Des documents accessibles publié le 12/05/2014  - mis à jour le 17/07/2018

principes à garder à l'esprit lorsqu'on propose un support à ses élèves

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Quand les documents pédagogiques sont faciles d’accès, cela simplifie la vie des élèves, notamment de ceux qui ont des besoins particuliers (qui ne peuvent pas assister au cours en ce moment, qui ont une mauvaise vue, des soucis de compréhension...).

Lors des "Rencontres autour du numérique" le 9 avril 2014 un élève, des parents, des enseignants et des conseillers ont croisé leurs connaissances.

Cédric Couvrat est enseignant spécialisé (titulaire d’un CAPASH) à ce titre et en sa qualité d’enseignant animateur TUIC, il a coordonné, pendant 3 ans, le dispositif d’équipement des élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire pour le département de la Vienne.

Nathan Rochais prépare un bac professionnel accueil au lycée professionnel du Dolmen1. Il est atteint de dyspraxie. Il a connu différents établissements scolaires, et a appris petit à petit à s’adapter aux différents contextes d’apprentissage avec l’aide des professionnels de l’éducation, et de ses parents. Il utilise l’ordinateur (en particulier suite bureautique avec traitement de texte, tableur et PréAO) depuis le collège où il était aidé par une ergothérapeute. Il apprécie de travailler avec les mêmes outils que les élèves de sa classe non atteints de problèmes "dys". Cette année il fait partie des élèves qui ont un portefolio personnel (blog Wordpress mis à disposition par son lycée) et un bureau virtuel (Symbaloo).

Il confirme ce que disent les conseillers de l’ASH2 :

Quand les documents de cours sont numériques le travail de l’élève est facilité et les interactions avec l’enseignant sont bonifiées

 Pour lui comme pour beaucoup de jeunes il est plus facile d’écrire avec un clavier qu’à la main.
 S’organiser pour avoir le bon document au bon moment est plus simple avec des fichiers numériques : il y a moins de manuels et classeurs à transporter.
 Quand un document est créé en format numérique n’imprimer que si nécessaire et favoriser les interactions numériques qui sont considérablement plus riches : co-intervention, annotations, suivi des modifications… cf article "le traitement de texte produire et corriger". Les aller-retours du papier au numérique s’avèrent compliqués et peu productifs.

Une typographie bien choisie facilite la lecture et la compréhension du document

 Les polices sans empattement (polices de type sans-serif comme par exemple « Arial ») sont plus claires.
 Les paragraphes aident à différencier les parties d’un texte. Il est préférable que le texte soit aéré.
 Un texte justifié (mise en page dans laquelle toutes les lignes sont de la même longueur) ou présentant des lignes trop longues impacte négativement les performances de lecture et donc la compréhension.
 S’il y a des titres de différents niveaux et que tous les titres d’un même niveau sont du même style le lecteur comprend mieux l’organisation des idées. La police Wordart est à proscrire pour les titres car trop peu lisibles.
 Des règles typographiques récurrentes faciliteront l’immédiateté de l’accès à l’information. Une consigne qui se différencie du contenu de l’exercice, avec une police ou un effet que les élèves reconnaîtront tout au long de l’année, leur permettra de l’identifier et de la différencier avec un coût cognitif réduit.
 Si les mots importants sont valorisés visuellement ils sont mieux repérés.

La simplicité facilite la compréhension

 Les documents pédagogiques sont parfois trop complets. La quantité d’informations n’est pas proportionnelle à l’amélioration de la compréhension.
 Les éléments à vocation décorative (illustrations, cadres et bordures) occasionnent une surcharge cognitive. Il vaut mieux choisir des images qui apportent une valeur ajoutée au niveau du sens.
 Les couleurs choisies par l’enseignant peuvent perturber le lecteur. Il vaut mieux privilégier le noir sur fond blanc et laisser à l’élève la possibilité de choisir les couleurs de soulignage ou surlignage qui l’aideront à comprendre. Il se fera petit à petit une stratégie adaptée à ses besoins.
 Les consignes doivent être claires, en veillant au bon équilibre entre l’explicite "nécessaire et suffisant" et l’implicite, qui peut être passé à l’oral. Quand l’enseignant prend le temps de s’interroger à ce sujet tous les élèves y gagnent.

Voir ci-dessous le support utilisé lors de l’atelier.

Des documents accessibles (PDF de 149.5 ko)

Support utilisé par Cedric Couvrat
le 9 avril 2014


Au-delà des connaissances, une attitude

 Ce que je vois n’est pas nécessairement ce que le ou les élèves voient. Ce principe est valable sur des situations aussi banales qu’une préAO videoprojetée qui est lisible sur l’écran individuel de l’enseignant et qui ne l’est plus pour l’élève du fond de la classe (couleurs, résolution d’écran…).
 Penser ses supports d’enseignement comme devant être lus et compris dans des contextes très variés est donc fondamental et doit devenir une préoccupation du quotidien. C’est un effort mais avec le temps et l’expérience cette rigueur devient réflexe.
 Les élèves en difficulté sensorielle ou cognitive doivent apprendre à s’adapter, mais leur effort peut être utilement soutenu si on se pose les bonnes questions.
 Chaque personne est différente, mais il est souvent possible de repérer des types de présentations qui soulageront un élève et apporteront aussi un bénéfice aux autres. D’autant que les élèves souffrant d’un handicap préfèrent éviter d’être distingués du reste de la classe par la mise en place de dispositifs particuliers.
-> repérer, questionner l’élèves, expliquer à la classe pour faciliter la compréhension et l’intégration.

Du son pour compléter l’écrit

 Il existe des scanners intégrés dans une souris qui sont livrés avec un OCR23, et permettent d’obtenir aisément une copie numérique de tout texte, lequel peut ensuite être lu avec un outil de synthèse vocale. Voir un article de Bertrand Lambard (DSDEN Charente Maritime) sur le sujet.
 L’usage de baladeurs MP3 peut également faciliter les apprentissages notamment pour les élèves dyslexiques (voir témoignage d’une enseignante d’anglais dans un autre atelier).

En savoir plus

 Un article sur Wikipédia : L’accessibilté numérique
 Sur le site de l’inspection académique de Charente Maritime, solutions informatiques pour le handicap
 Il existe des structures locales ou nationales telles les associations HandicapEcole (au niveau de l’académie de Poitiers) où il est possible de venir apprendre la bureautique et Dyspraxie France (au niveau national) où des outils sont proposés.
 Sur le site Eduscol des ressources pédagogiques adaptées souvent en lien avec le CNED avec de plus en plus de documents mis en ligne.

 Autre témoignage de Cédric Couvrat : Les TICE au service de l’intégration.
 Pour le contacter par formulaire : Cédric Couvrat.

(1) Lycée des métiers « Services aux entreprises et à la personne »

(2) ASH : Adaptation Scolaire et Scolarisation des élèves Handicapés

(3) OCR : optical character recognition, en français reconnaissance optique de caractères.