Un clip pour un slam publié le 18/06/2026

Dans les coulisses d’un tournage

Contexte et objectif de la séance

Dans le cadre des Parcours éducatifs de Grand Cognac, les collèges Félix Gaillard et Claude Boucher (Cognac) se sont vus proposer un projet d’éducation artistique et culturelle pour une classe de SEGPA de chaque établissement, à développer sur 3 années scolaires, de la 6e à la 4e. A Félix Gaillard, nous avons choisi de nous associer au slameur Maël Marqueteau, dit Onizu-k.
L’objectif de la première année fut d’initier les élèves au slam, forme de poésie orale et rythmée, à l’écrit comme à l’oral, puis de composer, interpréter et enregistrer un morceau. Lors de la deuxième année, l’objectif fut de créer un parcours poétique dans notre ville, en lien avec le Printemps des poètes. Un nouveau morceau accompagné d’un travail graphique a été conçu et a abouti à une grande exposition dans Cognac (créations graphiques, toutes contenant un QRcode renvoyant au slam). Pour la troisième et dernière année, une fois le dernier slam crée, l’objectif a consisté à réaliser un clip vidéo. Pour cela nous avons fait appel au réalisateur Lucas Khamvongsa.

Plus-value du numérique dans cette séance

Le numérique est fondamental dans ce projet de tournage. Les élèves ont ainsi pu développer de nombreuses compétences :

  • sur le plan des apprentissages techniques. Cet aspect a été délégué au réalisateur qui disposait du savoir-faire et de l’équipement nécessaire à la captation de l’image (ce qui garantissait en outre la qualité visuelle de la production finale). Avec lui, les élèves ont été initiés à l’usage d’un matériel professionnel et à l’acquisition de compétences de base (enregistrer, cadrer, recharger, sauvegarder, etc.).
  • sur le plan des apprentissages théoriques. Nous avons travaillé en classe sur les différentes étapes de réalisation d’un film, l’écriture d’un synopsis, d’un storyboard, les valeurs et échelles de plans, l’analyse d’image, etc. Ce travail a été facilité par la participation de la classe les deux années précédentes au dispositif « Collège au cinéma » (https://ww2.ac-poitiers.fr/daac/spi...). Notons que nous avons mis de côté le travail sur le son qui avait été précédemment traité par le slameur.

La plus-value du numérique est donc patente sur la question de l’éducation à l’image.

Modalités de mise en œuvre

  • Niveau éducatif : 1 classe de 4e SEGPA
  • Durée : 4h d’atelier et 2 journées de tournage
  • Matériel à disposition : 1 steadicam, 1 TNI
  • Applications numériques utilisées : le PAD de l’ENT
  • Pré-requis : l’obtention des autorisations parentales de prises de vue d’un mineur.

Déroulement de la séance

Première étape – l’atelier : les élèves ont d’abord fait connaissance avec le réalisateur (discussions et échanges autour des productions respectives). Ensuite, la classe s’est constituée en petits groupes, chacun prenant en charge un couplet du slam avec pour mission de le mettre en image (un lieu, une ou plusieurs actions, un ou plusieurs personnages, des types de plan). Une première mise en commun orale a permis d’affiner les propositions. Les groupes ont ensuite été remixés et les couplets réassignés pour enrichir ou confirmer les intentions. L’ensemble du travail a été tapuscrit et projeté via le TNI. Enfin, un planning général a été conçu et commenté.

Seconde étape – le tournage : nous ne disposions que de 2 jours de tournage, journées qui furent donc banalisées pour la classe et une partie de l’équipe de la SEGPA. Le CDI était le point de rassemblement, le planning était projeté et mis à jour en temps réel. Grâce à lui nous suivions :

  • le planning de tournage, les élèves étant tour à tour acteurs, techniciens et régisseurs ;
  • le planning des répétitions, les élèves répétant leurs scènes (playback et gestuelle) ;
  • les temps de pause, qui n’étaient pas toujours commun à l’ensemble de la classe ;
  • les temps de travail d’écriture, pour la rédaction d’un article pour le site du collège et d’un compte-rendu du projet.
    Une demi-journée s’est déroulée en extérieur.

Nous avons réussi à tenir les délais pourtant serrés grâce :

  • à l’engagement des élèves ;
  • au nombre de professeurs mobilisés (3 professeurs par demi-journées dont la professeure documentaliste en continu) ;
  • à la disponibilité des agents du collège ;
  • à la bienveillance et la réactivité de l’équipe de direction pour faire face aux imprévus et aux improvisations ;
  • au professionnalisme sans faille du réalisateur.

Un mois plus tard, une fois monté par le réalisateur, seule étape non réalisée en classe, le clip a été diffusé en classe, en présence des partenaires. Une seconde diffusion a été organisée dans la foulée, lors de la soirée de restitution des travaux de 4e, à la salle de concert des Abattoirs (Cognac).

Compétences travaillées

  • Compétences du CRCN mises en œuvre par les élèves :
     CRCN : consulter le tableau avec une entrée par compétence
    • Communication et collaboration : Partager et publier ; Collaborer.
    • Création de contenus : Développer des documents multimédia.
  • Compétences du CRCN-Edu mises en œuvre par l’enseignant :
     CRCN-Edu : Domaines et compétences
    • Environnement professionnel : Collaborer ; Adopter une posture ouverte, critique et réflexive.
    • Ressources numériques : Concevoir des ressources.
    • Enseignement – Apprentissage : Mettre en œuvre
    • Diversité et autonomie des apprenants : Inclure et rendre accessible ; Engager les apprenants.

Bilan critique de la séance

Nous sommes très fiers du résultat final, aboutissement d’un travail de trois années scolaires. Nous aurions aimé pouvoir bénéficier d’un plus grand nombre d’heures d’atelier avec le réalisateur en amont du tournage. Nous sommes néanmoins conscients de la chance d’avoir pu participer à une telle aventure, les élèves en témoignent : « On a appris plein de choses : à gérer nos postures, nos gestes, notre jeu d’acteur, nos placements, comment on tourne un film, les plans caméra, les jeux de lumière. Il y a eu beaucoup de scènes tournées : des prises réussies directement, et des prises à refaire. Ce n’était pas facile à faire mais on a persévéré et finalement on a bien réussi ! Pendant ces deux jours, nous avons ressenti : de la peur, du stress, parfois de la gêne, mais surtout beaucoup de joie ! Tout le monde a adoré faire ce tournage !!!!!!! »
Les enjeux de l’éducation à l’image, étroitement liés à ceux de l’éducation aux médias et à l’information, seront rendus plus visibles à compter de la rentrée 2026 puisqu’un référentiel dédié à l’éducation au cinéma et à l’image est annoncé https://www.education.gouv.fr/l-edu.... A suivre !

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