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article Prévenir l’illettrisme à l’école     -    publié le 26/11/2014

Conférence de Viviane Bouysse

• De quoi parle t-on ?

La difficulté en lecture est précurseur d’un éventuel illettrisme futur : l’enfant ne maîtrise pas un ensemble de compétences de base (ex. lecture de plan, repérage spacio-temporel,... qui sont des supports pratiques au monde auquel l’école doit former pour éviter de tomber plus tard dans l’illettrisme. Certes l’enfant peut se débrouiller mais il est préférable qu’il maîtrise les compétences du socle commun. La prévention se met en place dès l’école primaire (on peut déjà contrecarrer les facteurs de risques. Quand les difficultés sont installées, il est plus difficile de les combattre et même de réduire les dommages collatéraux.

La lecture et l’écriture sont les outils nécessaires pour tous les autres apprentissages. L’enfant qui s’enfonce dans les difficultés de lecture connaîtra forcément d’autres difficultés.

• Première prévention : bien faire le coeur du métier d’enseignant

Travailler sur une partie du programme donner souvent l’impression que les enfants savent et on imagine qu’ils sauront pour toujours. Les pratiques pédagogiques ne prennent le plus souvent pas en compte les "difficultés génériques". Il faut les rendre visibles aux enseignants dans leur formation. Le temps est précieux (progression au fil de l’année, d’une année sur l’autre), tout comme le rythme (à l’école primaire il peut fortement se dégrader : l’enseignant a l’impression qu’il n’aura jamais le temps et il a tendance au "zapping", car il n’a pas le temps, dans la classe de faire tout ce qu’il faut pour installer (et on ne revient pas en arrière). Il y a donc augmentation du travail hors de la classe mais ce sont toujours les mêmes qui sont condamnés.

• Mise en place des aides et partenariats

Les enfants ont une histoire scolaire et il est nécessaire de s’appuyer sur ce qui a été fait avant.
En fait, ce sont de perpétuels recommencements : l’enfant a le souvenir d’avoir, par exemple étudié "l’attribut", mais il ne voit plus ce qu’il y a de nouveau.
Le ministre Xavier Darcos disait : "il faut réduire les effets des déterminismes sociaux". Effectivement, ce sont toujours les mêmes milieux qui souffrent davantage. La socialisation intellectuelle est très liées à l’immersion dans une culture écrite. or, certains enfants sont nés dans un milieu où l’on parle le langage de l’école, d’autres non.

Pour aider à la gestion du temps, il faut suivre l’utilisation par l’enfant de son agenda, de son cahier de textes (qui ne doivent pas être des brouillons où l’on écrit n’importe quoi. De plus, ils doivent être tenus avec application).

Les enfants non familiarisés avec l’écrit, objet culturel, ont besoin d’un rattrapage considérable. Il faut essayer d’amener les parents à aider l’école qui cependant va devoir tout construire.

L’enfant est souvent confronté à une double solitude : il n’y a pas de continuité d’intérêt entre l’école et la maison, souvent, l’école méprise ce que la famille a fait l’effort d’acheter et inversement, la famille méprise ce que l’enfant rapporte de l’école.

La relation avec les parents est importante à créer dès la maternelle (lorsqu’ils y mettent leur enfant)

• Typologie des difficultés scolaires

Il est nécessaire de comprendre ce qui pousse à l’erreur. (cf. André Tricot)

- manque de connaissances et de lucidité sur le "à quoi ça sert",
- incapacité à mobiliser ce que l’on sait (souvent, à l’école, l’enfant un peu limité en lecture n’a pas l’intelligence de la situation)
- surcharge cognitive (tous les enfants ralentis en décodage sont ralentis)
- défaillance d’un ou plusieurs processus d’apprentissage (pour les enfants apprendre = comprendre. Ils doivent donc parvenir à se faire une représentation mentale). La conceptualisation est importante à l’école ; il faut accorder le temps nécessaire à la procéduralisation et l’automatisation ne peut exister que s’il y a procéduralisation.

C’est en fonction de ces éléments que la construction de sa pédagogique doit se faire.

Il existe des élèves qui ont appris à échouer à l’école et au bout d’un moment, ils n’entrent plus dans la tâche.
Une séquence d’apprentissage se construit sur :
la découverte : on sait que des temps plus ou moins longs sont nécessaires
la structuration des acquis : des séquences courtes mais fréquentes sont ici à utiliser. Il faut laisser aux élèves le temps de s’entraîner.

Avant de commencer un travail, il est important de se redire ce que l’on va faire (avoir bien réfléchi).

Les enseignants ont trop souvent l’impression que l’évaluat clôt un apprentissage, or l’enfant ne peut pas savoir de manière définitive !

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