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article Exposition COMBAS - ERRO "figuration Libre - figuration narrative" - temple de Chauray     -    publié le 20/02/2015

Exposition COMBAS - ERRO

Un événement exceptionnel dans cette petite bourgade à la bordure de Niort, creuset des mutuelles et de notre regrettée Camif, village dortoir où siège le Temple superbement restauré et aménagé accueillant en son sein, parfois, de remarquables expositions.

C’est d’évidence un rendez-vous à ne pas manquer même si on n’adhère pas total à la plastique et aux positions et pensées figuratives de ces deux monstres des deux derniers grands mouvements artistiques - dignes de ce nom - de cette fin de siècle millénairement artistique. Deux héros (excusez l’abus de l’homonymie) des deux générations, celles de nos maîtres (aux Beaux-arts, j’en profite ici pour rendre hommage à notre feu professeur de peinture Gérard Tisserand, artiste de la coopérative des Malassis proche de la figuration narrative) et la nôtre où l’on voyait nos yeux emplis et d’admiration et d’humeur radieuses pour ces étoiles montantes et révolutionnaires de la figuration libre (et tous ses avatars comme la Bad Painting, Nouveaux Fauves, la figuration savante, etc.) , dont Robert Combas était le héraut. Naturellement des zestes d’opposition que l’on nomme substantiellement « conflit de générations » se faisaient jour. Mais l’on s’entendait bien globalement, même si nos maîtres d’alors (qui se refusaient à l’être (par idéologie ?) et souhaitaient l’abolition des conflits de) nous disaient qu’ils allaient se brûler les ailes, qu’ils savaient de quoi ils causaient, et que patati et patatate…
Je ne vous cause pas de nos maîtres suiveurs des mouvements supports/surfaces et autres tenants du conceptualisme galopant.

Voilà voilà, voilà, il y avait encore un peu de vibration dans l’air, les ondes colorées étaient sollicitées, l’art n’était pas mort, certains nous le prouvaient encore. Et exprès en plus, maladroitement qui plus est, avec un usage emprunt à la grande brutalité plastiques de l’Art Brut, de Picasso et à ses assassinats des styles, à la violence de la touche d’un Rembrandt, à l’ardeur barbouillante d’un Greco, aux couleurs acidulées fraises tagada de Warhol et de Wesselman, à l’insolence d’un Chaissac, aux bons trucs de la bande dessinée, aux abus de l’imagerie industrielle foudroyante...
Bref il fallait que ça se dise avec des formes et des couleurs qui convenaient pour le dire, le langage pictural se renouvelait sous un autre aspect, qu’on le veuille ou non, il y avait une présence sur la scène artistique internationale qui s’installait et qui clamait tout fort les sulfures et indigestions que notre pauvre monde commençait à vivre, et qui ne nous lâcheraient plus (on n’arrête pas le progrès ma brave dame). Tout comme à l’époque de la figuration narrative des Erro, Arroyo, Monory, Adami… peindre était dépeindre le monde politico-économico-social dans toute sa splendeur, créer était Engagement Suprême.

J’irai à cette exposition avec un plaisir exquis et intense me régénérer les neurones, me déranger la caboche, me paradoxer les convictions, m’entourniquer les valeurs. Et parce que l’invite de Combas suffit à elle seule à nous y mener : « Viens donc parler avec moi, je veux te raconter la stupidité, la violence, la beauté, la haine, l’amour, le sérieux et le drôle, la logique et l’absurde qui entourent notre vie quotidienne ».in Robert Combas, édition reliée sous coffret Paris-Musée.

Forcément bon pour ce qu’on a.

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