Mettre en voix les textes littéraires ou comment porter l'oeuvre littéraire à la bouche des élèves (TraAM) publié le 01/07/2019  - mis à jour le 15/07/2019

Une solution pour faire lire les STMG, non-lecteurs assumés

3. Description

Séance d’entrée dans l’œuvre

Les élèves reçoivent le roman Cris et le professeur confie tout de suite le challenge de départ : mettre en voix une partie du roman pour en faire profiter une autre classe, ici de ES. Nous avons déjà travaillé l’oral du BAC français en AP et notamment les introductions qui intègrent nécessairement un temps de lecture. Les élèves sont très conscients de la difficulté de l’exercice, certains la redoutent même, mais ils sont enthousiastes à l’idée de faire passer le texte à leurs camarades de l’autre classe dont le professeur a la charge.

Avant de se lancer dans la lecture à voix haute, l’enseignant se propose de lire les premières pages du roman afin de permettre aux élèves de repérer le cadre spatio-temporel, le personnage de départ et les premières actions de la fiction. C’est aussi l’occasion pour l’enseignant de donner un peu de sa personne dans le lecture, de montrer aux élèves qu’il est nécessaire de "se mettre un peu en danger" pour faire une belle lecture. Via un guide de lecture remis au préalable qui sera utilisé plus tard en autonomie, les élèves mettent en évidence sans difficultés les éléments préalablement cités et nous faisons nos premières remarques sur l’originalité du roman qui fonctionne avec des monologues intérieurs et qui se présente comme un texte théâtral. Ainsi, l’enseignant peut alors préciser aux élèves que Cris est le premier roman de Laurent Gaudé après s’être longuement consacré à l’écriture dramatique.

Le professeur avance ensuite l’idée que cette subjectivité sera multiple et que les élèves devront se préparer à entendre différents personnages qui raconteront différentes histoires, leurs histoires dans l’Histoire de la Grande Guerre. D’entrée de jeu, l’aspect fragmentaire de l’œuvre est souligné et est ensuite relié au titre-même du roman.

L’enseignant confie à chaque élève un fil narratif d’un unique personnage : le Gazé. Le choix s’est porté sur ce personnage et sur ce fil narratif car il était nécessaire étant donné la multiplicité des voix des élèves (23, ici) de ne pas induire en erreur l’auditeur. Effectivement, un changement de lecteur peut faire croire à un changement de personnage dans le cas d’un fil narratif qui mêlerait plusieurs personnages. Par ailleurs, le fil narratif dévolu au Gazé est assez court et apparaît donc suffisamment humble dans une dynamique de classe de STMG.

Les élèves découvrent leur texte à lire. En amont, l’enseignant a coupé les passages pour que tout le monde puisse lire une fois. Dans l’édition Livre de poche de Cris, les extraits en lien avec ce personnage se situent à partir des pages 45, 71, 99, 168 et 171.

On met en place le relais du micro pour la lecture blanche qui finalement n’angoisse pas les élèves et même les oblige à un calme religieux pour éviter tout parasite sur l’enregistrement. Les élèves, même s’ils ont pris connaissance de leur texte avant de l’oraliser, butent, ânonnent et prennent conscience du chemin à parcourir pour améliorer leurs mises en voix.

Dans tous les cas, un premier objectif est atteint : tout le monde a ouvert son roman, connaît un fil narratif, a pris conscience de l’originalité d’un récit fragmenté puisque tout le monde a suivi la lecture des uns et des autres et a voyagé dans les pages.

Les élèves partent en vacances avec le roman et leurs guides déjà entamés. Ces derniers seront ramassés à la rentrée et l’activité d’écoute des mises en voix ainsi que le nouvel enregistrement sont annoncés pour la rentrée.