Monter un projet avec le Château d'Oiron publié le 30/04/2019  - mis à jour le 24/05/2019

Centre des monuments nationaux - Art contemporain

Le Château d’Oiron - Centre des monuments nationaux

Centre des monuments nationaux : un réseau, des missions

Héritier de la Caisse nationale des monuments historiques et préhistoriques, créée en 1914, le Centre des monuments nationaux est un établissement public rattaché au ministère de la Culture et de la Communication. Les quelque 90 monuments nationaux confiés à son administration fonctionnent en réseau selon un principe d’organisation reposant sur la mutualisation des projets, des moyens et des compétences.

Les missions dévolues par l’Etat au Centre des monuments nationaux :

  • conserver, restaurer et entretenir les monuments et collections placés sous sa responsabilité,
  • ouvrir à la visite et animer les monuments appartenant à l’Etat,
  • favoriser la participation des monuments nationaux à la vie culturelle et au développement du tourisme,
  • assurer une mission d’éditeur public sous la marque “Éditions du patrimoine” et contribuer ainsi à la connaissance et à la promotion du patrimoine.

Grandeur et décadence du château d’Oiron

Le château médiéval d’Oiron est entièrement reconstruit aux XVIe et XVIIe siècles par la lignée des Gouffier, seigneurs d’Oiron et de Boisy, pairs de France. La famille atteint son apogée avec Claude Gouffier, fait Grand Écuyer par François Ier en 1546. Bibliophile, grand amateur d’art, collectionneur et mécène, il rassemble une superbe collection de peintures, tapisseries, livres rares, argenterie… Peu avant 1550, il fait orner de peintures les murs de la galerie du château, longue de 55 mètres.

Charles Perrault a immortalisé Claude Gouffier, comte de Caravas, dans Le Chat Botté sous les traits du marquis de Carabas.

Le château d’Oiron (1709)

Au XVIIe siècle, différents travaux d’extension et d’amélioration sont entrepris par ses héritiers. À la fin du XVIIe siècle, l’endettement du dernier seigneur d’Oiron le contraint à céder le château à son créancier. Madame de Montespan le rachète en 1700, quelques années avant sa mort à Bourbon-l’Archambault, en 1707.

Après un lent déclin, les fresques de la galerie Renaissance valent au château de se voir classé Monument Historique en 1923, puis il devient propriété de l’Etat en 1941. Le château d’Oiron est alors proche de la ruine. Une campagne de consolidation et de restauration débute dans les années 1950 et 1960, reprend ensuite à la fin des années 1980 et se poursuit de nos jours avec, au terme d’un chantier de sept ans, la rénovation du décor de la galerie Renaissance, achevée en 2009.

La galerie Renaissance du Grand Écuyer

Avec les peintures du sol et du plafond (animaux, plantes, armoiries), les fresques de la Galerie Renaissance sont le seul vestige, au château d’Oiron, du mécénat artistique de Claude Gouffier (1510-1570). Créées au milieu du XVIe siècle, les quinze scènes de ces peintures murales illustrent l’histoire de la Guerre de Troie et trois épisodes de l’Enéide de Virgile. La décoration du plafond date du XVIIe siècle.

La collection d’art contemporain Curios & Mirabilia

En 1989, le ministère de la Culture et de la Communication décide d’enrichir le patrimoine historique du château d’Oiron d’une collection d’art contemporain, conçue spécifiquement pour le lieu par des artistes internationaux. Intitulé Curios & Mirabilia, en référence aux cabinets de curiosités de la Renaissance et aux prestigieuses collections de Claude Gouffier, cet ensemble est présenté pour la première fois dans sa totalité en 1996 et réunit aujourd’hui des oeuvres de plus de 70 artistes.

L’allusion historique aux cabinets de curiosité est traitée librement par les artistes et cette réactualisation tisse un lien entre jadis et aujourd’hui. Un dialogue s’établit entre les lieux d’histoire et les “Corps en morceaux” de Daniel Spoerri, la “Salle des plates peintures” de Claude Rutault ou encore les “Chevaux d’Oiron” de Georg Ettl.

Curios & Mirabilia renvoie aussi à l’esprit de la Renaissance, qui privilégiait une approche sensible de la connaissance : la vue , mais aussi l’ouïe, l’odorat et le toucher sont sollicités, en attendant bientôt le goût.

La visite d’un haut lieu du patrimoine local se transforme ainsi en expérience sensorielle : senteurs du mur de cire (Wolfgang Laib), sonorités musicales (Gavin Bryars), moelleux des fauteuils (John Armleder), jeux visuels du couloir des illusions (Félice Varini)...

Une autre caractéristique de Curios & Mirabilia réside dans la volonté d’assigner au château un rôle social par le biais du télescopage entre passé et présent et un jeu avec les codes de la noblesse. “Ainsi, grâce à une galerie de portraits des enfants de l’école d’Oiron (Christian Boltanski) ou au dîner annuel imaginé par Raoul Marek pour 150 Oironnais, représentés sur un service de table, la population de la commune est conviée comme sujet et témoin de la création”,1 en lieu et place de l’ancestrale noblesse.

Le parc

En juillet 2005, une nouvelle phase de développement artistique est lancée : le ministère de la Culture concrétise le projet de création d’un parc contemporain, dont la mise en oeuvre, accompagnée de nouvelles commandes publiques, est effectuée entre 2005 et 2008.

Le parc - © CMN

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Document joint
un document "Histoires sans parole" (PDF de 1.1 Mo)

Exemple d’atelier artistique : collaboration du château d’Oiron avec l’artiste Frédéric Lecomte (2013), à partir d’oeuvres de la collection (Fischli et Weiss, Panamarenko, Calder).