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article Éthique et compétence : la place de la philosophie     -    publié le 07/09/2013    mis à jour le 18/09/2014

Stage du 19 Mars 2013, Niort

• Problématique

La mise en place du socle commun de compétences et le référentiel de formation des maîtres ont introduit dans le champ de la pédagogie une nouvelle sémantique où l’éthique elle-même est pensée comme compétence. Que penser de cette évolution ? Peut-on considérer l’éthique comme une compétence qui serait, qui plus est, susceptible d’être évaluée ? Suffit-il de changer de vocabulaire pour que soit résolu le problème de l’enseignement de la morale à l’école ?

Partant du constat d’une demande sociale de plus en plus forte adressée à la philosophie, dans le cadre scolaire, il sera question au cours de cette journée de se demander à quelles conditions cet appel peut être entendu. Dans cette perspective, ce stage aura pour objectif premier de proposer aux professeurs de philosophie un état des lieux des nouveaux programmes en maternelle et en primaire et une analyse des enjeux philosophiques de ces évolutions. Déplaçant la focale, c’est vers la question de l’enseignement d’une norme morale que l’on se tournera : quelle norme morale peut-on enseigner à l’école dans un État laïque ? C’est enfin à interroger les transformations des pratiques
pédagogiques dans la discipline que la fin du stage sera consacrée.

• Programme de la journée

- Matin

Le problème de l’enseignement de la morale à l’école de Jules Ferry à nos jours à travers les textes officiels et les programmes, le sens des évolutions sémantiques actuelles. Par Vincent Bonis, professeur de philosophie, formateur à l’IUFM

Des évolutions significatives ont été menées entre 2002 et 2010 et qui concernent trois
"composantes" du système éducatif :

  • la réforme des programmes de l’école primaire en 2008. ( par rapport aux programmes de 2002) ;
  • l’apparition du Socle Commun de Connaissances et de Compétences pour les élèves de l’école obligatoire. (2006) ;
  • les 10 compétences du professeur (BO - juillet 2010) et notamment la première d’entre elles : "Agir en fonctionnaire de l’État de façon éthique et responsable ».

S’agissant des programmes de l’École Primaire, ce sont les apprentissages conduisant à "l’instruction civique et morale" qui nous intéressent ici. Ils ne font certes pas l’objet d’un temps d’apprentissage précis (dans l’emploi du temps des élèves), ni d’un "domaine d’apprentissage" spécifique. Mais une continuité est indiquée dans les programmes, de la
Petite Section de Maternelle (PS) au CM2, et, au-delà, au Collège, soit durant l’ensemble de l’École Obligatoire. La logique du Socle Commun de Connaissances et de Compétences est elle-même indissociable de nouvelles pratiques pédagogiques et didactiques pour les enseignants. Elle implique par exemple une évaluation de tous les enseignements en fonction des critères suivants : "connaissances-capacites-attitudes". Mais cette déclinaison se retrouve également dans la description des compétences de tous les personnels enseignants depuis 2010, à qui l’on demande en particulier de mettre en œuvre une déontologie dans l’exercice de leur activité professionnelle. Enfin cette "éthique du fonctionnaire" fait l’objet d’une épreuve d’un quart d’heure suivie d’un entretien lors des oraux d’admission pour tous les concours recrutant des enseignants. Il y a donc un certain nombre d’Unités d’Enseignement" (UE) dévolu à l’ "éthique du fonctionnaire" pour les futurs collègues dans les maquettes de Master mention "éducation et formation". Le repérage, au sein des programmes de l’École primaire, des domaines d’apprentissage où il est question d’éthique et /ou de morale sera le premier objectif cette intervention. Mais ce repérage est sinueux, notamment en raison du caractère non-disciplinaire de ces enseignements - en un mot, en raison de leur transversalité. Quelles difficultés (relativement aux enseignements portant sur l’éthique) rencontrent le plus souvent les professeurs des Écoles ? Quelles stratégies sont mises en œuvre pour identifier les objectifs pédagogiques et comment sont-ils traduits devant une classe ?. L’examen des attentes de la formation des enseignants (en particulier au sujet de la compétence 1 - "Agir en fonctionnaire de l’État de façon éthique et responsable") permet sans doute de comprendre pourquoi il est si difficile de "développer l’esprit critique des élèves, afin qu’ils puissent devenir des adultes autonomes" (compétence attendue en fin de CM2) ».

Éthique, morale, éducation : quelles normes morales peut-on enseigner à l’école dans un État laïque ? Par Jean-François Souchaud, professeur de philosophie, classes préparatoires, Camille Guérin

« On parle à nouveau d’ « un enseignement moral » à l’École, d’un enseignement de la morale laïque. Au-delà des questions sociologiques et politiques (Pourquoi maintenant ? Est-ce à l’État de promouvoir une morale ? ...), en prenant au sérieux la notion de « morale », il revient à la philosophie de s’interroger sur le fondement de cette morale laïque
dans des sociétés où règne, non seulement en fait, mais aussi en droit, le pluralisme moral. Peut-elle prétendre à l’universalité ? Est-il suffisant qu’elle se réfère « aux valeurs communes à tout « honnête homme » » (circulaire du 25/08/2011) ? Se confond-elle avec le libéralisme moral ou est-elle une morale de la dignité de la personne humaine ? Comment peut-elle être enseignée ou transmise ? Les règles et valeurs morales doivent-elles être inculquées ou
suffit-il de développer une tendance morale présente en chaque homme ? Peut-elle relever d’une « compétence » ? En somme, sur quelle philosophie morale peut s’appuyer la morale laïque et son éventuel enseignement, s’il ne s’agit pas seulement d’idéologie ? On évoquera quelques-uns des courants modernes et contemporains de la philosophie morale (criticisme, fondationnalisme, relativisme, décisionisme, communautarisme...), non pour apporter une
réponse définitive, mais pour ouvrir le débat ».

- Après-midi

Éthique, morale, déontologie : Comment se forme une conscience professionnelle ? Peut-on réduire l’éthique à application mécanique d’une règle ? Suffit-il d’élaborer un code de déontologie pour résoudre le problème de la
formation de la conscience professionnelle ?
Par Marie-Hélène Motard, professeur de philosophie, Lycée Berthelot de Châtellerault

« La distinction aristotélicienne de la poiésis et de la praxis a situé le travail dans une relation d’extériorité à l’éthique. La reconnaissance, au contraire, de la dimension éthique du travail, c’est-à-dire du fait que la subjectivité morale est engagée dans le travail, transforme radicalement la façon de penser le travail dans son rapport à l’éthique. C’est à dérouler les conséquences de cette façon de concevoir le travail, que sera consacré le propos. Ainsi, pour ne donner que cet exemple, la question de savoir s’il faut, ou non, élaborer un code de déontologie des enseignants, ne sera pas tranchée de la même façon selon que l’on présuppose, ou non, un vide éthique que le code aurait pour fonction de combler. La façon de concevoir la formation professionnelle des enseignants ne sera pas non plus tout à fait la même ».

Enseigner la morale à l’école :
. L’expérience belge
. L’expérience des ateliers de réflexion en classe de maternelle
. Morale et littérature

Conclusion : l’enseignement de la morale à l’école - la place de la philosophie

- Document joint

Stage académique de formation par Marie-Hélène Motard.

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