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article Comprendre le comportement des enfants et adolescents sur Internet pour les protéger des dangers     -    publié le 30/04/2010

• Une enquête sociologique

L’association Fréquence écoles a mené une enquête à partir d’entretiens réalisés chez 48 jeunes, de carnets de bord qui leur ont été confiés, et d’un questionnaire auprès de 1000 jeunes de la Région Rhône-Alpes (dont des CE2 et des CM2). Les questions portent sur internet : à partir de quel âge internet intervient-il dans la vie d’un enfant, quels sont les lieux d’usage, la fréquence d’utilisation, les types de sites et services utilisés, le taux de confrontations à des dangers définis, les différentes situations d’addiction et de désocialisation ?

• 99% des jeunes naviguent sur internet. Qu’y font-ils ?

L’enquête confirme que l’âge est plus discriminant que la géographie ou la catégorie sociale pour qualifier les pratiques d’internet. Le multi-équipement est la règle (ordinateurs fixes, mais aussi portables et consoles de jeu). Les enfants se connectent le plus souvent dans une pièce commune de la maison.

L’école primaire est souvent le lieu de l’apprentissage mais le rang dans la fratrie joue également un rôle (la moitié des derniers de la fratrie possèdent un compte MSN, contre le quart des aînés.
D’autres facteurs déterminent les pratiques des plus jeunes sur internet : rural-urbain, parents divorcés ou famille monoparentale-famille composée, sexe, âge.
Initiés par leurs pairs ou leurs grands frères-grandes sœurs, les enfants d’âge primaire jouent, visionnent des vidéos sur YouTube, écoutent de la musique sur Deezer, font des recherches pour eux ou (moins souvent) pour l’école. Plus marginalement ils créent des blogs sur Skyblog et discutent avec leurs copains.

Les écoliers fréquentent peu les réseaux sociaux (sauf MSN), qui deviennent l’activité favorite des collégiens, et encore plus des lycéens. Ils ont également moins de blogs. En fait si la dimension relationnelle est déjà très présente, ils sont dans une tranche d’âge où la famille compte davantage que le réseau des amis. On peut s’étonner des 20 à 70% d’écoliers (selon leur rang dans la fratrie) qui disposent d’un compte Facebook, alors même que le service est interdit aux moins de 13 ans.

Les élèves d’école primaire sont ceux qui vont le moins sur Internet quotidiennement (29,6% des CM2 et 26,4% des CE2). Ils y restent d’ailleurs moins longtemps (moins d’une heure) que les collégiens, préférant encore la télévision. Les écoliers ne sont pas accro à internet, même si la moitié affirme souffrir d’un manque important en cas de privation.

La plupart des jeunes internautes entrent par Google (sans passer par la fenêtre d’URL) et laissent peu de place à la flânerie. Les parcours sont bien définis, voire rituels. Étrangement ce sont les plus jeunes qui se laissent le plus porter par le hasard (peut-être parce qu’ils sont davantage perdus, suggère l’enquête).

L’autonomisation est progressive. Seuls 10% des écoliers déclarent "ne pas avoir de règles" parentales. Les logiciels de contrôle parental ne donnent pas entièrement satisfaction, les parents préfèrent superviser de près la navigation de leur enfant. Les restrictions d’usage concernent la fréquence et la durée des sessions, et les sites autorisés. Les écoliers, très encadrés, respectent les règles.

• Le risque, une notion complexe

L’enquête s’attarde sur les notions de risque, de danger, de préjudice, dont l’approche est complexe. Les plus jeunes ont du mal à identifier les risques et sur-représentent certains risques (virus, bugs, piratage, contenus néfastes, les mauvaises rencontres arrivant derrière...). Plus de la moitié partagent leurs mauvaises expériences d’internet avec leurs frères et sœurs plus âgés.

En grandissant les enfants sont de moins en moins naïfs. "C’est entre le CE2 et le CM2 que les écarts sont les plus considérables : à environ 8 ans, ils sont presque la moitié à penser que tout est vrai sur Internet (48,6%) et deux ans plus tard, ils ne sont plus que 17,6%." Ils ignorent la publicité, sauf les plus jeunes, qui ne l’identifient pas forcément. Ils développent des stratégies pour éviter les expériences négatives.

Les auteurs préconisent des actions de sensibilisation en direction des plus jeunes, au primaire, qui sont les plus insouciants. Outre la mère, puis la télévision, on suppose qu’ils assignent cette tâche à l’école.

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