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article La classe numérique : premiers usages du tableau interactif     -    publié le 23/12/2009

• Les grandes fonctionnalités du tableau

Le tableau numérique, grâce à son logiciel et à ses ressources associées, permet d’afficher tout type de document numérique (extrait de la galerie fournie, ou de ressources externes – internet par exemple) et d’agir sur ces documents :

  • annoter, surligner, tracer sur un texte, une image, une page web ou une capture d’écran (de logiciel, de vidéo, d’animation flash...) ;
  • déplacer, glisser-déposer, agrandir-réduire, cloner des objets ;
  • masquer et découvrir, effacer et révéler ;
  • incorporer différents médias dans la page (insérer du son, des animations, de la vidéo, des liens ) ;
  • annuler - refaire, organiser les pages ;
  • enregistrer tout ce qui a été annoté pour le réutiliser ultérieurement.

Grâce à la mémoire du TBI, je peux naviguer librement dans le cours (revenir sur une notion ou faire des bonds selon les besoins ou questions des élèves). L’élève prend conscience du cheminement, anticipe. Les travaux sont réutilisables, en prise directe avec les activités en cours et il devient facile de rebondir en gardant l’ambiance de travail qui se crée autour du TBI.

• La plus-value pédagogique : la mise en scène des documents

Le TBI facilite la présentation et l’exploitation des documents. Il les rend visibles, lisibles, par toute la classe et je peux les mettre en scène en les manipulant avec le stylet. Je suis dans l’écran, pas dissimulée dans un coin de la classe derrière un écran d’ordinateur.

La projection lumineuse focalise l’attention et captive les élèves. C’est surtout le côté inattendu et parfois surprenant (comme les changements de couleur de ce qui est écrit) qui arrive à ramener l’attention et à recapturer un « papillon » parti butiner ailleurs. La motivation des élèves - et la mienne - est renforcée.

Les élèves s’emparent volontiers du tableau. Participant davantage, procédant par essais-erreurs, ils comprennent que l’erreur fait partie du processus d’apprentissage.

Cet outil semble aussi favoriser les interactions entre les élèves.

Outil collectif de l’enseignement magistral par excellence, le TBI conduit progressivement les enseignants de l’école à une pédagogie moins transmissive. Il se prête bien au travail par groupes de besoin (un groupe en interaction autour du TBI, un autre groupe sur une tâche écrite ou autres). La mémoire du tableau, qui permet d’annuler-refaire facilement, permet à l’enseignant d’improviser plus facilement et de s’adapter avec plus de souplesse aux besoins des élèves.

Dès que les enfants de la classe ont "oublié" le TBI, il est devenu un réel outil de différenciation. Sa réactivité permet de travailler en quelques secondes sur une incompréhension passagère avec un petit groupe et revenir à des manipulations très réalistes encore et toujours nécessaires pour des enfants de cycle 1 ou 2.
L’utilisation de supports d’exercices variés enrichit les situations d’apprentissage. À tout instant, il est facile de créer en direct un exercice, adapté à une difficulté ponctuelle rencontrée. Je peux facilement insérer une image, une vidéo ou un son, des précisions, des définitions... les ressources étant issues de la galerie du logiciel du TBI, d’une page web, d’un fichier sur le serveur. Mes difficultés ont été de canaliser l’étendue des possibilités.

• Les effets sur les élèves … et les enseignants

Les manipulations proches du réel ont donné du sens l’apprentissage, Ils sont ainsi amenés vers une phase de représentation mentale, les manipulations répondent à un besoin de sensorialité, elles canalisent l’attention et la centrent sur ce qui constitue l’essentiel de l’apprentissage. L’utilisation est simple voire intuitive.

Le TBI stimule la participation des élèves qui apprécient les nouvelles technologies et acceptent volontiers de venir manipuler le dispositif devant leurs camarades. Les élèves montrent plus d’intérêt pour l’activité, plus d’attention générale et plus d’écoute. De même, selon mes collègues, les nouvelles connaissances présentées sollicitent plus d’interactivité avec le document mais également au niveau interpersonnel. Cette dimension est très importante, surtout pour les élèves en difficulté.

La préao (présentation assistée par ordinateur) utilisée avec le vidéoprojecteur seul ne permet pas d’interactivité. Le diaporama est un faux ami du TBI. L’activité au tableau permet de décomposer toutes les étapes de l’analyse des documents (remettre dans l’ordre, analyser oralement un tableau, légender un schéma, une photo, tracer les contours) de multiplier différentes actions (traitement de texte, retouches graphiques, mise en œuvre de logiciels de géométrie dynamique...) devant la classe et donc de la faire participer. C’est la confrontation entre les représentations et les hypothèses des élèves (entre eux et avec le TBI) qui est importante.

Le tableau permet également de familiariser les élèves avec la manipulation de l’outil informatique et de les guider dans l’exploitation de ressources numériques qu’ils pourront utiliser par la suite de façon autonome.

Du coup, certains exercices sur CD-Rom ou en ligne qui n’étaient pertinents qu’en présence d’un adulte susceptible d’aider pour donner du sens retrouvent une légitimité pédagogique avec le TBI.

L’enseignant n’est pas enchaîné au TBI : il est plus mobile et plus disponible pour la classe. L’acte pédagogique en bénéficie.

Ainsi, en cycle II, pour l’écriture et formation des lettres (Didapages, ou enregistreur dans le Notebook) les lettres passent en boucle et l’enseignant peut circuler dans les rangs.
Autre exemple en cycle II : pendant que les élèves recopient le cours projeté au tableau je circule dans les rangs pour m’assurer que le cours est bien noté. Les cahiers de cours sont mieux tenus.

Par ailleurs, le TBI améliore la compréhension des élèves par une visualisation de certaines notions de géométrie grâce à l’utilisation d’un logiciel de géométrie (pendant que la construction dynamique d’une figure est projetée au TBI, je circule pour contrôler ou aider certains élèves).

• Des questions en suspens

Tout nouveau, tout beau ? Les effets positifs relevés sur l’attention, la concentration, la motivation sont-ils durables ou bien n’est-ce qu’un feu de paille lié à l’attrait de la nouveauté technologique ? Réponse dans quelques années... Pour l’instant je me réjouis du plaisir d’apprendre suscité chez ses élèves par l’usage du TBI.

Certaines études ont montré les effets bénéfiques du TBI sur les apprentissages, et expliqué l’appétence des jeunes pour les nouvelles technologies (le professeur Kochman, dans un article paru dans le Monde 2 en septembre 2007, explique que la mémorisation dépend de l’émotion, notamment visuelle). On manque cependant encore de recul, il faudrait comparer avec des groupes témoins.

Quel type de vidéo projecteur réduit le plus les risques de fatigue visuelle ? Quels sont les réglages les moins nocifs ? L’ombre portée, les reflets et le point chaud peuvent être réduits par la fixation adéquate du vidéo-projecteur au plafond, la réduction de la puissance d’éclairage (mode éco) et par l’utilisation de la baguette (utile aussi car les enfants ont souvent les mains moites qui glissent sur la surface du tableau tactile).

Le vidéo projecteur et le TBI peuvent-il cohabiter sans risque avec le tableau à craie ? Selon les fournisseurs, la poussière limite la durée de vie du vidéo projecteur.

• Un premier bilan positif

L’utilisation pertinente d’un TBI demande un investissement important de la part des enseignants qui doivent concevoir de nouvelles activités. Une meilleure mutualisation avec d’autres utilisateurs profiterait sans doute à l’usage pédagogique.

Une fois pris en main, l’outil permet de gagner bien souvent un temps précieux en classe et rend l’enseignement plus efficace, à condition que le tableau soit disponible dans la classe en permanence.

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