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article Le Français langue de scolarisation     -    publié le 28/10/2014    mis à jour le 05/11/2014

FLM ; FLE ; FLS ; FLSco

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• Introduction : l’urgence d’une prise en charge rapide par les enseignants

De nombreux enseignants sont confrontés à des publics d’élèves qui n’ont pas le français comme langue première et qui sont toutefois scolarisés dans cette langue (ex. élèves issus d’Afrique francophone, pays liés à la France pendant la colonisation -Liban, Haïti,... - voire même DOM-TOM). C’est aussi le cas en France métropolitaine pour les enfants des classes qui accueillent des enfants d’origine étrangère ou gitane.

De plus, ces enfants connaissent souvent un échec scolaire important (seul un petit nombre de ces élèves atteignant un niveau suffisant en français). Ces enfants "en détresse langagière" ont des difficultés sévères à tirer profit de leur scolarisation.

Enfin, la montée des incivilités ou même de la violence dans les établissements scolaires français a entrainé des campagnes ministérielles sur l’éducation à la citoyenneté.

L’enseignement du français comme langue étrangère est aujourd’hui contesté. Mais il y a urgence pour la formation des enseignants : ils doivent pouvoir travailler pour ces publics spécifiques dans des délais rapides.

• Les obstacles à franchir

- Le FLE (français langue étrangère)

Le français langue de scolarisation n’est que de très loin apparenté au français langue étrangère (FLE) et au français langue seconde (FLS).

Dès 1962, en FLE, la priorité est donnée à la communication orale, la méthode SGAV donnant la priorité au français comme langue vivante (cf. les théoriciens Guberina, Rivenc et Renard) : basée sur les soucis du quotidien dans les situations exposées alliées à une progression rigoureuse concurrençant ainsi la méthode Mauger consacrée principalement à la langue écrite (grammaire, vocabulaire).
Le copncept de FLE règne alors sans partage pendant plusieurs années.

- L’émergence de la notion de FLS (français langue seconde)

L’apparition de cette expression est difficile à dater (cf. J.P. Cuq). En 1976 l’expression est référencée par R Galisson et D Coste dans leur Dictionnaire de didactique des langues mais qualifiée de "non justifiée". Le terme est cependant employé de plus en ^plus fréquemment à partir de 1981.
Cette notion est née d’un constat (identique à celui qui avait précédé la naissance du FLE), à savoir que le français appris et parlé dans d’autres pays n’avait pas le même statut, les mêmes fonctions, ni les mêmes conditions d’apprentissage que le français parlé en France. Il convenait donc d’en examiner les manières de l’enseigner.
L’observation linguistique de 1971 montre une grande diversité de situations du français en francophonie (particulièrement en français non "langue maternelle") et dans d’autres pays où le statut de la langue est différent. Ainsi est né le concept de didactique du FLS (comme un sous-ensemble de la didactique du FLE).

Faut-il considérer le français appris et parlé par les immigrants en France comme du FLS ou non ? Là-dessus, les analyses des chercheurs divergent (cf. JP Cuq, 1991 ; M Nagalasso, 1992 ; B Maurer, 1995 etc...). La difficulté d’analyse du français de l’immigration tient à la répartition schématique de la notion de FLS entre deux champs bien séparés , FLE et FLM et à la position du FLS comme une sous branche du FLE.
Dans le cas du français de l’immigration, l’apprenant a affaire à une langue non maternelle mais qui a un rôle majeur dans la société où il vit (langue de l’Etat, des administrations,...). On lui demande u jour de s’insérer dans la langue comme si elle était sa langue maternelle. Le modèle de la langue étrangère trouve ici ses limites.
Klein (1989) avait proposé de distinguer FLE (langue apprise hors de son aire d’usage habituelle) et FLS langue qui sert à côté de la langue maternelle, comme second moyen de communication et acquise dans un environnement social où on la parle) - cette dernière définition entre quelque peu en contradiction avec la notion de sous-ensemble du FLE-.
Mais le FLS montre des caractère plus proches du FLM que du FLE.

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