Le Français, ça sert à rien ! publié le 01/09/2025

Vidéo sur l'intérêt de l'enseignement du français en voie professionnelle

Le Français ça ne sert à rien !

Le Français, ça sert à rien – Un court-métrage réalisé par les élèves de 1re Bac Pro TMATF du Lycée du Pays d’Aunis.

Contexte et objectif de l’activité :

Ce court-métrage a été réalisé dans le cadre de la co-intervention Français/Enseignement professionnel en classe de Terminale Bac Pro Technicien Menuisier Agenceur (TMATF), en lien avec le programme limitatif de français intitulé « Rythmes et cadences de la vie quotidienne : quel temps pour soi ? ».

L’objectif de ce projet était double : d’une part, permettre aux élèves de s’approprier les enjeux de cet objet d’étude à travers une démarche réflexive, créative et inductive ; d’autre part, les amener à prendre conscience, par l’expérience, de la portée transversale et concrète de la maîtrise de la langue dans leur quotidien personnel, social et professionnel.

Le point de départ repose sur une provocation feinte : « Le français, ça ne sert à rien. » Cette formule, souvent entendue dans les propos d’élèves, a été utilisée comme levier pédagogique pour amorcer une réflexion critique sur les usages de la langue. À partir de là, les élèves ont conçu des saynètes illustrant des moments de vie quotidienne ou professionnelle, dans lesquels l’absence de vocabulaire précis, les maladresses syntaxiques ou l’incapacité à structurer une pensée claire peuvent devenir source de malentendus, de tensions ou d’échecs de communication.

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L’un des fils rouges du film est la récurrence de cette plainte, formulée par le personnage de Robin : « J’ai l’impression de perdre mon temps. »

Ce leitmotiv, loin d’être anecdotique, ancre le projet dans une réflexion profonde sur le rapport au temps. Il permet de mettre en tension le ressenti immédiat des élèves face à l’institution scolaire avec les finalités plus longues et souvent invisibles de l’apprentissage. L’enseignante lui répond alors que ces heures ne sont pas une perte, mais une opportunité : apprendre à prendre le temps, à penser le temps, à réfléchir aux rythmes de la vie quotidienne, souvent cadencée par les impératifs professionnels. Le choix de cet objet d’étude permet ainsi un travail méta-réflexif : les élèves interrogent, à
travers le film, leur propre rapport au temps scolaire, au temps libre, au travail, et à la construction progressive de soi.

Ce projet engage une mobilisation concrète de plusieurs dimensions essentielles de l’enseignement du français :

  • La compétence langagière, dans ses volets scriptural et oral, avec une attention portée à la richesse lexicale, à la précision grammaticale et à la clarté discursive.
  • La compétence pragmatique, par l’adaptation du langage à des contextes réels et à des interactions diverses (client, collègue,administration, etc.).
  • La compétence culturelle, nourrie par l’étude d’oeuvres littéraires abordant les thèmes de la contrainte, de la liberté, du travail et de l’aliénation temporelle.
  • La compétence réflexive, développée par l’analyse des situations mises en scène, et par l’écriture dialoguée qui oblige à penser l’implicite, les sous-entendus, les registres de langue.
  • La compétence numérique et médiatique, sollicitée dans les phases de tournage et de post-production.
  • Enfin, ce film met en lumière ce que la didactique du français vise profondément : faire de la langue un outil d’émancipation intellectuelle et sociale. Il ne s’agit pas seulement d’acquérir un vocabulaire technique ou des savoirs scolaires, mais bien de comprendre le rôle structurant du langage dans toutes les disciplines, dans les relations humaines, et dans l’accès à une pensée personnelle.
Le français n’est pas un temps perdu : il est ce temps pris pour mieux vivre les autres.

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Contexte et objectif de l'activité :

Auteur

 Naziha Hadri

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