Annexe 1 Maths Mag N°3 publié le 08/04/2019  - mis à jour le 19/05/2019

Suite de l'article sur Roman Apolka

....Suite de son manifeste

  • En s’engageant dans son premier tableau (OPALKA 1965 / 1 - ∞ Détail 1-35327), l’artiste a réduit les moyens plastiques à l’essentiel. Il choisit volontairement de réduire sa palette au noir et blanc. Il s’engage à cet instant consciemment pour toute sa vie dans une seule et unique voie, et alors que l’on pourrait penser qu’il s’installe dans une monotonie, l’artiste répond qu’au contraire, il est l’artiste qui logiquement fait à chaque nombre, quelque chose de réellement différent. À juste titre, pour lui, rien ne se répète jamais (si ce n’est les chiffres composant les nombres).
  • Arrivé au nombre « 1 000 000 », en 1972, il décide de faire évoluer son travail. Dès lors, à chaque nouvelle toile entamée, il ajoute 1 % de blanc dans la peinture servant au fond à sa toile, initialement noir à 100 %. Petit à petit, les fonds blanchissent, marquant d’une nouvelle manière le temps qui passe. Toutefois, afin de ne pouvoir être accusé de « fraude », Roman Opałka veille à utiliser deux blancs différents, un pour ses nombres (blanc de titane) et un pour le blanchissement progressif de son fond (blanc de zinc). Aussi, même sur ses toiles les plus récentes (donc les plus blanches), on peut encore distinguer le tracé des nombres en regardant la toile sous un certain angle.
  • Roman Opałka a entrepris deux autres démarches dans ce projet de vie artistique.
  • À la fin de chaque séance de travail, Opałka se prend en photo sur fond blanc selon le même protocole : cadre serré, éclairage lumineux et régulier, fond blanc, chemise blanche, cheveux qui blanchissent, il vient peu à peu se fondre dans le fond, y disparaître. Ce rituel est pour lui une façon de rendre encore plus visible la dimension physique et humaine de son travail.
  • Lorsqu’il peint, Opałka s’enregistre sur bande magnétique, lisant, en polonais, les nombres qu’il est en train de peindre. Toujours dans ce projet de « capture » du temps, de l’instant.

Pour aller plus loin, découvrir Opalka au travail (vidéo 3 min 06) : Fondu au blanc https://www.youtube.com/watch?v=p5I0rDF_xpQ

A propos de l’artiste

  • Roman OpalKa (1931-2011) est un peintre franco-polonais majeur de l’art conceptuel. De 1965 à sa mort, il se consacre à l’œuvre de sa vie dont le but est d’inscrire la trace d’un temps irréversible. Ses moyens d’expressions sont majoritairement ses Détails (suite de nombres peintes sur toile), des autoportraits photographiques et des enregistrements sonores de sa voix.
  • En 1965 à Varsovie, Roman Opałka attend dans un café sa femme, qui tarde à arriver. Ce temps mort lui donne la solution à son travail en gestation : il a l’idée de matérialiser le temps par la peinture. Opałka cherche à rendre perceptible un temps irréversible.

Pistes pédagogiques

  • Avec ses Détails Roman Opalka propose une sorte de règle de jeu ou de mode d’emploi de son œuvre.
  • Les couleurs de départ sont énoncées : Noir et blanc. Ecriture blanche sur fond noir puis sur fond noir recevant 1% de blanc supplémentaire à chaque nouvelle œuvre.
  • Pendant la réalisation de l’œuvre, enregistrement de la voix prononçant les chiffres en train d’être peints. A la fin de chaque séance, prise de photo du visage devant le détail en cours, en cadre serré, avec un éclairage lumineux et la même chemise blanche.
    Ce protocole invite à :
  • - Explorer d’autres contrastes de couleurs (une couleur primaire et sa complémentaire, juxtaposition, répétition – variation – sériation autour d’un motif, …),
  • - Imaginer des modalités de mise en œuvre précises pour réaliser des productions plastiques. Les élèves sont alors placés en condition de réalisateur et même de concepteur. Les contraintes deviennent ici source d’invention et de création.

Crystèle Ferjou, CPD arts plastiques – DSDEN79

Sources : Wikipédia ; Eduthèque - Pomp
Mots-clés : Chiffre/ Nombre/ Série/ Variation/ Infini/ Noir & Blanc/ Temps irréversible

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Auteur

 Gaby Bonnet

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