Un projet développement durable international : le combat Shiwiar publié le 06/05/2013  - mis à jour le 14/01/2015

Vers une démarche de projet… A la rencontre d’un peuple indien d’Amazonie équatorienne menacé par les compagnies pétrolières

Le projet

Avec l’aide de Carlita Shaw, nous essayons de porter à la connaissance de mes élèves la cause de ce peuple.

Différents travaux ont été menés de front, par des élèves de classes de seconde, 1ere ES et des élèves volontaires de 1ere S et TS, avec des enseignants de plusieurs disciplines : Isabelle Berson-Schelfhaut, Claire Larive et Corinne Villineuve, professeures d’Espagnol, Christophe Labetoulle, professeur d’Anglais et Elodie Demeure, professeure de Sciences Economiques et Sociales. Des réflexions informelles ont été menées avec Thierry Doreau, professeur de Philosophie et nos élèves sur ce thème, notamment sur l’impact de la disparition d’un peuple et de sa culture, mais aucun cours n’a totalement été dédié au projet.

L’ensemble des élèves participants au projet ont été informés de la problématique à l’aide d’un diaporama et d’un film personnel de 40 minutes. La bande son du film était en espagnol, parfois Shiwiar ou anglais.
Pour la très grande majorité des élèves, les explications accompagnant les documentaires, étaient données en français. Mais la bande son permettait également de collecter des informations en langue originale.

En Espagnol, Isabelle Berson-Schelfhaut et Claire Larive ont fait traduire, à leurs élèves de seconde, des textes que je leur avais confiés. Ces textes ont été reportés sur des posters : « Biens et services rendus pas la biodiversité » (2 posters de 1.20 x 0.8m) et « le Combat Shiwiar » (2.20 m x 1.10 m). Avec Corinne Villeneuve, suite à la projection du film personnel, une discussion fut lancée sur la culture Shiwiar et les problématiques environnementales liées à l’exploitation pétrolière en forêt. Ce travail faisait suite à plusieurs séquences axées sur la thématique du développement durable en Amérique latine, notamment la déforestation et l’accès à l’eau à travers le film « Tambien la lluvia » (Même la pluie), drame hispano-franco-mexicain de Icíar Bollaín sorti en 2011, projeté en langue originale.

En Anglais, lorsque je fus invité dans le cours de Christophe Labetoulle, j’ai essayé d’expliquer le périple en anglais. Au fur et à mesure des explications, et de la projection du petit film personnel réalisé pour l’occasion, le vocabulaire utilisé était écrit au tableau par l’enseignant pour être ensuite repris par les élèves dans les cours suivants. Le vocabulaire devait également permettre aux jeunes volontaires de signer une pétition argumentée proposée en ligne par Carlita Shaw.

En Sciences Economique et Sociale, Elodie Demeure, proposa, dans le cadre du thème la coordination par le marché et plus précisément sur le chapitre « Qu’est-ce qu’un marché ? », de s’appuyer sur le cas concret du peuple Shiwiar pour montrer que le marché nécessite des règles de droit. Le marché suppose également l’existence d’institutions et de conventions. Et enfin, les droits de propriété sont au fondement de l’échange.

Or, à travers l’exemple des Shiwiar et la spoliation (et la pollution) de leurs territoires ancestraux, les élèves ont pu voir que le problème était clairement l’absence de définition de droits de propriété. Ils ont donc pu réagir et comprendre que le marché ne peut fonctionner dans de telles conditions. Et le risque est bien que des personnes abusent de leur pouvoir au détriment ici d’une civilisation….
D’autre part, en travaux dirigés, les élèves ont travaillé sur les limites de la marchandisation en s’appuyant sur la biopiraterie. Ce thème était totalement méconnu des jeunes. Ils ont alors effectué des recherches sur internet pour y trouver des cas pratiques et concrets durant trois séances. A la fin, chaque binôme a réalisé une dissertation les menant à réfléchir si la biopiraterie était un danger ou un mal nécessaire…
Ce thème fut également abordé au cours du diaporama sur les Shiwiar qui devraient avoir des droits sur la biodiversité qu’ils conservent.
Enfin, le tourisme solidaire fut également abordé avec son cortège de questions : est-ce bon pour le développement d’un peuple ? Comment peut s’opérer le passage du troc à la monnaie ? Que peut-il se passer avec la marchandisation des biens dans cette société communautaire basée sur la solidarité et le partage ? En tant qu’écotouriste participe-t-on réellement au développement et au maintien d’un peuple avec l’argent qu’on apporte ou bien accélère-t-on sa disparition, son assimilation avec nos lois du marché et notre système de valeurs basé essentiellement sur le consumérisme ?