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article Oreilles tombantes, groin presque cylindrique : exemples de réceptions     -    publié le 23/12/2008

Réceptions de ce spectacle par des élèves d’option théâtre

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• Réception du spectacle Oreilles tombantes, groin presque cylindrique par une élève de seconde : huit mots

- Cuisine

Quelle est l’histoire ?
Si c’était une histoire vraie, ça serait celle d’une femme seule, obsédée par les cochons. Elle se trouverait dans une cuisine avec un vieux saule tortueux devant sa fenêtre et une porcherie qui sent mauvais à proximité. Elle mangerait, boirait du bourgogne à longueur de journée, en regardant ses feuilletons d’amour à la télévision ; elle ferait aussi la cuisine, à sa façon, mélangeant tout et n’importe quoi, tout en parlant de nourritures qui n’existent pas chez elle.

- Circé

Quel mythe cette histoire nous rappelle-t-elle ?
Cette histoire nous rappelle le mythe de Circée qui dans l’Odyssée transforme les hommes en cochons : une image dangereuse de la femme responsable de ces métamorphoses … à moins qu’il y ait en tout homme un cochon qui sommeille ?

- Solitude

Dans quelle situation sommes-nous ?
On se trouve dans la situation d’une femme qui a gardé ses peurs d’enfant, en particulier la peur de Dracula qui lui fait voir des chauves-souris dans un saule ; elle appelle sa maman et en parle régulièrement. Elle est seule : en tout cas la seule présence qui lui inspire confiance est celle de ses cochons, qu’elle aime mais qu’elle mange… Est-on destiné à aimer ce qu’on mange ou à manger ce qu’on aime ?

- Peur

De quoi a-t-on peur ?
Tout fonctionne sur les peurs : le ton du personnage est inquiétant, de même les bruits de fond mystérieux et l’ambiance générale ; la lumière qui commence tout en haut du plateau puis descend jusqu’à raser le plancher au fur et à mesure que la peur grandit, jusqu’à sembler sortir des planches disjointes comme si elle s’était épuisée On sent en effet que le personnage se fatigue peu à peu : à la fin elle n’arrive même plus à tenir son fusil. On a d’un côté la prolifération, d’un autre la perte

- Invisible

Comment faire exister tout ce qui est invisible ?
En parlant et décrivant ce qu’elle voit, la femme fait vivre l’invisible dans notre imaginaire. On se demande si elle est réellement seule puisque c’est un monologue . Les robes suspendues au plafond par des fils créent une impression de présence : elles semblent flotter comme des fantômes ; de même la chaise à moitié suspendue en déséquilibre. Ainsi l’impression de solipsisme disparaît peu à peu, même si une seule personne est visible sur scène.

- Suspendu

Comment interpréter la scénographie ?
Au dessus du plateau ouvert sont suspendues par des fils des robes ; sur le plancher des objets quotidiens : à cour une gazinière avec un four d’où sortiront nombre d’ingrédients et d’accessoires de cuisine : casseroles, pieds de cochons, pommes de terre, huîtres, navets ; à jardin, un rangement pour les bouteilles, une télévision accrochée à un fil en avant-scène, avec un téléphone posé dessus ; deux chaises en contrepoids : lorsque l’une est suspendue, l’autre est au sol et vice-versa. L’ensemble pourrait figurer l’ameublement disparate d’une cuisine si les effets de suspension ne créaient une impression de déséquilibre et de flottement

- Temps

Que se passe-t-il dans la temporalité ?
Il n’y a plus de repères sur scène. L’heure n’est pas donnée. Il n’y a pas de matin ni de soir Le seul repère concret serait les sonneries du téléphone ou de la porte d’entrée, qui ne sont peut-être pas réelles puisque personne n’entre ni ne répond.

- Morceaux

Comment l’histoire se construit-elle ?
C’est un espace-temps qui se met en boucle, ce qui pourrait être ennuyeux (vais-je tuer le cochon ? comment tuer le cochon ?) mais l’humour noir présent intensément rend cette pièce intéressante et drôle. Malgré la situation, on est dans la jubilation ; Beckett dit « rien n’est plus drôle que le malheur » : cette femme n’a pas l’air malheureuse mais elle est dans son monde.

Comme le temps est déglingué, des morceaux de vie remontent ; ce sont des rituels qui la font exister : elle se donne des programmes, des ordres à elle-même mais il y a un décalage entre ce qu’elle dit et ce qu’elle fait comme si des fragments avaient été remontés dans le désordre par un monteur fou, comme si l’on cassait des séquences logiques et qu’on les remontait n’importe comment à toute allure. Cela n’empêche pas que le développement soit brillant et inventif.

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