Accueil : CASNAV

article Au Québec : Soyons fiers de notre éducation - Pisa vu d’ailleurs     -    publié le 04/09/2014    mis à jour le 08/09/2014

1 2 

- 1 - Vous avez fait parvenir aux journaux québécois à la mi-décembre, suite aux derniers résultats de Pisa, une tribune signée par dix-huit universitaires intitulée « Soyons fiers de notre système d’éducation ». Pourquoi ce texte ?

Louise Lafortune
La mise en œuvre des programmes de formation de l’école québécoise définis en termes de compétences pour les élèves du primaire et du secondaire est commencée depuis 2001.
Depuis les débuts, il n’est pas facile de faire comprendre le passage d’une perspective de transmission de connaissances à celle du développement de compétences.
Depuis quatre ou cinq ans, depuis que l’évaluation est au cœur des changements de pratiques, il est encore plus difficile de faire comprendre les changements aux parents et à la population en général. Beaucoup semblent avoir la nostalgie de leur école et ne voient pas la nécessité de changer ; plus encore, ils perçoivent les changements actuels en éducation comme néfastes. Cette perception mène trop souvent à un dénigrement de notre système d’éducation. Pourtant, c’est la quatrième fois que le Québec sort premier des résultats de Pisa dans le monde francophone. Ces bons résultats sont peu publicisés, et une équipe d’universitaires québécois a voulu tirer profit de leur sortie pour manifester collectivement qu’il était possible d’« être fiers de notre système d’éducation ». Même s’il y a des lacunes, que tout n’est pas parfait, que des améliorations sont possibles, notre message fort se voulait une occasion de valoriser ce qui se fait au Québec en matière d’éducation. Plusieurs disent qu’« il faut arrêter la réforme », mais oublient que plusieurs éléments de celle-ci ont déjà été mis en place depuis 1996 et que personne ne les remet vraiment en question : la maternelle à temps complet, l’intervention dans les milieux défavorisés, les conseils d’établissement dans les écoles qui donnent plus de place aux parents, par exemple.
Actuellement, c’est le débat sur le bulletin unique qui prend beaucoup de place. Il marque un retour vers la transmission de connaissances au détriment du développement de compétences. En français et en mathématiques, il reste des compétences dans ce bulletin, mais pas vraiment de façon explicite pour les autres disciplines. C’est le retour au redoublement et un certain abandon de la notion de cycles d’apprentissage de deux ans. Quand certaines personnes ou certains groupes attribuent à la réforme un grand nombre de problèmes en éducation, comme le décrochage ou les difficultés en français, ils oublient que ces problèmes existaient déjà, que ce n’est pas la réforme qui les a causés, elle a plutôt été mise en place pour tenter de les résoudre.
Notre article était l’occasion de montrer la qualité de notre système d’éducation au plan international, de susciter des débats pour questionner certains retours « en arrière » et pour montrer que le dénigrement n’est pas toujours justifié.

- 2 - Vous dites : « le Québec se classe dans le peloton de tête en ce qui concerne les résultats en mathématiques, en sciences et en lecture. Plus remarquable encore, le Québec est au premier rang dans le monde francophone, devant la France, la Belgique et la Suisse ». Or Christian Rioux, correspondant à Paris du quotidien Le Devoir écrivait le 7 décembre « Les élèves canadiens sont en recul, même s’ils se classent largement au-dessus de la moyenne. Pourtant, sur dix ans, leurs résultats baissent dans tous les domaines […]. Avec une note en sciences qui passe de 534 à 529, le Canada reste parmi les meilleurs. Mais, sur dix ans, sa note a chuté de onze points », comment expliquez-vous ces différences d’interprétation ?

Louise Lafortune
Quand il est dit que le Canada se classe au huitième rang (et le Québec se situe au moins dans la moyenne canadienne), le jugement est posé trop rapidement. L’image globale n’est pas mise en évidence : il y a des pays qui n’étaient pas visés dans les trois premières épreuves de Pisa. Le Canada est toujours deuxième dans le monde occidental, derrière la Finlande. Le changement de rang est donc davantage dû à l’ajout de pays qu’à un recul de la qualité des résultats. Quant à la baisse de onze points, elle correspond à environ 2 % ce qui justifierait de se demander si cette baisse est significative au plan statistique.
François Dubet, coauteur de "Les sociétés et leur école", est venu au Québec en décembre dernier. Le groupe qui l’invitait a signalé notre plaisir qu’il soit là dans un contexte problématique actuellement en éducation. Dans sa présentation, il a souligné qu’il trouvait bizarre tout ce qu’il entendait à propos de « supposés » problèmes dans notre système d’éducation, considérant ce qui apparaissait de nos résultats dans les épreuves internationales. J’étais très contente qu’il tienne de tels propos chez nous !

« Précédente  1 2  Suivante » Sur une seule page
Contact
Accessibilité
Mentions légales
RSS
Académie de Poitiers, Rectorat, 22 rue Guillaume VII le Troubadour BP 625 86022 Poitiers Cedex