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article Le Prix Jean Renoir … une partie de plaisir !     -    publié le 19/05/2017

Visuel "Prix Jean Renoir"

• La règle du Jeu

Le prix Jean Renoir des lycéens est un prix accordé au film plébiscité par les élèves durant une année scolaire, choisi parmi 7 films projetés dans une salle partenaire.

C’est aussi des prix remis aux élèves pour leurs meilleures critiques, qu’elles soient académiques (écrites) ou libres (sous forme de tableaux, de collages, de vidéos …).

Au delà des récompenses, c’est surtout l’occasion de pouvoir travailler avec nos élèves sur les critiques des films.
Il s’agit donc de mettre en avant l’analyse critique d’images en mouvements. Pour ce faire nous avons utilisé des fiches de vocabulaire qui nous ont permis de mieux cerner les termes à appliquer aux films (voir fiche de vocabulaire analytique).

un document Fiche Vocabulaire analytique (PDF de 112.2 ko)

Prix Jean Renoir des lycéens.

Un outil très utile dans ce domaine est le site Centre image qui permet aux élèves de s’exercer à maîtriser les expressions propre à l’analyse filmique, en autonomie.
Ainsi entre travelling, panoramique, plongées, contre plongée, nos élèves ont pu petit à petit acquérir les mots pour dire, les mots pour décrire, ce que les images leur livraient, leur révélaient.

Ces critiques doivent êtres mises en valeur sur un site internet ou une page Facebook animée par des élèves, ce qui leur permet par ce biais de découvrir la façon dont on se doit d’animer une page sur un réseau social.
D’autre part, nous avons aussi créé des feuillets mettant en valeur nos critiques et distribués au sein du cinéma partenaire, l’El Dorado de Saint Pierre d’Oléron.
Enfin, nous avons participé aussi à la rédaction de newsletters du prix Jean Renoir en écrivant des articles sur la vie culturelle de notre établissement mais aussi sur le film de l’année ou encore un film de patrimoine. C’est ainsi que Mano a écrit sur le festival hip hop que nous avons monté au CEPMO, Léonard a pu s’exprimer librement sur le film Chocolat de Roschdy Zemou et Lalou a pu faire partager sa passion pour Vol au dessus d’un nid de coucou de Milos Forman.
L’occasion pour les élèves de mieux comprendre les enjeux propres aux newsletters et de s’initier aux métiers de journalistes.

Mais concrètement, comment participer à ce prix ?
Les règles sont simples : vous inscrivez une classe ou un groupe d’élèves identifiés auprès de la DAAC, vous visionnez 7 films de septembre à avril et vous produisez des critiques sur ces films.
Puis au sein du groupe vous débattez pour choisir le film qui a conquis les élèves et les questions qui leur semblent les plus pertinentes à poser à ceux qui ont produit, distribué ou réalisé le film.
Dès lors deux représentants de la classe vont rejoindre les autres lycées participants pour aller à la découverte de la FEMIS, l’École nationale supérieure des métiers de l’image et du son, et délibérer pour élire le film qui sera primé.

Les prérequis sont simples : avoir envie comme toujours, avoir une salle de cinéma partenaire, parvenir à dégager du temps pour pouvoir débattre et écrire ou créer des critiques. Et avant tout : s’inscrire au dispositif proposé par la DAAC et cela avant le 31 Mai.


• Vivre libre

Ces contraintes sont peu de choses car les critiques peuvent prendre des formes libres, ainsi toutes les expressions sont les bienvenues. C’est ainsi qu’on peut trouver des œuvres picturales , des vidéos, des enregistrements audio, des chansons, des calligrammes !
Ce qui compte c’est d’amener les élèves à dire, à construire leurs pensées, à élaborer une argumentation.

Dès lors, tout est possible : l’interdisciplinarité est bien sûr au rendez-vous et nous pouvons en tant que professeur documentaliste développer des séquences mettant en œuvre les compétences info-documentaires, telles que :

  • en classe de seconde :
    • savoir transférer des connaissances spécifiques qui répondent adéquatement à la question (maîtrise du vocabulaire spécifique),
    • savoir utiliser de manière critique les moteurs de recherche et les ressources en ligne (internet, intranet de l’établissement, blogs),
    • savoir critiquer des documents de types différents,
    • savoir respecter le droit et l’éthique de l’information quand je m’engage dans un projet de création et publication sur papier ou en ligne utile à une communauté d’utilisateurs dans ou hors de l’établissement,
    • savoir se remettre en question, dialoguer, confronter, collaborer, accepter un regard critique.
  • en classe de première :
    • connaître les méthodes permettant la compréhension critique des informations dont les médias sont porteurs et les réactions qu’ils suscitent (commentaires interactifs, blogs, tweets...),
    • savoir sélectionner les éléments pertinents en lien avec un objectif ou une problématique adéquate,
    • savoir émettre toutes les hypothèses / dégager toutes les idées implicites,
    • savoir critiquer des documents de types différents,
    • savoir justifier un point de vue en mettant en lien un argument et un exemple,
    • être capable d’utiliser des outils d’information pour produire soi-même de l’information, pour communiquer et argumenter. Je sais me servir librement et de manière responsable des médias modernes, comme supports de pratiques citoyennes mais aussi créatives.

Les professeurs de français sont dans ce cadre des interlocuteurs privilégiés car ils peuvent par ce biais aborder une partie de leur programme :

  • en classe de seconde :
    • genres et formes de l’argumentation : XVIIème et XVIIIème siècle,
    • écriture d’argumentation,
    • l’éducation aux médias.
  • en classe de première :
    • les réécritures, du XVIIème siècle jusqu’à nos jours,
    • l’éducation aux médias.

Il en va de même des enseignants d’arts plastiques (pdf de 144 Ko) :

  • partenariat ;
  • TICCE ;
  • les relations qu’entretiennent « la forme » et « l’idée ;

Avec des compétences en relation directe avec le dispositif du prix Jean Renoir :

  • choisir ses propres moyens d’expression en fonction d’un projet ;
  • utiliser un vocabulaire descriptif précis et approprié ;
  • travailler dans une relative autonomie, conduire un travail personnel et assumer sa présentation au regard des autres ;
  • témoigner d’un comportement attentif et ouvert aux démarches artistiques dans leur diversité ;
  • participer à une analyse collective de façon ouverte et argumentative en demeurant attentif à la parole des autres.

Ou encore des enseignants d’histoire géographie compte tenu des sujets abordés. Certes nous ne connaissons pas les films projetés à l’avance, mais cependant nous voyons avec du recul que les films sont de nationalités diverses abordant donc des thèmes toujours en relations avec des problématiques qui sont propres à chaque pays. Faisant par la même le lit de l’EMI.


• Une partie de plaisir

Dès lors, l’aventure peut commencer.
Cette année le film primé a été Les oubliés de Martin Zandvliet.
Il aborde la culpabilité du peuple danois quant à l’utilisation de prisonniers de guerre allemands très jeunes qui devaient déminer les plages danoises après la seconde guerre mondiale.
Un sujet proche des élèves de par l’identification possible entre eux et les jeunes soldats, mais aussi un travail de mémoire sur cette partie parfois occultée de l’histoire.
D’autres films on marqué nos élèves. Ainsi Sonita de Rokhsareh Ghaem Maghami met en avant l’histoire d’une jeune fille afghane réfugiée au Liban et qui tente de s’en sortir à travers le rap.
La mise en avant du rap a été largement plébiscitée par nos élèves qui ont vu en cette adolescente, l’espoir d’une génération, l’espoir quant à la possible libération des jeunes filles du monde entier privées de leur libre arbitre, soumises au mariage forcé.
Une belle aventure que celle de Sonita, un message d’espoir !

Les séances autour des films se sont déroulées de manière très diverses, nous partions parfois des cartes postales des réalisateurs qui nous permettaient d’entamer le débat après la projection du film :

Prix Jean Renoir des lycéens 2017 : carte postale R. Maghami, réalisatrice de "Sonita"

Débat qui débouchait sur des thématiques fortes ou des procédés filmiques qui avaient marqués les élèves puis nous nous lancions dans l’écriture ou la création de critiques.

D’autres fois, nous sommes partis de comparaison, mettant en perspective certains films de la sélection pour les comparer à d’autres œuvres cinématographiques.
C’est ce que nous avons fait avec le film Soy Nero de Rafi Pitts mis en parallèle avec La jaula de oro de Diego Quemada-Diez.
En effet, ces deux films présentaient des similitudes quant au sujet abordé à savoir l’immigration illégale et la recherche d’identité, mais ils abordaient ce thème de manières différentes ce qui nous a permis de comparer des œuvres.

Enfin, nous avons aussi utilisé les dossiers pédagogiques (pdf de 14,3 Mo) réalisés par le prix Jean Renoir pour notamment Les oubliés , ce qui nous a amené à donner une perspective historique à l’étude du film, précisant certaines données.

Autrement dit les approches peuvent être très variées :

  • comparaison d’œuvres cinématographiques ;
  • interdisciplinarité avec notamment l’intervention du professeur d’histoire géographie ;
  • analyse de l’image ;
  • analyse des procédés filmiques ;
  • techniques audiovisuelles (prise de son, tournage, montage) ;
  • animation de la page consacrée au prix sur les réseaux sociaux ;
  • création d’un blog ou d’un site internet.

• Le déjeuner à la FEMIS

L’aboutissement de ce travail d’une année a été de nous rendre sur Paris à la FEMIS pour rencontrer d’autres élèves, venant de la France entière avec lesquels nous avons pu débattre des films.
Un exercice d’argumentation difficile mais enrichissant.
Durant deux jours, nous avons d’une part rencontré les réalisateurs, producteurs, distributeurs propres à chaque film et nous avons pu leur poser nos questions pour mieux comprendre leur démarche créative, pour mieux cerner les dessous des films, les intentions de chacun.
Les élèves ont aussi pu découvrir les formations de la FEMIS et le fonctionnement de cette école et aussi les courts métrages créés par les étudiants.

« Il y a une chose effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. » Jean Renoir

C’est sans doute à cela que sert le prix Jean Renoir, à amener nos élèves à réfléchir sur ce que les réalisateurs et toutes leurs équipes mettent en œuvre : nous raconter des histoires qui nous poussent vers une réflexion, une mise en perspective du monde qui nous entoure, pour le percevoir avec des points de vue différents, avec des approches nouvelles.
C’est cela l’aventure du cinéma, nous pousser à voir au-delà des images et des sons, nous enrichir les uns les autres, savoir écouter, savoir échanger pour mieux penser ce que nous voulons être et les idées que nous souhaitons défendre au cœur de la cité.

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