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article Que jouer aujourd’hui en jouant Agamemnon ?     -    publié le 08/07/2010    mis à jour le 09/07/2010

Enjeux et progression d’une séquence en option de spécialité

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Affiche Agamemnon

Affiche Agamemnon
C. Vigouroux

Faire théâtre d’idées, nous espérons, après Vitez et quelques autres, que c’est possible, et s’il est un texte où la parole, tour à tour épique, lyrique et dramatique, se fait action, c’est bien celui d’Echyle. Mais que jouer aujourd’hui en jouant Agamemnon ?
Est-ce un pari impossible de tenter d’accéder à cette parole, et encore plus de tenter d’y faire accéder des élèves, à la seule force de leur engagement théâtral ?
Quelle que soit sa force d’ébranlement, dans la percutante traduction que nous proposent Ariane Mnouchkine et Pierre Judet de la Combe, une distance abyssale nous sépare de ce moment inouï où s’inventent à la fois la tragédie et la démocratie et où se cherche, entre les plans divin et humain, juste assez éloignés pour pouvoir dialoguer, entre le mythe, lointain, et l’histoire douloureusement présente, une pensée tragique en acte et en situation, jusqu’à laisser enfin, à la fin de l’Orestie, laisser enfin passer le temps.
Un premier pas serait de prendre la mesure de cette distance, où nous apercevons et ce qui nous fonde toujours, humainement et théâtralement, et ce tout que nous avons perdu du côté du sacré comme de la solidarité :
Nous sentons que nous devrions avoir des rites, que nous devrions faire quelque chose pour les retrouver, et nous reprochons aux artistes de ne pas le faire pour nous, nous rappelle Peter Brook.

Un autre pas serait de mesurer tout ce nous avons construit pour nous les rendre impossibles à penser, ces acteurs de l’Orestie : le sentiment de culpabilité et le pardon, et le déni, et l’inconscient ; et surtout notre manichéen principe de non contradiction qui soutient notre rationalisme comme nos monothéismes divers ; et aussi bien sûr notre idée de la personne, si individualiste, comme celle du personnage et de la représentation.

Le miroir est brisé, répétons-nous. Sommes nous alors condamnés à jouer le deuil d’un tragique impossible, ou à nous rejouer notre propre théâtre, critique ou fantasmatique ?

Puisque Eschyle propose à ses contemporains une pédagogie du décentrement, à la lumière des recherches de Jean-Pierre Vernant et de Pierre Vidal-Naquet, nous avons tenté de proposer à nos élèves un chemin d’empathie active avec les spectateurs, le chœur et les acteurs d’Agamemnon.

N.B. Ce cours de dramaturgie a été proposé en octobre 2009, avant la publication des précieux documents pédagogiques1 sur le programme limitatif.
Pour situer les quelques extraits qui seront mis en ligne nous précisons page suivante la progression générale de la séquence.

(1) Agamemnon d’Eschyle : études et documentation pédagogiques pour le baccalauréat théâtre, par Evelyne Ertel, Claire Lechevalier et Pierre Judet de la Combe – SCEREN /CNDP novembre 2009

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