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article Le rythme en classe : Pourquoi ? Comment ?     -    publié le 08/12/2016    mis à jour le 12/12/2016

Aborder le rythme à l’école primaire c’est favoriser les équilibres, l’harmonie entre l’espace et le temps.

• Pour un équilibre social

Par son aspect synchronisé, le rythme est un carrefour qui favorise les rapports humain, les liens entre les groupes et l’équilibre individuel.
Cela commence à la gestation avec le rythme métabolique qui tend à s’équilibrer. Cette construction va permettre à l’enfant de s’harmoniser avec lui-même puis avec son environnement. Son rapport au savoir en découlera : il sera le résultat des alternances entre les temps de l’action et les temps de latence.

Le rapport aux autres est aussi en lien avec le rythme car il apporte du bien être ensemble, de la convivialité, de la rencontre et du partage. Le groupe/classe se construit aussi dans ces temps de pratiques rythmiques (chant, danse, percussions corporelles). Notre société est étroitement liée à son rythme de progrès (avec celles et ceux qui parviennent à le suivre et ceux qui n’y parviennent pas : rythmes scolaires, rythmes de travail, les horaires, les calendriers sociaux….)

• Pour en comprendre les composantes

Quelques définitions des composantes sont nécessaires pour apprendre à les distinguer.

- La pulsation : Accent déterminant les temps et le tempo. Mais la pulsation c’est aussi notre cœur, ce qui engage notre perception corporelle vers le mouvement. Elle est perçue de façon intuitive. Chez chacun de nous elle dépend aussi de notre rythme intérieur : les enfants qui ont un rythme cardiaque plus élevés sont plus sensibles au tempo rapide qu’au tempo lent.

- La mesure : La mesure est l’organisation du rythme selon des proportions rationnelles.

- Les durées : Espace de temps, période mesurable pendant lequel s’étire un certain temps.

- La structure musicale : C’est l’agencement formel et l’organisation de différentes cellules rythmique, mélodique et harmonique pour constituer l’architecture d’une œuvre. Mais cependant, un morceau joué de façon trop calibrée serait vide de sensibilité. Le « rubato » (temps volé) est une technique qui permet de faire varier la durée de certaines notes pour donner de l’expressivité à la musique.

• Pour une application pédagogique

- Avec le corps : Le corps est l’instrument privilégié du travail rythmique en classe.
Faire du rythme permet de percevoir une pratique commune à toutes les cultures avec toutes ses spécificités. Cela donne la possibilité d’entrer en communication avec les autres musiciens et de partager un temps avec une communauté. C’est l’accès à ce langage universel de la musique.
Le rythme collectif stimule l’énergie interne mais aussi l’énergie du groupe. C’est un levier pour permettre aux enfants de s’ouvrir au monde extérieur.
Dès la petite section, pratiquer les rythmiques collectives facilite le ciment du groupe/Classe. C’est un partage favorable pour vivre ensemble.
En proposant des chants du répertoire, des déplacements et des frappés sur différentes parties du corps (mains, cuisses, pieds), les séances développeront la motricité fine et la maîtrise corporelle. Ces capacités sont alors transversales dans les domaines de la découverte du monde, du graphisme, de la mémoire et de la concentration. Les enfants progressent alors et gagnent en finesse et en précision. Ils font le lien petit à petit avec le temps et l’espace, l’énergie est au service de la concentration.

- Avec la voix : Le langage est un support du rythme qui passe par le corps mais il est aussi un vecteur pour l’ouverture à la culture. La parole et la voix permettent de mettre en mémoire et de procéder aux accumulations des rythmes. Chanter un rythme est une étape essentielle pour en permettre sa mise en mémoire et transférer ensuite vers l’appropriation de la percussion corporelle ou instrumentale.

- Avec des objets sonores : La manipulation des objets sonores est aussi en lien avec le corps (la main et le bras en prolongement du cœur). La découverte d’une amplitude vaste de timbres de percussion est un enrichissement dans les phases de création. Cette manière de jouer s’adapte en fonction des objets sonores différents. Cela développe une motricité de plus en plus performante (claves, baguettes en bois, ballons, gobelets en plastique, tubes résonants…).

- Avec un codage, vers la création : Coder est une trace mais c’est aussi une manière de visualiser. Le temps est découpé au cycle 1 pour aller vers des accumulations sonores au cycle 2 et 3.
Pour aller vers une création rythmique, il est préférable de partir d’Un rythme simple et régulier permet au départ de proposer des créations simples avec petit à petit des cellules rythmiques dédoublées et régulières. Cela participe à la démarche de création avec des temps de propositions, d’essais, d’erreur et de remédiation.

• Pour l’interdisciplinarité

L’Histoire des Arts permet de prendre conscience des évolutions du rythme à travers des œuvres variées en fonction des époques, des cultures, des découvertes et des sciences.
Le rythme est partout dans les arts : peinture, architecture, sculpture, littérature…
Avec l’opposition entre le rythme/mouvement et le rythme/immobilité de la peinture (architecture, sculpture), mais cette immobilité est une composante d’un équilibre par le rythme.
L’éducation du regard est aussi à développer en observant le rythme dans l’étalement de la matière et l’équilibre des forces d’un tableau.

- Document joint
un document Fiches de jeux de rythmes (Word de 118 ko)

Le rythme en classe : Pourquoi ? Comment ?

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