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article "El Cementerio de los Libros Olvidados", "La sombra del viento" Carlos Ruiz Zafón (íncipit)     -    publié le 18/04/2014    mis à jour le 01/06/2014

Extrait de "La sombra del viento" Carlos Ruiz Zafón (íncipit)

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Séquence pédagogique proposée par Gaëlle Rolain, professeure en LELE au lycée Dautet de La Rochelle.

Couverture "La sombra del viento"

• Analyse du texte : el incipit de "La sombra del viento"

L’ensemble des documents est disponible sur l’espace collaboratif de l’intranet dans le répertoire "TICE et TraAM", "Littérature", "Gaëlle Rolain".

Grâce à un souvenir très précis de son enfance, le narrateur nous livre l’expérience d’une initiation, l’accès au « Cementerio de los Libros Olvidados », qui lui a permis d’entrer dans le monde des adultes. Il s’agit d’un narrateur interne qui s’exprime donc à la 1ère personne du singulier ("recuerdo que / mi padre…") et qui est adulte au moment où il raconte l’histoire ("todavía recuerdo aquel amanecer…"). La mémoire est donc l’élément déclencheur ainsi que le fil conducteur de ce récit. Le champ lexical de la mémoire ("recordar / acordarse de / memoria…") est présent tout au long du récit. De la même façon, les procédés d’écriture montrent qu’il s’agit bien d’un travail de mémoire. Ainsi, l’analepse qui commence à la ligne 16 nous replonge dans une époque encore antérieure à ce jour où Daniel a découvert le Cimetière des Livres Oubliés, six ans avant, c’est-à-dire au moment où sa mère est morte. Cette brève analepse nous permet de voir comment Daniel, enfant solitaire, vit dans un monde imaginaire ("me crié entre libros, haciendo amigos invisibles en páginas…. + …creía que si cerraba los ojos y le hablaba, ella podría oírme desde donde estuviese…").

Le retour au récit premier se fait grâce à un verbe appartenant au champ lexical de la mémoire ("recuerdo que"). Cette mémoire ainsi que ses défaillances ("no puedo acordarme de su cara…") vont déclencher la transmission d’un secret, d’un savoir, un rite initiatique. Dans cette partie, le champ lexical de la mémoire et du souvenir cède le pas à celui du mystère, tant dans la description de la ville que Daniel et son père doivent traverser que dans la description des personnages, gardiens de ce lieu énigmatique qu’est le « Cementerio de los Libros Olvidados ». L’entrée de Daniel dans ce monde réservé aux initiés ("gremio de libreros / cofradía secreta"), aux professionnels du livre ("reconocí los rostros de diversos colegas de mi padre") est comparable à un rite initiatique qui va faire entrer Daniel dans le monde des adultes. Cette initiation, cette transmission se fait de génération en génération ("te diré lo que mi padre me dijo a mí"). C’est par cette révélation faite par son père que Daniel, et le lecteur avec lui, comprend la signification des termes « Cementerio de los Libros Olvidados ». Pour faire partie intégrante de ce groupe d’initiés, Daniel doit non seulement garder le secret, preuve de sa maturité, mais aussi choisir un livre qui sera sien pour la vie ("la costumbre es que la primera vez que…. siempre permanezca vivo"). Dans ce sanctuaire, le livre est personnifié (lignes 114 à 116 + l. 131), à tel point que c’est lui qui choisit son ami autant qu’il est choisi ("quizá debiera decir el libro que me iba a adoptar a mí"). Une complicité entre le livre et celui qui le possède se crée ("la decisión estaba tomada, por ambas partes…").

De retour chez lui, Daniel se plonge dans son livre, ce qui déclenche une mise en abyme. Ainsi, le narrateur nous révèle comment Daniel-enfant découvre la structure du récit et sa complexité, qu’il compare à des poupées russes, semblable à celle du sanctuaire des livres.

Enfin, en conclusion, le thème de la mémoire réapparaît dans la narration et Daniel nous confie que ce livre qu’il avait choisi l’avait marqué et l’a accompagné toute sa vie. Le récit, de façon circulaire, se termine comme il avait commencé par l’allusion au Cementerio de los Libros Olvidados.

Les axes thématiques qui se dessinent après cette analyse sont ceux de la mémoire comme moyen de transmettre un savoir, un secret. Cette transmission, qui va provoquer l’entrée dans le monde des adultes, prend la forme d’un rite initiatique qui n’est autre que la découverte d’un lieu énigmatique, le sanctuaire des livres oubliés, le livre étant un des véhicules de la mémoire.

• Objectifs

- Culturels

  • réflexion sur l’acte de lecture
  • réflexion sur la mémoire

- Didactiques

  • la structure du récit
  • la mise en abyme, le récit dans le récit
  • les figures de style (analepse / référentialité / personnification)

- Civiques

  • la lecture = moyen de transmission d’un savoir
  • l’éducation de l’être humain

- Linguistiques

  • Lexicaux
  • champ lexical de la mémoire (olvidar / recordar / acordarse de / la memoria…)
  • les marqueurs temporels (hace ya muchos años / todavía / por primera vez / los primeros días de… / poco después / el día de / 6 años después…)
  • le champ lexical qui s’y rapporte (amanecer / alba / la tarde / el verano…)
  • le champ lexical du mystère (tinieblas / vapor / sombras / penumbras / criaturas fabulosas / el azar / el destino + enrichissements : misterioso / enigmático / fantasmagórico / oculto…)
  • Syntaxiques
  • les temps du passé (différence entre passé simple et imparfait + emplois)
  • les déictiques (este / ese / aquel)
  • l’hypothèse (tal vez / quizás … + subj)
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