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article Illettrisme et maîtrise de la langue     -    publié le 26/11/2014

Viviane Bouysse

Ne pas isoler la lecture des autres composantes de la langue et du langage

• Dire

La lecture est, à tout moment, liée à l’écriture.
L’oral est le parent pauvre de la pédagogie à l’école primaire. Or, l’enjeu de l’école est de faire de l’oral un instrument de travail. L’oral se réfléchit pour apprendre à mieux parler ; c’est un moment d’apprentissage, de travail.

- A la maternelle

La communication est un échange par le langage (dans certains milieux, l’enfant n’a pas la parole : il faut donc avoir conscience que le métier d’éducateur va être de le faire parler).
Au premier niveau de l’oral, le langage vient en accompagnement de l’action, en situation : un parler bref, efficace, même s’il comporte beaucoup d’implicite, dans la situation partagée (quand on partage une situation, on n’a pas besoin de tout se dire).
Au deuxième niveau, l’oral est scriptural. Il est suffisamment précis et structuré pour qu’il y ait compréhension (les paramètres de l’interaction n’existent plus). L’élève se doit d’avoir une bonne représentation mentale de ce qu’il veut raconter ; il doit avoir les mots pour le dire ; il doit se représenter aussi qu’autrui ne sait pas ce que l’on sait soi (or l’enfant s’imagine que l’on sait ce qu’il sait).

- A l’école élémentaire

Pour de nombreux élèves, la maîtrise du récit est à parfaire, dès le cycle 2. Il y a un enjeu fort, car la base de la production écrite est le fondement pour l’étude de la langue. Il y a une pratique implicite et non consciente de la grammaire de la langue.
Pour tous, le langage est de plus en plus précis (lexique) et de mieux en mieux structuré (syntaxe). La capacité à participer de manière active et positive à des interactions croît, jusqu’à savoir tenir compte des propos d’autrui.

• Lire

- En maternelle

  • Il s’agit de s’acculturer. L’approche de la lecture est patrimoniale et culturelle mais aussi linguistique : l’enfant entend et comprend le français écrit (langue du récit).
  • Il faut comprendre les textes, au-delà de l’imprégnation et des échanges (parler avec en parlant sur).
  • L’enfant accède à l’une des caractéristiques de l’écrit : sa stabilité. Il en comprend les ressorts (code que tout le monde utilise de la même manière)
  • L’enfant entre dans l’étude du code dans le cadre d’une progressivité respectée.

- Au cycle 2

L’objectif est de savoir lire pour comprendre.
Lire, c’est identifier des mots (code grapho-phonologique) avec une aisance complète (CE1).
C’est également "comprendre" : aller des mots au texte (intégration sémantique des informations).

- Au cycle 3

L’objectif est de "savoir lire pour apprendre et pour satisfaire d’autres besoins".
Il y a :

  • acquisition des compétences du "lecteur expert" (automatisation du déchiffrage, compréhension fine, inférences, interprétation).
  • acquisition des attitudes et stratégies du "lecteur polyvalent" (lecture fonctionnelle, documentaire, littéraire et dans toutes les disciplines).

Ce sont deux temps où des difficultés, qui existaient la plupart du temps de manière longitudinale en maternelle, peuvent se révéler (effets de plafonnement au cycle 3). Pour aider l’élève, le maître peut lire le texte à haute voix et de manière expressive, travailler sur la compréhension, élaborer un parcours de lecteur.

- Lecture et littérature

Il faut une certaine dose de progression à piloter pour aller vers un comportement de lecteur polyvalent, actif et auto-régulé. Le besoin d’un enseignement explicite est crucial :

  • des textes de plus en plus longs et complexes,
  • des expériences de lectures variées et autonomes,
  • un répertoire étendu de stratégies de lecture et une aptitude à les utiliser de manière autonome,
  • une prise ne compte améliorée des implicites,
  • une capacité à aborder les textes.

• Ecrire

- En maternelle

L’objectif est de comprendre qu’on écrit pas comme on parle.

- Au cycle 2

L’objectif est d’apprendre à écrire :

  • certains élèves présentent une aisance pour écrire,
  • les élèves acquièrent les codes orthographiques (on n’écrit pas comme ça se prononce),
  • c’est le début de la production autonome (préparation à l’oral de ce que l’on va écrire).

- Au cycle 3

L’objectif est de savoir écrire pour apprendre, pour satisfaire d’autres besoins.
Quand on écrit, on va devoir s’appuyer sur des outils :

de manière longitudinale :

  • faire vivre les usages et fonctions de l’écriture
  • communiquer, s’exprimer
  • essayer, s’essayer (écritures intermédiaires, brouillons)
  • penser, structurer, mettre en mémoire.

• Dire, lire, écrire

Ces trois pratiques sont à revaloriser dans notre enseignement.
cf. Intériorisation de textes écrits sous une forme précise / Jacques Goody.

La copie

  • Réhabiliter la copie "intelligente"
  • Le vite et le bien : un atout pour le reste de la scolarité
  • l’intelligence : un atout cognitif

La récitation
Elle est le cadre de pratiques variées. Toutefois, il faut :

  • veiller au choix des textes,
  • remobiliser les références en situation (incitation à des utilisations pertinentes).

• Le lexique

Veiller à étendre, autant que faire se peut, le lexique des élèves.

• Un facteur clé : la parole magistrale, le parler professionnel de l’enseignant

  • c’est un parler modélisant,
  • la reformulation est très importante
  • le mode de questionnement requiert une attention toute particulière
  • les liens langagiers on,t également une grande importance : ils sont opérés par l’enseignant (ce sont les citations, les aides à la prise de distance, la remobilisation et la remémorisation)

En conclusion, il faut s’interroger que la question de l’aide personnalisée. On n’aide pas un enfant sans son adhésion ? Il ne s’agit pas de "refaire l’école" après l’école, mais de montrer de l’intérêt pour ce qui est fait à l’école (et là, le rôle de tout parent est important).

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