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article Ecouter de la musique en classe     -    publié le 10/05/2011

  1. Dire aux enfants « Vous allez écouter une musique et je vous demanderai de dire tout ce que vous avez entendu ».
  2. Écoute courte (quelques minutes)
  3. Question : « Qu’avez-vous entendu ? »
    Éviter les questions comme « est-ce que cela vous plaît ? qui n’induisent pas de réponses objectives et qui font que la classe s’enlise rapidement dans le « c’est beau, ce n’est pas beau ». Ne pas non plus enfermer les élèves avec une première question comme « quels instruments avez-vous entendus ? », qui réduirait l’écoute musicale à une reconnaissance technique d’instruments.
    La question « qu’avez-vous entendu ? » permet tous types de réponses, et c’est à partir des premières réponses que l’enseignant pourra affiner son questionnement de façon à amener les enfants à séparer les éléments objectifs des éléments subjectifs « entendus », et à les mettre en relation pour appréhender la démarche du compositeur. (voir annexe)

• Recevoir les réponses des élèves

Les réponses des élèves portent généralement sur :

Les éléments sonores objectifs :

  • Instruments entendus
  • Voix
  • Bruits, etc.

Les éléments sonores subjectifs :

  • Des chevaux qui courent
  • L’orage, la pluie, etc.

Le genre

  • Chanson, berceuse
  • Marche militaire
  • Danse
  • Musique de film, etc.

Le caractère

  • Doux, fort
  • Triste, joyeux
  • Pour dormir, pour danser…

Accepter toutes les réponses dans un premier temps, puis les faire valider par la classe par une autre écoute. Affiner les réponses par un questionnement.

Exemple : On entend chanter, mais qui chante ? (voix d’homme, de femme, d’enfant) Pourquoi ? (plus grave, plus aigue…)
Comment s’organisent les voix ? (simultanéité, alternance…) Que disent-elles ? (des mots, des bruits, des vocalises)
Dans quelles langues ?
Êtes-vous capable de rechanter un passage ? Etc.
Parfois ce questionnement peut éventuellement donner lieu à un codage.

• Donner des consignes précises

Selon l’objectif que l’on s’est fixé, donner des consignes précises de réécoute :

Exemple 1
Objectif : Repérer la chronologie des entrées des éléments sonores.
Consigne : Vous allez écouter le début et dire ce que l’on entend en premier, en second, etc. Ceci peut donner lieu à l’établissement d’un codage écrit, horizontal pour les éléments successifs, vertical pour les éléments simultanés. On pourra dans certains cas comparer la partition ainsi obtenue à la partition originale afin de trouver les similitudes. On peut aussi à partir de ce repérage engager un travail corporel en réponse aux différents éléments sonores .

Exemple 2
Objectif : Faire reproduire une ou plusieurs cellules rythmiques repérables dans l’œuvre étudiée.
Consigne : Ecoutez attentivement les cymbales (ou autre) pour essayer de reproduire le rythme en frappant sur vos genoux (ou autre).
La cellule rythmique identifiée pourra faire l’objet elle aussi de propositions de codage, pour mémoire. Les enfants la maîtrisant, elle rejoindra les « outils sonores » de la classe et pourra être utilisée lors d’une création ou d’un accompagnement d’un chant connu.

Exemple 3
Objectif : Identifier un thème musical et être capable de le reproduire.
Consigne : Ecoutez bien ce passage afin de pouvoir le rechanter.
Il doit s’agir, bien sur d’un thème simple, adapté à la tessiture des enfants.

On pourrait multiplier les exemples. Pour une même œuvre, plusieurs objectifs peuvent être envisagés et les 3 exemples cités ici pourraient s’appliquer à la même écoute. Cela nécessitera peut-être plusieurs séances.

On ne peut travailler en musique que sur ce que l’on a réellement entendu, aussi est-il essentiel de multiplier les écoutes d’un même passage afin de permettre à chaque enfant d’avoir bien saisi chacun des éléments. Les réécoutes ne sont jamais lassantes quand elles font préalablement l’objet d’une consigne de recherche. Ceci est comparable à la lecture d’un texte ; les enfants peuvent être motivés par la relecture d’un texte connu dans la mesure où ils ont une recherche précise à effectuer sur ce texte.

• Annexe : le duo des chats

Après l’écoute du « duo des chats » de Rossini, les enfants disent : On entend deux chats (subjectif)
Enseignant : Est-ce que se sont de vrais chats ? enfants : non, des chanteurs.
Enseignant : Pourquoi 2 chanteurs ? enfants : une voix plus aigue, une plus grave.
Enseignant : Pourquoi pense-t-on à des chats ? enfants : Ils ne disent que Miaou.

Ici, le procédé d’écriture de Rossini est établi : Il veut suggérer un chat et une chatte qui se rencontrent (subjectif). Il utilise deux voix différentes et comme seules paroles « miaou » (éléments objectifs).
Les « chats » se rencontrent et dialoguent (subjectif) : écriture des voix en alternance (éléments objectifs).
Dans la deuxième partie, les chats s’entendent bien (sub.) : écriture en voix simultanées (obj.).etc.

Par ce questionnement, on amène les enfants à passer de ce que le compositeur Rossini à souhaité illustrer, à comment il s’y est pris pour l’illustrer.

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