Développer la réflexivité du formateur : un partenariat constructif avec l’Ifé publié le 17/06/2026

Dans la continuité des années précédentes et suite à la participation de notre GRDP à un stage intitulé « L’analyse réflexive en formation », à l’Institut français de l’éducation (IFÉ-ENS de Lyon) en mars 2025, un partenariat a vu le jour entre l’équipe Fare de l’Ifé, l’Université de Nantes et notre groupe, formalisé par une convention. Durant nos cinq rencontres (2 en présentiel, 3 à distance), nous avons cheminé dans l’élaboration et l’expérimentation d’un outil réflexif à destination des formateurs.

Un temps fort

Intervention du groupe

Intervention du groupe

Les 12 et 13 mars 2026, le groupe de travail est intervenu lors de la formation de l’Institut français de l’éducation consacrée à la réflexivité professionnelle. Les deux journées ont articulé apports théoriques et exercices pratiques : la notion de réflexivité selon Schön (1983), le losange de problématisation, le schème (principes tenus pour vrais, buts, règles d’action, données) intégré au losange, puis l’expérimentation de l’allo-confrontation à partir du journal de bord conçu par notre groupe, testé auprès des 37 stagiaires (CPC, CPD, formateurs académiques, personnels de direction, conseillers pédagogiques de l’enseignement supérieur).

Réflexivité et schème intégré au losange

Pour Schön, les professionnels efficaces sont ceux qui réfléchissent de manière méthodique sur leur action ; mais

Questionnement

Questionnement

cette réflexivité ne va pas de soi, elle doit être soutenue et accompagnée. Cette année, l’articulation entre le schème et le losange de problématisation a été présentée de façon unifiée, jugée plus cohérente que l’année précédente où les deux cadres étaient traités séparément. Selon notre groupe, les « principes tenus pour vrais » constituent le levier le plus efficace pour transformer durablement les pratiques, et la notion de « but » complète utilement cette entrée pour faire verbaliser le raisonnement des praticiens.

Notre « journal de bord » à l’épreuve de l’allo-confrontation

Présenté aux stagiaires de l’IFÉ comme outil de réflexivité, le journal de bord a été testé en deux temps : remplissage individuel, puis allo-confrontation collective le lendemain, animée selon un cadre sécurisant garanti par un tiers. Plusieurs stagiaires ont témoigné d’un cheminement dès la phase de remplissage (« j’ai cogité toute la nuit », « ça m’a éclairé »), confirmant l’intérêt d’un temps de décantation entre les deux étapes. Les retours nourrissent aussi une réflexion outillée : la case « ressenti » est jugée précieuse car elle permet une prise de recul rarement sollicitée ; le terme « journal de bord » est questionné, certains l’ayant d’abord perçu à tort comme un « journal intime » ; plusieurs ajustements sont proposés, permettant l’élaboration d’une version 4 de l’outil. Plusieurs stagiaires ont manifesté le souhait de poursuivre les échanges avec le groupe.

Perspectives pour le groupe de travail

Notre analyse fait émerger une question centrale pour la suite de nos travaux : l’outil peut-il être réflexif utilisé seul, ou nécessite-t-il un dispositif d’allo-confrontation pour produire pleinement ses effets ? Le groupe envisage de distinguer deux modalités d’usage — individuelle et collective — et d’en préciser, pour chacune, l’apport spécifique et les conditions de mise en œuvre (cadrage, rôle du tiers garant, temporalité entre remplissage et échange).

Le travail de notre groupe se poursuivra en 2026/2027, sous la même forme d’accompagnement, avec une volonté d’élargir l’expérimentation de notre outil à l’échelle départementale, voire académique.