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article Sauve-toi Élie !     -    publié le 08/12/2013

Compte-rendu de lecture

- Une lecture de Sauve-toi Élie !

Référence
- Titre : Sauve-toi Élie !
- Auteurs : Élisabeth Brami pour le texte, Bernard Jeunet pour les papiers sculptés
- Éditeur : Seuil jeunesse, 2003, 50 pages
- Genre : Album

Brève présentation
Début juillet, les parents d’Élie quittent précipitamment leur maison parisienne sur les conseils d’un voisin, policier, qui leur annonce la rafle du Vél’ d’Hiv. Ils partent en train puis laissent leur fils Élie, sept ans, chez des fermiers nommés les François auxquels ils donnent en contrepartie une grosse enveloppe... Ils expliquent à Élie qu’ils viendront le chercher plus tard. En attendant il reste chez son « oncle » et sa « tante » ; il s’appellera désormais Émile.
Élie va à l’école mais doit affronter les moqueries de ses camarades et du maître. Les grandes vacances arrivent ; il n’a aucune nouvelle de ses parents. Il aide aux travaux de la ferme, et doit faire face aux réflexions des François : il leur coûte plus cher que ce qu’il leur a rapporté !
Deux ans passent. Élie a fait connaissance avec la petite fille de la voisine. Mariette et lui sympathisent et jouent ensemble jusqu’au jour où Mariette découvre qu’Élie est juif. Il a alors interdiction de la revoir. Élie ne comprend pas pourquoi. De désespoir, il fugue et se réfugie près d’une grande demeure où sont recueillis des enfants juifs. Il passe la nuit dans les broussailles mais au matin il aperçoit deux camions bâchés : des gendarmes et des soldats allemands viennent chercher les enfants. Liane, une fillette, s’échappe et court auprès d’Élie. Les gendarmes l’attrapent mais laissent Élie tranquille car il est le neveu des François !

- Avec les élèves...

Liens avec les programmes
Cet album est un récit d’enfance qui se situe durant la Seconde Guerre Mondiale et convient donc parfaitement à une classe de Troisième.
Cela permet de travailler sur un album, genre de livre peu exploité en cours de français.
Il remet en cause également les idées reçues : « Un album, c’est pour les petits ! », alors que celui-ci n’est pas du tout adapté à un jeune public, sans repères culturels ni historiques !

Pistes pédagogiques
- On peut lire cet album en complément d’une séquence sur les récits d’enfance. Il s’agit alors d’une lecture plaisir, offerte. Comme c’est un album, il est intéressant de montrer les illustrations aux élèves. Je lis le texte et affiche avec le vidéoprojecteur les illustrations que j’ai au préalable prises en photo. Mais si on a une webcam, on peut aussi l’utiliser.
- La première page de couverture est riche : on peut demander aux élèves d’émettre des hypothèses de lecture avant de lire le texte en classe. Le prénom Élie, le coquelicot rouge vif et le rouge-gorge posé sur les fils de fer barbelés sont très symboliques.
- Les illustrations en papiers sculptés se prêtent à un travail intéressant en Histoire des Arts : elles ne se contentent pas d’illustrer le texte mais apportent un autre éclairage, un sens supplémentaire, pas toujours évident... L’image qui illustre l’expression « ils sont tous partis dans le grand ventre de la guerre » est particulièrement intéressante.
- Le texte en soi n’est pas explicite, tout est suggéré d’où les difficultés de compréhension des élèves. On peut aborder ou approfondir les notions de connotation et d’implicite. Par exemple, au début, quand le voisin explique aux parents d’Élie qu’il faut fuir, Élie entend « Ralph....Yves. » et ajoute : « Je ne connaissais personne de ce nom-là. » Dans sa dictée, Élie écrit « machine allemand » au lieu de « machinalement ». Quand Élie urine devant Mariette, elle part en courant : les élèves ont du mal à saisir l’allusion à la circoncision, permettant de reconnaître un juif...
- Le point de vue est interne : Élie est un enfant de 7 à 9 ans, naïf et peu informé. Il ne sait pas pourquoi on a cousu une étoile jaune sur sa blouse grise le 9 juin, jour de son anniversaire, ne comprend pas pourquoi la France est « coupée en deux », pourquoi un jour il n’y a plus de café, pourquoi la mère de Mariette lui dit en faisant le geste d’égorger un poulet : « Couic ! Comme tes parents ! Comme tous ceux de ton espèce. »

Le contexte historique auquel le texte fait allusion par touches successives peut être
dégagé avec les élèves.

Sylvie Boiton Constanty

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