Séances pédagogiques incluant du numérique en arts plastiques : Espèce d'espace publié le 29/04/2026 - mis à jour le 30/04/2026
Espèce d’espace : proposition de Sacha
Contexte et objectif de la séance
Cette situation pédagogique interroge les relations entre l’œuvre, l’espace et le spectateur. Elle mobilise plusieurs champs des questionnements plasticiens, notamment la matérialité de l’œuvre, les modalités de sa présentation ainsi que le projet de création.
Dans ce cadre, les élèves sont amenés à explorer les notions d’espace physique et d’espace symbolique (nouvelle question limitative Bac 2026-27). L’espace physique est envisagé à travers l’expérience sensible et corporelle du spectateur (percevoir, circuler, traverser), tandis que l’espace symbolique renvoie aux significations et aux valeurs que l’œuvre peut produire ou transformer .
La situation de pratique propose aux élèves de choisir un espace, d’en produire une description, puis d’imaginer une intervention plastique en lien avec ce lieu, en prenant en compte la présence du spectateur. Elle s’inscrit dans une démarche de projet, allant de l’observation à la conception, puis à la restitution de la proposition .
Les objectifs de la séance sont de permettre aux élèves de comprendre comment une œuvre peut investir, transformer ou révéler un espace, tout en développant leur capacité à articuler perception, intention et réalisation. Il s’agit également de les engager dans une réflexion sur le rôle du contexte de présentation (in situ) et sur la manière dont l’espace devient un élément constitutif de l’œuvre.
Plus-value du numérique dans cette séance
Dans cette situation, les élèves avaient la possibilité de choisir, mobiliser et expérimenter différents langages et moyens plastiques afin de présenter leurs productions ou leurs projets, avec une attention particulière portée à la restitution.
Deux modalités étaient envisagées : une présentation sous forme de photographies documentant la proposition plastique réalisée dans l’espace choisi ; ou une planche-projet (annotations, croquis, dessins, photographies, échantillons de matériaux) permettant de rendre compte de l’inscription du projet dans cet espace.
Certains élèves ont choisi de mobiliser des outils numériques, notamment des appareils photographiques numériques ou des logiciels de retouche d’image. Ces outils leur ont permis de simuler leurs projets en travaillant l’échelle, l’intégration dans le lieu et la vraisemblance de la proposition.
L’usage du numérique a ainsi favorisé une meilleure projection des intentions plastiques et a enrichi les modalités de représentation du projet.
Modalités de mise en œuvre
- Niveau éducatif : première, enseignement de spécialité arts plastiques
- Durée : 6h
- Ressources numériques utilisées :
- APN
- Ordinateur
- Vidéoprojecteur
- tablette graphique
- Applications numériques utilisées :
- Logiciel de retouches d’images
- Logiciel montage video
Déroulement de la séance
La séance débute par la lecture d’un extrait de "Tentative d’épuisement d’un lieu parisien" de Georges Perec, suivie de l’écoute d’un court extrait audio présentant sa démarche d’observation et d’écriture du quotidien. Cette entrée permet d’introduire une attention fine portée à l’espace, à ses usages et à ses transformations.
Dans un second temps, les élèves sont invités à choisir un lieu, au sein du lycée ou en dehors, afin d’en faire l’objet de leur réflexion. Ils rédigent ensuite un texte descriptif prenant la forme d’un inventaire, dans l’esprit de la démarche de Perec, en portant une attention particulière aux éléments visibles, aux usages et aux variations de cet espace .
Un temps de pratique et de recherche est ensuite engagé, sur le carnet de travail, en classe ou hors la classe. Les élèves développent un projet plastique en lien avec l’espace choisi, en prenant en compte la présence du spectateur et les modalités d’intervention in situ. Ce travail est ponctué d’apports culturels et de temps méthodologiques visant à nourrir la réflexion, notamment à travers l’analyse d’œuvres de référence (comme "Maman" de Louise Bourgeois) et des temps de questionnement autour des notions d’espace physique et d’espace symbolique .
Un atelier de méthodologie, comme introduction à l’analyse méthodique d’un corpus d’œuvres, permet également d’accompagner les élèves dans la formulation d’une problématique à partir de ce corpus, afin de structurer leur réflexion et leur démarche de projet.
Atelier méthodologique : analyse méthodique d’un corpus d’oeuvre. Contextes d’une monstration de l’œuvre
Enfin, les productions sont présentées à l’oral lors d’un accrochage en classe ou directement dans l’espace investi (in situ). Ce temps de restitution permet aux élèves de partager leur démarche, de confronter leurs propositions et de mettre en relation leur projet avec les notions travaillées.
Cette séquence s’est conclue par une sortie pédagogique à La Rochelle, afin de découvrir l’œuvre in situ de Toussaint Louverture d’Ousmane Sow, ainsi que l’exposition Le Phare du ruisseau de l’artiste chinoise Shiuling Liu. Ce fut l’occasion de consolider les apprentissages et les notions travaillées — telles que l’in situ, l’espace physique, l’espace symbolique, la sculpture et l’installation —, aboutissant à la rédaction de notices d’œuvres, mutualisées sur un Digipad
Compétences travaillées
- Compétences disciplinaires :
Pratiquer les arts plastiques de manière réflexive : Expérimenter, produire, créer- Choisir et expérimenter, mobiliser, adapter et maîtriser des langages et des moyens
plastiques variés dans l’ensemble des champs de la pratique. - S’approprier des questions artistiques en prenant appui sur une pratique.
- Recourir à des outils numériques de captation et de production à des fins de création
artistique.
Pratiquer les arts plastiques de manière réflexive : Mettre en œuvre un projet artistique individuel ou collectif - Concevoir, réaliser, donner à voir des projets artistiques.
- Choisir et expérimenter, mobiliser, adapter et maîtriser des langages et des moyens
- Compétences du CRCN mises en œuvre par les élèves :
CRCN : consulter le tableau avec une entrée par compétence- Information et données
- Mener une recherche et une veille d’information
- Gérer des données
- Traiter des données
- S’insérer dans le monde numérique
- Création de contenus
- Développer des documents textuels multimédia
- Adapter les documents à leur finalité
- Protection et sécurité
- Sécuriser l’environnement numérique
- Protéger les données personnelles et la vie privée
- Protéger la santé, le bien-être et l’environnement
- Environnement numérique
- Résoudre des problèmes techniques
- Évoluer dans un environnement numérique
- Information et données
- Compétences du CRCN-Edu mises en œuvre par l’enseignant :
CRCN-Edu : Domaines et compétences- Environnement professionnel
- Communiquer
- Collaborer
- Se former, développer une veille
- Agir en faveur d’un numérique professionnel sûr et responsable
- Adopter une posture ouverte, critique et réflexive
- Ressources numériques
- Sélectionner des ressources
- Concevoir des ressources
- Gérer des ressources
- Enseignement - Apprentissage
- Concevoir
- Mettre en œuvre
- Évaluer au service des apprentissages
- Diversité et autonomie des apprenants
- Inclure et rendre accessible
- Différencier
- Engager les apprenants
- Compétences numériques des apprenants
- Développer les compétences numériques des apprenants
- Évaluer et certifier
- Environnement professionnel
Bilan critique de la séance
Cette situation pédagogique a permis d’engager les élèves dans une démarche de projet articulant observation, écriture et pratique plastique. L’entrée par le texte de Georges Perec s’est révélée pertinente pour développer une attention fine aux espaces du quotidien, favorisant une posture d’observation active et sensible. Les productions montrent une réelle diversité d’approches : certains élèves se sont inscrits dans une logique d’intervention in situ, tandis que d’autres ont privilégié des démarches de projection (photomontage, dessin, maquette), témoignant d’une appropriation variée des enjeux proposés.
Le travail sur le carnet et les phases de recherche ont permis aux élèves de développer des compétences d’analyse, de sélection et de mise en forme des idées. Les planches-projets et maquettes révèlent une capacité à articuler intention plastique et prise en compte du lieu, notamment à travers des questions d’échelle, d’intégration et de sens. L’usage du numérique, lorsqu’il a été mobilisé, a constitué un levier intéressant pour expérimenter et simuler des propositions, facilitant la projection dans l’espace réel.
Toutefois, l’hétérogénéité des productions met en évidence des niveaux d’appropriation contrastés. Si certains élèves parviennent à construire une véritable intention en lien avec l’espace choisi, d’autres restent davantage dans une démarche descriptive ou illustrative, sans toujours interroger pleinement la dimension symbolique ou transformative du lieu. Cela souligne la nécessité d’un accompagnement renforcé dans la formulation d’une problématique et dans le passage de l’observation à une intention plastique affirmée.

