliser son travail.

Des questions doivent être examinées dans le choix d’outils et d’usages :

  •  l’utilité en matière d’apprentissage mais aussi le fait qu’ils soient utilisables et acceptables ;
  •  le respect des droits de chacun quant à la protection des données personnelles ;
  •  les conséquences environnementales (consommation d’énergie, de matériel) ;
  •  le coût pour acquérir l’objet ou s’approprier l’usage.

Evaluation et apprentissages

Les liens entre évaluation et apprentissage sont rappelés dans ces bulletins :

 l’évaluation peut soutenir les apprentissages. L’évaluation formative se base sur des critères connus de l’apprenant et sécurise ce dernier. L’évaluation formatrice lui permet en outre de réguler son apprentissage.
 l’évaluation peut aussi témoigner des acquis, quand il s’agit de faire un pronostic, de valider une formation, de savoir si l’apprenant passe à un niveau supérieur, ou d’adapter un parcours pédagogique.

François-Marie Gérard1 invite à la vigilance :
 lorsque les évaluations sont trop nombreuses elles induisent des stratégies de "réussite de l’évaluation" préjudiciables aux apprentissages (le fameux bachotage...) ;
 il faut annoncer ce qu’on évalue et dans quel but ;
 il y a toujours le risque de faire porter l’évaluation sur « ce qu’est l’élève », et non pas sur « ce qu’il a appris ».

Réflexivité, le rôle de l’enseignant

Selon les bulletins 4 et 5 (voir ci-dessous), pour apprendre à apprendre il faut développer des aptitudes d’analyse, la capacité de faire du lien entre un savoir, une information et un discours. Il faut aussi savoir critiquer et questionner les sources et ressources.
Dans l’évaluation formative la réflexion qui succède à une erreur permet à l’apprenant de la comprendre et à l’enseignant d’adapter son enseignement.

Motivation : il est souhaitable que l’apprenant soit informé sur les critères, pour qu’il s’implique dans le processus.

Rétroactions : elles permettent de progresser, et peuvent prendre la forme d’échanges, de questions, de conseils dans le choix des ressources, de transmission de ressources, d’une nouvelle explication.

Pédagogies actives : L’enseignant/formateur peut évaluer en observant les apprenants en activité. Cela permet de percevoir les dynamiques dans les groupes, les questionnements et réflexions des apprenants. Cette modalité donne aussi l’occasion de répondre aux interrogations.

Co-évaluation et auto évaluation

Les interactions entre apprenants : elles sont intéressantes aussi bien pour les élèves qui ont des facilités de compréhension, auxquels elles apportent des occasions de préciser et d’ancrer leurs savoirs, que pour les élèves ayant des difficultés, qui bénéficient d’explications intermédiaires et de reformulations par leur camarades.

Le rôle de l’enseignant est important pour encourager la démarche d’autoévaluation, accompagner le rapport à l’erreur, la recherche d’information et le choix de sources pertinentes.

Les exerciseurs numériques peuvent être des alliés en permettant de se tester individuellement et à l’abri des regards, mais selon André Tricot et Franck Amadieu leur bénéfice est limité aux situations dans lesquelles ce qui est vrai est clairement délimité.

Valeur ajoutée numérique Andre Tricot Francais plus

Pour aller plus loin

 Gérard François-Marie, « L’évaluation au service de la régulation des apprentissages : enjeux, nécessités et difficultés », in Revue française de linguistique appliquée, vol. XVIII, 2013
 Nunziati Georgette, « L’évaluation formatrice : une démarche de régulation conduite par l’apprenant », 1988.
 Les 5 bulletins de veille "évaluation et numérique" fournis par Canopé, sur le site de l’agence des usages

(1) Psychopédagogue, enseignant du primaire au supérieur, chercheur, formateur d’adultes, directeur adjoint du BIEF (Bureau d’Ingénierie en Éducation et en Formation, Louvain-la-Neuve, organisme de conseil en éducation et en formation)

Documents joints

Développer la réflexivité dans les apprentissages
L’accompagnement de l’enseignant/formateur
Observer - aiguiller

Développer la réflexivité dans les apprentissages
Evaluation entre pairs
Auto évaluation
2021

L’évaluation pour les apprentissages et pour apprendre à évaluer.
Ressource du Centre franco-ontarien de ressources pédagogiques