L’intelligence artificielle au service des apprentissages publié le 11/06/2026 - mis à jour le 12/06/2026
Deux projets articulant enseignement et évaluation au Lycée Saint Exupéry de La Rochelle
L’irruption des intelligences artificielles génératives dans le monde éducatif suscite autant d’interrogations que d’attentes. Entre craintes liées aux usages non maîtrisés et perspectives d’innovation pédagogique, les équipes enseignantes sont amenées à repenser certaines de leurs pratiques.
En septembre 2025 au Lycée Saint-Exupéry de La Rochelle, cette réflexion a donné lieu à deux initiatives complémentaires : une coopération Erasmus+, étalée sur deux ans, consacrée à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les apprentissages et une expérimentation portant sur son utilisation dans le domaine de l’évaluation.
Loin de constituer deux projets indépendants, ces démarches s’inscrivent dans une même logique d’expérimentation. Elles reposent sur une conviction commune : l’intelligence artificielle ne représente pas une finalité pédagogique mais un outil susceptible de favoriser la réflexion, l’explicitation des apprentissages et le développement professionnel des enseignants.
Loin de chercher à les remplacer, ces expérimentations mettent au centre du jeu le cœur du métier d’enseignant : la réflexion pédagogique et didactique.
Origine des projets
Les outils d’intelligence artificielle générative ont profondément modifié le paysage éducatif. Très rapidement, les enseignants ont observé que les élèves s’appropriaient ces technologies de manière spontanée, souvent en dehors de tout cadre pédagogique. Cette évolution a conduit à une première interrogation : faut-il chercher à interdire ces usages ou apprendre à les intégrer dans une démarche éducative ?
Parallèlement, une autre réflexion était déjà engagée autour de l’évaluation. Les enseignants constataient que les commentaires formulés sur les copies étaient parfois peu exploités par les élèves et que les démarches de remédiation demeuraient difficiles à individualiser. S’ajoute à cela les biais reconnus de subjectivité individuelle ou simplement de fatigue du correcteur.
La rencontre entre ces deux questionnements a progressivement conduit à une approche commune : utiliser l’intelligence artificielle pour mieux accompagner les apprentissages et renforcer la qualité des retours pédagogiques.
La participation au programme Erasmus+ a constitué une opportunité pour confronter ces interrogations à celles d’autres systèmes éducatifs européens. Les échanges ont montré que les problématiques étaient largement partagées : accompagnement des usages, développement de l’esprit critique, formation des enseignants et évolution des modalités d’évaluation.

