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article La vérité sur l’affaire Harry Quebert     -    publié le 14/01/2013

Pour cette nouvelle année, nous vous offrons des coups de coeur à plusieurs mains !

• Le coup de cœur de Sylvie Bégué

- La vérité sur l’affaire Harry Quebert

Couverture "La vérité sur l'affaire Harry Quebert"

Il faut faire confiance au goût littéraire des adolescents surtout lorsqu’ils participent au Prix Goncourt des Lycéens car cette année encore, ils ont élu meilleur roman un texte passionnant. Polar qui se déroule sur la côte est des États-Unis, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert est aussi un très bel hymne à la littérature et à l’écriture. Marcus Goldman, jeune auteur new-yorkais qui vient de connaître un premier succès fulgurant, mène l’enquête sur la disparition de Nola Kellergan, adolescente de 15 ans, assassinée 33 ans plus tôt et retrouvée dans le jardin de son ami et maître en littérature, l’écrivain Harry Quebert. Persuadé de l’innocence de son ami et avec l’aide d’un policier local aussi bourru qu’efficace, Goldman entreprend une investigation incroyable, allant de rebondissement en rebondissement, entre flash back et histoire de la communauté de la petite ville d’Aurora où s’est déroulé le drame. Une construction parfaite mèle l’enquête policière et l’écriture du nouveau roman de Goldman qui raconte l’histoire de Harry, de Nola et de tous ceux qui les ont côtoyés en ce fatidique été 1975. Livre dans le livre et polar bien ficelé font de ce roman un grand plaisir de lecture qui s’arrête trop tôt malgré ses 670 pages. Cerise sur le gâteau, la première de couverture illustrée par un tableau du grand peintre Edward Hopper invite le lecteur dans un décor typiquement américain avant même qu’il ne commence sa lecture ...
La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, Joël Dicker, Editions de Fallois/L’Âge d’homme, 2012

• Les coups de cœur d’Isabelle Soulard

- Le huitième continent

Couverture "Le huitième continent"


de Florian Ferrier. Plon – juin 2012

Hallucinant. A la fois roman d’aventures qui flirte avec l’irrationnel, robinsonnade moderne et violente, alerte rouge à la société de consommation, Le Huitième Continent ne laisse pas un instant de répit moral au lecteur. Christo et sa grande sœur Roxane partent en vacances sur un voilier au large du Pacifique, avec leurs parents et un skipper. Le voyage tourne mal, les parents disparaissent par-dessus bord, le bateau coule. Les trois naufragés dérivent vers un vortex, et un immense conglomérat de déchets en tous genres, amassés depuis des années. Perdus sur leur petit canot de sauvetage, sans eau ni nourriture, ils ne doivent leur survie que par l’intervention d’un vieil Allemand fou et son rafiot délabré. L’homme leur montre quelques dangers du vortex : requins affamés rôdant sous les plaques de plastique(s), mines de la Seconde Guerre Mondiale qui dérivent, et... pirates aux mœurs de charognards. Malgré tout, Roxane et Christo vont tenter de s’échapper, à leurs risques et périls.

- La faute de Rose

Couverture "La faute de Rose"


De Florence Cadier. Éditions Th Magnier

Très court roman de cent dix pages, La faute de Rose alterne deux temps de narration : celui du présent, où elle est emprisonnée dans le couvent des sœurs Magdalènes et cherche à tout prix à fuir, et celui d’un passé proche, lorsqu’elle a rencontré Sean, leurs rendez-vous secrets et leur fuite vers Dublin.

Rose rencontre Sean à l’âge de 15 ans, l’âge des premiers amours, ceux qui forgent une vie et parfois la dévastent. Sean est ouvrier agricole, orphelin, pas assez bien pour les parents de Rose, mais trop tard le mal est fait ils s’aiment et prennent la fuite...Cet amour en exil nous est raconté en même temps que la vie de Rose quelques années plus tard alors qu’elle est enfermée dans un couvent qui n’est autre que celui des tristement célèbres sœurs Magdalènes connues pour remettre sur le droit chemin les filles perdues.Mais l’espoir de l’amour de Sean que Rose porte en elle est plus fort que la sévérité et la douleur, il la fait vivre et la pousse à s’enfuir.Un court roman intense et bien mené, dont on sort décontenancé tant la force des sentiments qui émanent de Rose nous porte et nous pousse nous aussi à croire en des jours meilleurs. L’Irlande du XIXe, sa dureté morale, et pourtant toutes les espérances de sa jeunesse...Mettant en scène des thématiques extrêmement fortes, La faute de Rose ne manquera pas de faire réfléchir les adolescents d’aujourd’hui sur les mœurs d’un temps pas si lointain que cela

- Je renaitrais de mes cendres

Couverture "Je renaitrais de mes cendres"

D’Elisabeth Brami. Éditions Flammarion

Shosha décide d’écrire son Journal de Terminale, car elle vit des années difficiles : elle est en colère, en révolte contre le monde des adultes et elle décide d’aller à la recherche de ses origines. Ce qui fait beaucoup.

Elle sait que sa mère a tout tenté pour supprimer sa vie avant sa naissance, elle devine que sa famille cache des secrets, et elle veut tout savoir, tout élucider.

’ Ma colère, c’est mon moteur, un fil d’Ariane pour sortir de mon labyrinthe intérieur. Mais est-ce que je veux réellement en sortir ? Pour quoi faire ? Est-ce la peur qui me bloque ?

’ Naître et y mettre toutes ses forces de bébé parce qu’on croit capable de convaincre le monde entier qu’on va être l’unique, l’indispensable, l’enfant rêvé ?

’ Naître et forcer le destin’...

Shosha va jusqu’au bout de ses démarches courageuses, elle affrontera l’Histoire, elle dont le prénom est déjà un signe.

Un livre extrêmement riche, puissant, qui apporte beaucoup aux adolescentes en colère, aux parents qui doivent affronter leurs révoltes, ou ne savent comment expliquer une Histoire douloureuse, présente dans leur famille au sens large. Et à toutes, tous ses lectrices, lecteurs souvent bouleversés, captifs des émotions, des poèmes de la jeune fille passionnée.

- Les trois vies d’Antoine Anacharsis

Couverture "Les trois vies d'Antoine Anacharsis"


D’Alex Cousseau. Éditions du Rouergue

Il s’appelle Taan. Ou Antoine. Ou Anacharsis. Peu importe. Son histoire commence en 1831, sur une petite île nommée Nosy Boraha, dans les mers du Sud. Il est né avec un mystérieux médaillon autour du cou, contenant le plan du trésor de son ancêtre, le fameux pirate Olivier Levasseur, dit La Buse.À la poursuite de ce trésor, il a fait plusieurs tours du monde, il a vécu des aventures extraordinaires, il a rencontré des personnages étonnants. Il a été esclave dans une plantation, voleur à New York, baleinier au Cap Horn.Il a vécu, il est mort et il est né trois fois. Et aujourd’hui ce sont ses trois vies qu’il nous raconte, pour nous prouver que les trésors existent...

C’est un tour de force que ces Trois Vies d’Antoine Anacharsis qu’on ne peut lâcher ! Toute vie est en partie rêvée, réalité et fiction étroitement mêlées, l’imagination venant à la rescousse de la mémoire. Sur ce fil tendu entre fable et Histoire, Alex Cousseau compose un récit au charme entêtant, dans la grande tradition du roman d’aventures, piqué d’échappées poétiques. Alex Cousseau s’y révèle un fabuleux conteur dans la pure tradition des romans d’aventures du XIXe siècle tout en gardant une vivacité de ton bien d’aujourd’hui.

- Kabylie twist

Couverture "Kabylie twist"


De Lilian Bathelot. Éditions Gulf Stream

Un « docu-fiction », en quelque sorte. Le roman met en scène plusieurs personnages selon le concept suivant : un narrateur différent à chaque chapitre (9 narrateurs au total). On passe d’un personnage à l’autre, d’un point de vue à l’autre, sans pour autant se perdre ou dévier de l’histoire. Au fil des pages, le récit se met en place, les histoires s’imbriquent, se rejoignent, et, enfin, ne font qu’une. L’image d’un puzzle me paraît idéale pour décrire cet effet.

Fiction mêlée de réalité, il retrace les moments difficiles d’une poignée de citoyens durant la guerre d’Algérie : jeunesses brisées par les horreurs de la guerre, attaques militaires, amitiés, rêves de réussite, crimes crapuleux…

Le début du récit peut donner un peu de fil à retordre, essentiellement à cause du style, très bref, avec des phrases courtes, voire sans verbes. Les nombreux retours à la ligne brisent le regard et la lecture. Mais, petit à petit, on s’habitue, et on se laisse totalement emporter dans les vies pleines d’énergie des jeunes protagonistes. Le destin de Najib et Claveline m’a particulièrement touchée.

En conclusion, un très bon livre, que je situe entre le documentaire et le roman d’aventures, qui m’a ouvert les portes de la connaissance sur cette guerre ; guerre, qui, je m’en suis aperçue en discutant avec quelques personnes, cache encore son lot de non-dits, de tabous, de honte et de souffrances.

• Le coup de cœur MANGA de Maud Halbout

Couverture "Solanin"


Solanin Vol.1 . Inio Asano. Kana éditeur.

La quatrième œuvre d’Inio Asano, un seinen paru en 2006, se penche sur le passage de la jeunesse à l’âge adulte.
Ce one-shot, en deux tomes dans sa version française, présente le quotidien de Meiko et Taneda, installés à Tokyo depuis deux ans et jeunes travailleurs.
Meiko, qui travaille comme office lady, gagne à peine de quoi payer son loyer. Taneda vit d’un petit travail d’illustration. Leur histoire est vue au travers des yeux de Meiko, qui s’interroge sur le cours de cette vie banale : la fin des études, l’installation en couple, le quotidien... et le sentiment permanent d’avoir manqué une étape.
Meiko va décider de démissionner, poussée par ce besoin de ne plus faire ce dont elle n’a pas réellement envie. Taneda va prendre une deuxième décision importante pour leur avenir : se consacrer à l’écriture pour son groupe de rock, et tenter de réaliser leur rêve des débuts.
Une fois leurs routines brisées, ils vont ressentir le frisson de l’incertitude : tout est désormais possible dans leur vie, et se consacrer à réaliser ses rêves demande un travail acharné. Mais c’est compter sans le destin, qui va s’inviter et changer radicalement leurs vies... et celles de tout leur entourage.
Solanin t.1 s’achève sur une situation tragique, où tout peut basculer : à découvrir en prévoyant d’avoir accès rapidement au tome 2 !

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