Concevoir des outils pédagogiques avec l'intelligence artificielle : premiers essais et pistes de réflexion publié le 29/06/2026

TraAM 2025- 2026 : Différencier en mathématiques avec le numérique

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Depuis quelques années, les intelligences artificielles génératives deviennent progressivement accessibles au grand public. Elles ouvrent de nouvelles possibilités pour les enseignants, notamment dans la conception de ressources ou d’outils numériques adaptés à leurs besoins.

À titre personnel, je me suis intéressée à ces outils avec une idée simple : explorer dans quelle mesure ils pouvaient m’aider à gagner du temps sur certaines tâches techniques afin de consacrer davantage de temps à la réflexion pédagogique.

Cet article ne prétend pas présenter des pratiques expertes ni des solutions abouties. Il s’agit plutôt d’un retour d’expérimentation, avec ses réussites, ses limites et les nombreuses questions qui demeurent encore ouvertes.

Les exemples présentés reposent sur des outils développés progressivement à l’aide d’intelligences artificielles génératives, telle que Chatgpt (version payante ou gratuite), selon une démarche souvent qualifiée de « vibe coding », consistant à décrire ses besoins en langage naturel afin de faire évoluer progressivement une application.

Quels apports observés ?

Même avec un recul encore limité, plusieurs éléments semblent intéressants.

L’intelligence artificielle permet parfois de réaliser plus rapidement certaines tâches de développement ou de mise en forme qui auraient nécessité davantage de temps ou de compétences techniques spécifiques.

Elle offre également la possibilité de créer des outils très proches de ses besoins réels de terrain, ce qui n’est pas toujours possible avec les solutions existantes.

Pour autant, il serait probablement excessif de parler de gain de temps systématique. Les échanges avec l’IA, les tests successifs, les corrections et les ajustements demandent eux aussi du temps. Dans certains cas, le bénéfice est réel ; dans d’autres, l’investissement peut s’avérer plus important qu’attendu.

À ce stade, il semble surtout intéressant de considérer l’IA comme un outil permettant de faciliter certaines expérimentations et de rendre plus accessibles des projets qui auraient auparavant nécessité des compétences en programmation plus avancées.

Quelques précautions indispensables

L’utilisation de l’intelligence artificielle dans un contexte professionnel soulève de nombreuses questions qui dépassent largement le cadre de cet article.

Les contenus produits doivent être systématiquement relus et vérifiés. Les erreurs, approximations ou choix pédagogiques discutables restent fréquents. L’enseignant conserve donc un rôle central d’analyse, de validation et de décision.

Par ailleurs, les solutions actuellement accessibles sont encore imparfaites. Les versions gratuites limitent souvent les possibilités de développement et il n’existe pas, à ce jour, d’intelligence artificielle institutionnelle proposée par l’Éducation nationale pour accompagner ce type d’usages.

Enfin, l’impact environnemental de ces technologies ne peut être ignoré. L’utilisation de modèles d’intelligence artificielle mobilise d’importantes ressources matérielles et énergétiques. Cette réalité invite à privilégier des usages raisonnés, ciblés et réellement utiles plutôt qu’un recours systématique à ces outils.

Avec le recul encore limité dont je dispose, il me semble difficile de tirer des conclusions définitives. En revanche, ces premières expérimentations me conduisent à considérer l’intelligence artificielle comme un outil potentiellement intéressant pour accompagner certaines tâches de conception ou de développement, à condition de conserver un regard critique sur les productions générées et de garder l’expertise pédagogique au cœur des décisions.